Burkina Faso : La Banque mondiale met en lumière une économie résiliente avec une croissance de 5,3% en 2025 contre 4,8% en 2024

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La Banque mondiale a procédé à la dissémination de la Note sur la situation économique du Burkina Faso, édition de mai 2026, ce mardi 30 juin. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du conseiller technique, représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Souleymane Nabolé ; et en présence de la directrice régionale pôle prospérité de la Banque mondiale, Seynabou Sakho.

L’un des principaux enseignements de cette édition concerne la résilience de l’économie burkinabè face à un environnement international marqué par de nombreuses incertitudes. Selon les données présentées, le Burkina Faso a enregistré en 2025 une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel estimée à 5,3%, contre 4,8% en 2024.

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Cette performance a été soutenue par plusieurs facteurs favorables, notamment une excellente campagne agricole, le dynamisme du secteur des services et le rebond de l’activité minière. Pour Hamoud Abdel Wedoud Kamil, ces résultats démontrent que les fondamentaux de l’économie continuent de se renforcer malgré un contexte mondial complexe. Il ressort aussi de cette étude que l’inflation est revenue à un niveau négatif de -0,5%. Cette évolution, attribuée principalement à la baisse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des ménages et à réduire significativement la pauvreté.

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Des participants à la dissémination de la Note sur la situation économique du Burkina Faso, édition de mai 2026

Un regard particulier sur la participation économique des femmes.

Sur le plan des finances publiques, la dynamique est également jugée positive. La consolidation budgétaire engagée par les autorités a permis une réduction importante du déficit public ainsi qu’une amélioration de la trajectoire de la dette. Des avancées, qui selon la Banque mondiale, constituent des bases solides pour poursuivre les réformes structurelles nécessaires au développement du pays.

À cette occasion, le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, Hamoud Abdel Wedoud Kamil, a salué les performances enregistrées par l’économie nationale en 2025 tout en appelant à poursuivre les efforts de consolidation macroéconomique. Au-delà des indicateurs macroéconomiques, l’édition 2026 de la Note accorde une place particulière à la participation économique des femmes. Pour la Banque mondiale, cette question dépasse largement le cadre de l’équité sociale et constitue un véritable enjeu de développement économique.

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Le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, Hamoud Abdel Wedoud Kamil, invite les autorités burkinabè à renforcer la participation économique des femmes, présentée comme un puissant moteur de croissance et de transformation

« Lorsqu’elles disposent des mêmes opportunités d’éducation, d’accès à l’emploi, au financement, à la propriété et à l’entrepreneuriat, les femmes contribuent pleinement à la création de richesse, à l’innovation, à la productivité et à la résilience des économies », a indiqué Hamoud Abdel Wedoud Kamil.

Une baisse significative du taux d’endettement

Représentant le ministre de l’Économie et des finances, le conseiller technique Souleymane Nabolé a salué la résilience de l’économie burkinabè face aux multiples chocs géopolitiques extérieurs. Selon lui, les performances enregistrées témoignent de l’efficacité des mesures mises en œuvre par le gouvernement, sous le leadership du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Il a souligné que l’économie nationale suit désormais une trajectoire ascendante, portée notamment par une mobilisation accrue des ressources, estimée à plus de 3 700 milliards de francs CFA.

Souleymane Nabolé a également mis en avant les progrès réalisés en matière de finances publiques. La consolidation budgétaire s’est renforcée avec un déficit budgétaire désormais inférieur à la norme communautaire de l’UEMOA, tandis que le taux d’endettement a connu une baisse significative. Il a par ailleurs relevé la bonne tenue de l’économie face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient, notamment les tensions sur les prix des hydrocarbures et des engrais, estimant que les mesures gouvernementales ont permis d’atténuer efficacement ces impacts.

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« Les résultats présentés par la Banque mondiale nous rassurent et nous confortent que nous sommes sur la bonne trajectoire », Souleymane Nabolé, conseiller technique du ministre de l’Économie et des finances

Il souligne toutefois que les recommandations formulées seront prises en compte pour améliorer davantage la résilience économique du Burkina Faso.

