Un vélo, un stylo et l’autonomie : la recette de Bahanla Ouali/Lompo pour soutenir l’école dans sa Tapoa natale (portrait)

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Un vélo, un stylo et l’autonomie : la recette de Bahanla Ouali/Lompo pour soutenir l’école dans sa Tapoa natale (portrait)  

Diapaga, 30 juin 2026 (AIB) -Depuis la Suisse ou sur le terrain au Burkina Faso, Bahanla Ouali/Lompo et son amie Fanchette Kunz Perrottet mènent un combat obstiné pour la Tapoa. Il s’agit de maintenir à tout prix l’accès à l’éducation et soutenir les populations sur les plans économique et sanitaire afin de restaurer leur dignité dans un contexte difficile. Leur approche repose sur une philosophie pragmatique : « On ne donne pas seulement du poisson, on donne la canne à pêche à la maman et le stylo à l’enfant. » IMG 20260701 WA0026 1 Par Boureima LIDO Née à Mahadaga, dans la commune rurale de Logobou, Bahanla Ouali/Lompo a forgé ses convictions sur les bancs du lycée Untaani de Diapaga, le chef-lieu provincial, avant de décrocher une licence en sociologie à l’université de Ouagadougou. Ses premières armes professionnelles, elle les fait sur le terrain, au plus près des réalités de la région de l’Est, en pilotant plusieurs projets de développement. En 2017, elle franchit un cap en fondant une première structure associative locale. C’est à la fin de cette même année que sa trajectoire s’oriente vers l’Europe : son époux, diplomate, est affecté à Genève. Loin d’être une rupture, cet exil temporaire de cinq ans devient un tremplin. À l’Université de Genève, elle complète sa formation par un master en socio-économie. Surtout, elle y pose les jalons d’un pont humanitaire en cofondant l’association « Unis Pour Agir » (UPA) aux côtés de Fanchette Kunz Perrottet, une citoyenne suisse séduite par la résilience du « pays des Hommes intègres ».   Résister au décrochage scolaire IMG 20260701 WA0027 En 2019, l’insécurité entraîne la fermeture progressive des services publics, l’abandon des salles de classe et des déplacements de populations vers les centres urbains sécurisés comme Diapaga ou Fada N’Gourma. Pendant que les Forces combattantes lancent l’assaut contre les terroristes, dame Ouali s’active aux côtés des plus vulnérables. IMG 20260701 WA0028 « Le terrorisme a pris leurs papas, il ne prendra pas leur avenir », confie alors Bahanla Ouali/Lompo . Face au spectre d’une génération sacrifiée, elle refuse le fatalisme et réoriente les objectifs de son association pour venir en aide en priorité aux orphelins, aux veuves et aux enfants particulièrement vulnérables. À 6 000 kilomètres de la ligne de front, dame Ouali conçoit un modèle de gestion à distance rigoureux pour s’assurer de l’impact réel de l’aide envoyée. Le jour, elle étudie ou travaille en Suisse ; la nuit, elle démarche les bailleurs de fonds. Sur le terrain, à Diapaga, des relais de confiance exécutent les projets et lui transmettent des rapports précis. Bulletins scolaires vérifiés, comptes des Activités génératrices de revenus (AGR) audités, photographies des distributions : chaque franc suisse investi doit être justifié pour garantir la pérennité des partenariats. IMG 20260701 WA0022 L’autonomie plutôt que la charité Pour cette sociologue de formation, l’aide d’urgence ne doit pas installer la dépendance. « L’État burkinabè fait sa part dans un contexte extrêmement difficile, c’est à nous, membres de la diaspora, de jouer notre partition », plaide-t-elle. Son approche repose sur une philosophie pragmatique : « On ne donne pas seulement du poisson, on donne la canne à pêche à la maman et le stylo à l’enfant. » IMG 20260701 WA0023 L’association cible ainsi le triptyque éducation-transports-autonomisation. Dans les zones rurales, la distance entre le domicile et l’école demeure l’une des causes majeures d’abandon, particulièrement chez les jeunes filles.   L’équation logistique de Mme Ouali/Lompo est simple : « Un vélo égale une heure de temps gagnée, moins de fatigue physique et moins de risques de décrochage. » IMG 20260701 WA0024 De même, la fourniture de kits complets et d’uniformes vise à éliminer le sentiment de stigmatisation des enfants déplacés. « L’enfant doit arriver à l’école comme les autres, avec zéro honte et 100 % de concentration », insiste-t-elle.   Parallèlement, l’octroi de micro-crédits permet aux mères de famille, souvent veuves et chefs de ménage improvisés, de lancer de petits commerces pour nourrir leurs enfants et assurer les frais de scolarité, garantissant ainsi leur dignité face à l’adversité. IMG 20260701 WA0025 Une diplomatie associative efficace Le modèle économique développé par l’association UPA repose sur une diplomatie locale active auprès des institutions helvétiques, palliant l’absence des grandes organisations non gouvernementales internationales.   Bahanla Ouali/Lompo est parvenue à mobiliser un réseau diversifié de partenaires publics et privés genevois, incluant le Service de la solidarité internationale du Canton de Genève, la Délégation Genève Ville Solidaire, plusieurs communes du canton, le fonds de mécénat des Services Industriels de Genève (SIG) ainsi que le Cercle féminin des Nations Unies. Ce plaidoyer constant a permis de lever des fonds réguliers entre 2020 et 2026, donnant lieu à des réalisations concrètes et mesurables sur le terrain : Soutien scolaire et AGR (2020-2026) : Un programme continu qui parraine chaque année 50 filles (bourses, vélos, lampes solaires) et 50 femmes pour le développement d’AGR. Une boulangerie artisanale a également été financée à Fada N’Gourma pour créer des emplois locaux.   Infrastructures éducatives à long terme : Lancement en 2025 d’un projet de bourses d’études couvrant l’intégralité des frais de scolarité, des tenues et du matériel didactique pour 60 élèves (dont 40 filles) du lycée Untaani de Diapaga, prévu pour durer jusqu’en 2029. En 2020, des dotations en table-bancs avaient déjà bénéficié à la commune de Tansarga.   Santé publique (2021-2022) : Aménagement d’un hangar d’attente et d’une salle d’hospitalisation, accompagnés de dons de lits, de matelas et de potences au profit du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Bodiaga.     Réponse à la crise humanitaire (2024-2026) : Financement et réalisation entre 2024 et 2025 de trois forages d’eau potable dans les quartiers périphériques de Diapaga pour approvisionner les déplacés internes. De plus, un périmètre maraîcher d’un hectare est en cours d’aménagement à Fada N’Gourma au profit des femmes déplacées de la Tapoa, sur un terrain acquis grâce à une caisse de solidarité interne mise en place par les bénéficiaires historiques de l’association.   « Mahadaga m’a vu naître, la Tapoa m’a formée. À mon tour de porter ma province », répète Bahanla Ouali/Lompo. Pour cette activiste de la diaspora, l’engagement patriotique n’est pas une formule rhétorique, mais un devoir de redevabilité envers sa terre d’origine.

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Agence d’information du Burkina LB/ata

The Insider
Author: The Insider

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