Une vision intégratrice salutaire

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Petit à petit, la libre circulation des personnes et des biens, sur le continent africain, devient une réalité. Les décisions prises dans ce sens, ces dernières années, en disent long. A juste titre, cela est à l’honneur de tout panafricain qui fait de l’unité des peuples africains son cheval de bataille, ainsi que l’avaient rêvé les pères des indépendances africaines. Le Rwanda, dans sa politique migratoire, fait figure de pionnier de la libre circulation tant souhaitée en Afrique, avec une exemption totale de visa pour tous les citoyens africains depuis 2023.

La Gambie a également impulsé une politique d’accès sans visa depuis 2020, tandis que les Seychelles maintiennent, depuis plusieurs années, un régime de libre entrée pour les Africains. On le sait, la question de la libre circulation revient à plusieurs reprises au cœur des politiques d’intégration africaine, du fait de sa place dans le développement du continent. Les mesures prises dans ce sens par certains pays sont donc plus que réconfortantes. Ils sont aujourd’hui près d’une dizaine de pays africains à supprimer le visa d’entrée sur leur territoire. L’on retient particulièrement la Gambie, le Bénin, le Rwanda, le Ghana, le Burkina Faso et très récemment le Togo et le Congo.

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Pour le dernier pays cité, l’annonce a été faite le 25 mai 2026, à Brazzaville par le Président Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci a indiqué, à l’occasion de la célébration de la 63e journée de l’Afrique, tenue en amont des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), qu’à compter du 1er janvier 2027, les ressortissants africains pourront entrer en République du Congo pays sans visa. Ces réformes s’inscrivent dans la logique de l’intégration africaine, défendue depuis les indépendances par les dirigeants panafricanistes, puis reprise par l’Union africaine, à travers l’Agenda 2063 et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

L’on se rappelle que l’Union africaine avait d’ailleurs présenté, en 2016, son projet de passeport africain destiné à favoriser la libre circulation sur le continent. Dix ans plus tard, cette ambition peine encore à se concrétiser à grande échelle. Mais, au regard des actions posées par certains chefs d’Etat, dans la dynamique d’ouverture des frontières africaines et de renforcement de la libre circulation sur le continent, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, on peut s’en féliciter. Parce que, comme le souhaitent beaucoup d’Africains, cela peut accélérer l’intégration économique, la mobilité régionale et les échanges intra-africains.

Cette nouvelle vision intégratrice intervient également dans un contexte de réduction annoncée d’environ 40 % du coût des billets d’avion dans l’espace ouest-africain, afin de favoriser les déplacements sur le continent. Toute chose qu’il faut saluer, ce d’autant plus que la combinaison entre baisse des coûts de transport et suppression des visas pourrait renforcer la fréquentation des aéroports africains et soutenir le développement des services liés au tourisme, à l’hôtellerie, à la culture et aux loisirs.

En effet, il faut dire que la Zone de libre-échange continentale africaine constitue un levier d’industrialisation du continent à travers la transformation locale des matières premières, la création d’emplois et le renforcement de la compétitivité des économies africaines. C’est pourquoi, il convient d’encourager la dynamique de promotion de la libre circulation entre Etats pour stimuler les échanges économiques, le tourisme et les investissements intra-africains. Ainsi, plutôt que de se livrer à des bisbilles inopportunes, les dirigeants africains à la traine de la nouvelle dynamique doivent se raviser et comprendre que seule une meilleure intégration des peuples peut être le gage incontournable du développement socioéconomique du continent.

Soumaïla BONKOUNGOU

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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