
La Fédération nationale sans frontières des tradipraticiens et herboristes de santé du Burkina a organisé, ce samedi 4 juillet 2026 à Ouagadougou, une conférence publique suivie d’une formation au profit de ses membres venus des différentes régions du pays. Cette rencontre visait à renforcer les compétences des acteurs de la médecine traditionnelle sur l’éthique, la fabrication et le conditionnement des produits, ainsi que la préservation de la biodiversité.
Dans un contexte marqué par la pression croissante sur les ressources naturelles, la dégradation des écosystèmes et les effets du changement climatique, les participants ont échangé sur les bonnes pratiques permettant de préserver les espèces végétales utilisées dans les traitements traditionnels tout en améliorant la qualité des produits proposés aux populations.
Selon le président de la Fédération nationale sans frontières des tradipraticiens et herboristes de santé du Burkina, El Hadj Malgr-Naaba Sanem, cette initiative répond à la nécessité d’harmoniser les pratiques des tradipraticiens et de mieux positionner la médecine traditionnelle comme un complément aux soins de santé modernes.
« Nous avons organisé cette formation afin de permettre à tous les tradipraticiens d’harmoniser leurs pratiques en matière de soins et de mieux accompagner la médecine moderne dans la lutte contre les maladies. Les pathologies sont de plus en plus nombreuses et diversifiées, d’où l’importance de renforcer les compétences des acteurs du secteur », a-t-il expliqué.

Au cours de la journée, plusieurs thématiques ont été abordées, notamment les techniques de prélèvement durable des plantes médicinales, la protection et la régénération des espèces exploitées, la plantation d’arbres médicinaux, le dosage des traitements, les méthodes de conservation des produits, ainsi que les normes d’étiquetage et de conditionnement.
Les organisateurs ont également insisté sur l’importance de la transformation et de la conservation des remèdes traditionnels afin d’améliorer leur durée de vie et leur qualité. La préparation de sirops, le stockage adéquat des produits et leur commercialisation dans le respect des normes figurent parmi les compétences que la fédération entend promouvoir auprès de ses membres.
La question de l’éthique professionnelle a également occupé une place centrale dans les échanges. Le président de la fédération a invité les praticiens à faire preuve de professionnalisme, de patience et de compréhension envers leurs patients, tout en veillant à rendre les soins plus accessibles aux populations.

« Nous invitons les personnes qui exercent cette profession sans éthique à abandonner ces pratiques et à offrir des soins de qualité aux citoyens. Nous encourageons tous les tradipraticiens à participer à cette formation qui sera bénéfique à l’ensemble de la profession », a-t-il déclaré.
Bientôt une carte professionnelle pour les tradipraticiens
La directrice de la médecine traditionnelle et alternative, marraine de l’évènement, a, par la voix de son représentant Isaïe Kindo, salué la tenue de cette formation. Elle a encouragé les tradipraticiens à poursuivre ces efforts d’amélioration de leurs pratiques qui bénéficieront aux populations et les a rassurés de la disponibilité de son institution à toujours les accompagner.
Dans la dynamique d’une meilleure organisation du secteur, la Fédération a annoncé la prochaine mise en circulation d’une carte professionnelle destinée à ses membres. Selon ses responsables, ce document permettra d’identifier les praticiens reconnus par la Fédération et exerçant dans le respect des normes établies, en collaboration avec les autorités sanitaires compétentes.

À travers cette formation, la Fédération nationale sans frontières des tradipraticiens et herboristes de santé du Burkina entend contribuer à une pratique plus responsable, plus professionnelle et davantage respectueuse de la biodiversité, au service de la santé des populations. En rappel, c’est sur le thème « Tradition durable et modernisation : alliés de l’éthique, de la préservation de la biodiversité et de la qualité du conditionnement dans la pratique de la médecine traditionnelle » que s’est tenue la rencontre. Elle a été placée sous le haut-patronage du Mogho Naaba Baogho.
Armelle Ouédraogo/Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