Seulement 17% des femmes ont accès aux services financiers

Pour Seynabou Sakho, directrice régionale pour le pôle de prospérité de la Banque mondiale pour les 22 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la pleine participation des femmes à l’économie constitue une condition essentielle pour exploiter tout le potentiel de croissance du Burkina Faso. Comparant l’économie à un organisme qui tenterait de fonctionner avec une seule jambe ou un seul poumon, elle a souligné qu’un pays ne peut atteindre sa pleine productivité en se privant des contributions d’une partie importante de sa population.

Elle a ainsi rappelé que, bien que les femmes représentent près de 50% de la population agricole, elles détiennent moins de 8% des terres et seulement 17% d’entre elles ont accès aux services financiers. Selon elle, la levée de ces obstacles favoriserait non seulement le développement de secteurs clés de l’économie, mais aussi la création d’emplois et une croissance plus inclusive.

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« Les performances économiques du Burkina Faso méritent des félicitations et sont une source d’inspiration », Seynabou Sakho, directrice régionale pour le pôle de prospérité de la Banque mondiale pour les 22 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre

C’est dans une atmosphère empreinte d’optimisme et de réflexion stratégique que ces résultats ont été présentés devant un parterre composé de représentants des pouvoirs publics, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et du monde universitaire.

Une étudiante motivée à contribuer à l’économie de son pays

Étudiante en deuxième année de sciences économiques et de gestion à l’université Aube Nouvelle, Nouria Ouédraogo s’est dite enrichie par les échanges du panel, qui lui ont permis de mieux comprendre plusieurs enjeux économiques et sociaux. Elle a notamment retenu que les femmes consacrent en moyenne près de cinq heures par jour aux travaux domestiques, un facteur qui limite souvent leur participation à d’autres activités productives. Elle a aussi salué la contribution significative des femmes à la croissance économique nationale, tout en soulignant les difficultés qu’elles rencontrent en matière d’accès au financement et les effets persistants des stéréotypes sociaux qui freinent leur engagement économique.

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Inspirée par les parcours des nombreuses femmes intervenantes au panel, l’étudiante Nouria Ouédraogo affirme être davantage motivée à poursuivre ses études et ses recherches en économie afin de contribuer, à son tour, au développement du Burkina Faso

Le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, Hamoud Abdel Wedoud Kamil, a livré un message à la fois encourageant et prospectif sur les perspectives économiques du pays. Il a rappelé que la Banque mondiale ne se limite pas à son rôle de partenaire financier. Car l’institution accompagne également les pays à travers la production d’analyses rigoureuses destinées à éclairer les politiques publiques et à favoriser une prise de décision fondée sur des données probantes.

La Note sur la situation économique du Burkina Faso s’inscrit justement dans cette démarche en proposant une analyse des performances récentes de l’économie nationale, des perspectives à court et moyen termes, ainsi qu’un focus thématique consacré cette année à la participation économique des femmes. Si les résultats obtenus sont encourageants, ils n’autorisent toutefois aucun relâchement. Le représentant résident de la Banque mondiale a insisté sur la nécessité de maintenir les efforts de consolidation macroéconomique afin de préserver les conditions d’une croissance durable, renforcer la confiance des investisseurs et améliorer durablement le bien-être des populations.

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Des participants à la dissémination de la Note sur la situation économique du Burkina Faso, édition de mai 2026

Cette vigilance s’impose d’autant plus que l’environnement international demeure exposé à plusieurs risques. Les défis climatiques, les fluctuations des marchés mondiaux ainsi que les tensions géopolitiques sont susceptibles d’affecter les coûts de l’énergie, des intrants et par conséquent, les performances économiques des pays en développement.

Malgré ces incertitudes, les perspectives restent favorables. La Banque mondiale prévoit une croissance comprise entre 3,6% et 4,9% en 2026, avant une accélération progressive au cours des années suivantes. Cette trajectoire positive reste toutefois conditionnée à la poursuite de l’amélioration de la situation sécuritaire, à des conditions climatiques favorables et à la stabilité des politiques publiques.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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