Bobo-Dioulasso : Au Havre du Bon Pasteur, des Sœurs reconstruisent l’avenir des filles rejetées par leurs familles

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Au secteur 22 de Bobo-Dioulasso, le Havre du Bon Pasteur accueille des jeunes filles et des femmes que la société, la famille ou la tradition ont mises à la rue. Ce centre, dirigé par des religieuses, a reçu la visite, ce 19 mai 2026, d’une caravane de presse initiée par le ministère en charge de la Solidarité.

Créé en février 2012, l’établissement prend en charge des pensionnaires victimes de la traite, de mariages forcés, de violences et d’abus, ainsi que des bébés nés dans ces circonstances difficiles. Depuis son ouverture, 280 jeunes filles et femmes, ainsi que 104 enfants, y ont été accueillis après avoir été orientés par l’action sociale, des associations partenaires, des paroisses ou de simples citoyens de bonne volonté.

« Ces filles n’apportent rien et ne payent rien, parce qu’elles sont déjà dans une situation d’extrême difficulté. Quand elles viennent, il faut les habiller, voir au niveau de la santé, les échographies, les médicaments, et après l’accouchement, s’occuper de l’enfant et de la fille », a expliqué Sœur Ivonne Bambara, Directrice du centre.

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L’équipe est composée de quatre intervenantes, dont une aide sociale, une travailleuse sociale, une figure maternelle pour accompagner les accouchements et les après-couches, ainsi qu’un psychologue qui passe chaque semaine. La durée de séjour varie de quelques mois à trois ans, selon la situation de chaque résidente.

Au-delà de l’hébergement et des soins, le centre accompagne chaque fille dans son projet de vie. Celles qui souhaitent poursuivre leur scolarité sont soutenues. Celles qui préfèrent une formation professionnelle sont orientées vers la coiffure, la couture, la cuisine ou la pâtisserie, selon leurs désirs et leurs capacités.

Le ministère de la Famille et de la Solidarité apporte un soutien à travers des vivres, une prise en charge partielle des médicaments lors des accouchements et, ponctuellement, une aide à la scolarité.

La formation professionnelle reste le principal défi du centre. « Nous ne verrons que notre travail est vraiment arrivé à son terme que si les filles sont formées, réinsérées socialement et peuvent prendre en charge leurs besoins personnels », a-t-elle insisté.

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Trois parcours, trois visages de la résilience. ©Faso7

Élodie Sawadogo, 19 ans, originaire de Ouahigouya, a été chassée de sa famille lorsqu’elle est tombée enceinte en classe de quatrième. Sans savoir où aller, elle a pris un car pour Bobo-Dioulasso et s’est retrouvée à la gare routière, seule et démunie. C’est sa mère, avec laquelle elle avait pourtant peu de contacts, qui l’a finalement orientée vers le centre.

Depuis lors, le Havre du Bon Pasteur a pris en charge le suivi de sa grossesse, son accouchement, sa scolarité et la garde de sa fille pendant ses heures de cours. Grâce à cet accompagnement, la jeune maman prépare aujourd’hui son BEPC. « Quand je venais ici, il n’y avait pas de sourire. Mais maintenant, je rends grâce à Dieu », a-t-elle confié.

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Un appel aux familles. ©Faso7

Amandine Zongo, originaire de Ziniaré, a perdu son père en 2014 et s’est retrouvée dans une situation familiale précaire alors qu’elle était en classe de première. Après être tombée enceinte, elle a été rejetée par un homme marié qu’elle croyait de bonne foi, et qui l’a par la suite orientée vers la structure.

Accueillie au sein du havre, elle a bénéficié d’un soutien scolaire et matériel précieux. Cet accompagnement lui a permis de poursuivre ses études jusqu’au baccalauréat, avant d’entamer une première année de sociologie à l’université. « La vie ici est meilleure. Je ne voulais même pas repartir », a-t-elle avoué.

Fatimata Ouédraogo, résidente de Bobo-Dioulasso, avait à peine 16 ans lorsqu’on a tenté de la marier de force, juste après l’obtention de son BEPC. Face à son refus, elle s’est retrouvée sans toit. Recueillie au Havre du Bon Pasteur, la jeune fille a pu poursuivre sa scolarité dans un environnement stable et sécurisé.

Sœur Ivonne a tenu à adresser un message fort aux familles burkinabè. Elle a appelé à comprendre et bien éduquer les enfants. « Une bêtise peut arriver, une fille peut tomber enceinte, mais il ne faut pas la jeter dans la rue, parce qu’on aggrave le problème. La fille peut soit avorter ou se suicider. On a vu des situations comme ça », a-t-elle averti.

Elle a également dénoncé les mariages forcés qui brisent des parcours scolaires prometteurs. « Cette fille peut être vraiment un pilier pour notre pays demain. Il faut l’accompagner dans sa formation, dans son éducation », a-t-elle insisté.

Parmi les anciennes résidentes, certaines sont aujourd’hui travailleuses sociales, d’autres exercent dans des ONG ou vivent à l’étranger.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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