
Face à une urbanisation rapide et à une forte croissance démographique dans la région du Kadiogo, estimée à environ trois millions d’habitants selon les données du RGPH 2019, les autorités ont eu l’ambition de renforcer l’offre de transport collectif afin de répondre aux défis de mobilité, de congestion routière et de pollution.
C’est dans cette dynamique que la Société de transport en commun (SOTRACO) a tenu, ce jeudi 4 juin 2026 à Ouagadougou, un atelier de validation des nouvelles lignes du réseau d’autobus de la capitale et de ses communes environnantes. Placée sous le thème « Amélioration de la mobilité des populations de Ouagadougou et des communes environnantes grâce au transport en commun », cette rencontre marque une étape clé dans la restructuration du réseau de transport urbain.
Selon les résultats des études présentées à l’atelier, le nouveau plan de restructuration du réseau prévoit la création de 22 nouvelles lignes, en complément des lignes existantes. Il s’agit notamment de 13 lignes urbaines et 9 lignes intercommunales, destinées à améliorer la desserte entre Ouagadougou et les communes périphériques du Grand Ouaga.
Le directeur général de la SOTRACO, Drissa Sawadogo, a expliqué que cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations des plus hautes autorités et dans une logique d’optimisation du réseau national de transport. Il a précisé que la restructuration repose sur des études de terrain qui ont pour but d’adapter l’offre de transport aux besoins réels des populations.

« D’importantes acquisitions ont été réalisées, avec notamment l’arrivée de 530 bus neufs, ce qui permet à la SOTRACO de ne pas faire face à des contraintes de flotte. Dans ce contexte, des dispositions seront prises pour renforcer les réseaux existants et améliorer significativement la mobilité entre Ouagadougou et ses environs. Ces nouvelles lignes intercommunales permettront notamment de desservir plus facilement des localités comme Tanguin-Dassouri, Komki-Ipala, Saponé, Pabré, Nagréguo et Laye. Elles faciliteront ainsi les déplacements quotidiens des populations vers la capitale, aussi bien pour les activités professionnelles que pour les études. Ce dispositif offrira aux élèves et étudiants la possibilité de résider dans leurs communes tout en poursuivant leur scolarité à Ouagadougou. Il contribuera également à alléger les charges des ménages, en réduisant les dépenses liées au transport quotidien », a-t-il indiqué.
Le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, a salué cette initiative qu’il qualifie de réponse concrète aux besoins croissants de mobilité. Il a mis en avant l’importance des efforts de l’État pour renforcer le transport collectif et accompagner la croissance démographique. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un accompagnement citoyen pour préserver ces infrastructures.

« Il faut à ce niveau saluer les efforts consentis par les plus hautes autorités pour l’acquisition de ces nouveaux bus et qui vont véritablement faciliter la mobilité d’abord des élèves, des étudiants et l’ensemble de la population. Il faudrait également que la population, de manière globale, essaie d’adopter des comportements civiques pour entretenir les bus parce que c’est un patrimoine qui appartient à tout le monde. L’autre élément, c’est de pouvoir inviter l’ensemble des présidents des délégations spéciales à sensibiliser les populations et aussi faciliter le déplacement bien sûr de ces bus au niveau de notre territoire », a souligné le gouverneur.

Avec cette réforme du réseau, les autorités ambitionnent également de réduire les inégalités d’accès aux services urbains, de limiter l’usage massif des deux-roues et de favoriser un transport public plus sûr, plus régulier et plus inclusif.
Hanifa Koussoubé
Crédit photo : Bonaventure Paré
Lefaso.net
