Au Centre hospitalier universitaire (CHU) Souro Sanou de Bobo-Dioulasso, le service social veille à ce que les malades ne soient pas laissés sans soins faute de moyens. Un groupe de journalistes a rencontré le chef de ce service, ce 19 mai 2026.
De façon générale, ce service accompagne les usagers confrontés à des difficultés d’ordre social, notamment la prise en charge des ordonnances, des examens médicaux et des frais d’hospitalisation. « Le service social d’un hôpital est chargé d’identifier les indigents, de les accompagner afin qu’ils bénéficient aussi des soins de santé », a expliqué Konané Amidou, Chef du Service Social du CHU Soro Sanou.
Pour y faire face, l’hôpital dispose de subventions spécifiques. Les montants alloués varient selon la gravité des cas. « On a aidé des gens à hauteur de 2 millions, 3 millions, voire 5 millions de francs CFA, ça dépend de l’ordonnance, du montant, de la gravité de la maladie de tout un chacun », a précisé le Chef de service.
Si le service se porte globalement bien, Konané Amidou reconnaît que les moyens restent insuffisants face à l’ampleur des besoins. « Les questions de santé sont tellement sensibles que les moyens, souvent, ça ne suit pas », a-t-il confié, tout en saluant les efforts progressifs du ministère en charge de la Famille et de la Solidarité.
Mathew Emmanuel, le lycéen que l’action sociale a sauvé
Parmi les bénéficiaires rencontrés figure Mathew Emmanuel, un jeune lycéen scolarisé à Siby, une commune située à une quinzaine de kilomètres de Boromo. En 2024, lors d’un match de football à l’école, il reçoit un coup de genou au bas-ventre. Le choc provoque une perforation intestinale qui dégénère en péritonite puis en septicémie, faute de prise en charge rapide. Il sera finalement opéré à six reprises au CHU Souro Sanou.
C’est lors de la troisième intervention chirurgicale que la famille s’est retrouvée à court de ressources financières. « Nous nous sommes adressés à l’action sociale et ils nous ont soutenus », a témoigné son père, Mathew Nathanaël.
Le coût global de la prise en charge a atteint 6 millions de F CFA. L’action sociale a pris en charge une partie des produits médicaux, notamment en orientant la famille vers des pharmacies partenaires.
Aujourd’hui, Emmanuel va mieux et retourne à l’école normalement. Une septième intervention reste cependant envisagée. « C’est grâce à l’action sociale que je suis là aujourd’hui », a-t-il témoigné.
Honorine Yaméogo, une reconnaissante en larmes
Honorine Yaméogo est une autre illustration vivante de cette solidarité. Pour elle, tout commence par un furoncle contracté pendant sa grossesse, suivi de l’abandon de son compagnon. L’infection s’aggrave progressivement jusqu’à nécessiter une amputation en septembre 2025. S’en suivront, entre-temps, des abcès à répétition, des transfusions sanguines et une longue errance médicale.
C’est alors que l’action sociale prend le relais. La ministre en charge de la Solidarité nationale, le Commandant Nandi Somé/Diallo, intervient personnellement. Frais d’hospitalisation, médicaments, prothèse, vivres mensuels : tout est pris en charge. Son enfant, né pendant cette période difficile, bénéficie également d’un accompagnement. « Avant, je pleurais. Mais aujourd’hui, je ris. Je remercie madame la ministre qui a intervenu et qui a aidé mon grand frère. Lui aussi, il est handicapé comme moi », a-t-elle confié, les larmes au yeux.
Honorine attend encore une nouvelle intervention après la détection d’une anomalie dans son sang nécessitant des examens complémentaires. Elle a déposé un dossier et attend l’appui de l’action sociale pour y faire face. Ces deux exemples ne sont qu’une infime représentation des nombreux bénéficiaires du service social du CHU Souro Sanou de Bobo-Dioulasso.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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