Tourisme interne : Promouvoir la destination Burkina, oui… mais il faut songer à l’accès des sites

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Le lancement de la quatrième édition de la Grande saison du tourisme interne à Samandéni, le 4 juillet dernier, marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de promouvoir la destination Burkina Faso auprès des populations. Pendant trois mois, les Burkinabè sont invités à découvrir ou redécouvrir les richesses touristiques de leur pays. Une initiative salutaire qui mérite d’être encouragée dans un contexte où le tourisme interne apparaît comme un levier essentiel de développement économique, culturel et social.

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso s’efforce de repositionner son secteur touristique, éprouvé par l’insécurité. Dans ce contexte, inciter les citoyens à voyager à l’intérieur du pays est une démarche salutaire qui favorise la consommation locale, soutient les acteurs du secteur, crée des opportunités d’emplois et contribue à renforcer le sentiment de fierté nationale.

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La Grande saison du tourisme interne permet également de mettre en lumière des sites parfois méconnus du grand public. Mares, cascades, pics, réserves naturelles, sites sacrés ou encore patrimoines culturels disposent d’un potentiel qui mérite d’être mieux valorisé.

La question de l’accessibilité doit être résolue

Au-delà des appels à visiter notre pays, les Burkinabè doivent être rassurés sur l’accessibilité des sites touristiques aux visiteurs. La quatrième édition se déroule en pleine saison pluvieuse, une période où plusieurs destinations touristiques deviennent difficiles d’accès en raison de l’état des routes. Dans certaines localités, quelques kilomètres seulement suffisent à transformer une excursion en véritable parcours du combattant. Les pistes sont dégradées, parfois impraticables, limitant l’accès aux visiteurs qui ne disposent pas de véhicules adaptés. Le cas de la mare aux hippopotames de Balla dans la commune de Satiri, à une soixantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, interpelle. Ce petit bout de paradis, mérite une voie d’accès digne de ce nom, au regard des potentialités qu’il regorge. Je vous laisse le découvrir à travers cet article que nous avons écrit en 2017.

La promotion touristique ne peut être dissociée des infrastructures qui permettent d’atteindre les destinations dans des conditions satisfaisantes.

Des sites parfois dépourvus de commodités essentielles

L’autre défi concerne les équipements d’accueil. Une fois sur place, le visiteur trouve-t-il les conditions nécessaires pour profiter pleinement de son expérience ? La réalité est souvent contrastée. Plusieurs sites comme le symposium de sculptures sur granit de Laongo, le musée national, le sanctuaire animalier de Ziniaré disposent de commodités. Tandis que d’autres manquent de sanitaires fonctionnels, d’espaces de repos, de points d’eau. Dans certains cas, l’absence de restauration ou d’hébergement à proximité réduit considérablement l’attractivité du site. Le tourisme interne ne consiste plus seulement à admirer un paysage, un monument ou des statues. Il repose sur une expérience où le confort, l’information et la qualité de l’accueil jouent un rôle déterminant.

Valoriser ne suffit pas, il faut aménager

La Grande saison du tourisme interne rappelle que la promotion est indispensable, mais ne peut constituer l’unique réponse aux défis du secteur.

Le Burkina Faso dispose d’un patrimoine touristique exceptionnel. Pourtant, plusieurs sites restent sous-exploités faute d’investissements suffisants dans leur aménagement. L’enjeu n’est donc pas seulement d’attirer les visiteurs, mais de leur offrir des conditions qui les encouragent à revenir et à recommander ces destinations.

Un touriste satisfait devient le meilleur ambassadeur d’un site. À l’inverse, une expérience marquée par des difficultés d’accès ou un manque d’infrastructures peut rapidement décourager les visiteurs potentiels.

Quelques pistes à explorer

Pour donner davantage d’impact à la Grande saison du tourisme interne, il serait pertinent de mettre l’accent sur l’amélioration des conditions d’accès aux principaux sites touristiques, notamment à travers l’entretien régulier des routes qui y mènent avant chaque saison touristique.

Cette dynamique pourrait également s’appuyer sur des partenariats renforcés entre l’État et les collectivités territoriales afin de favoriser l’aménagement et la valorisation des sites à fort potentiel.

Par ailleurs, la mise en place d’infrastructures telles que des sanitaires, des aires de repos contribuerait à rendre les destinations plus attractives et plus accueillantes pour les visiteurs.

Le développement du tourisme interne gagnerait aussi à encourager l’investissement privé dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et des loisirs à proximité des sites touristiques. À Bazoulé, il n’y a plus d’espace de repos et de détente.

Dans le même élan, l’organisation de circuits prévus pendant ces vacances ainsi que l’élaboration d’offres promotionnelles adaptées aux familles, aux jeunes et aux groupes est une très bonne chose. Et elle devrait s’étendre au delà des grandes vacances, afin de faciliter l’accès au tourisme pour un plus grand nombre de Burkinabè. Ces circuits pourraient inclure les pupilles de la nation et les enfants déplacés internes.

Enfin, la visibilité des destinations touristiques devrait également être renforcée grâce aux outils numériques, notamment à travers des applications dédiées, des cartes interactives et des informations régulièrement mises à jour sur les conditions d’accès aux sites.

Faire du tourisme une expérience, pas seulement une campagne

La Grande saison du tourisme interne est une initiative louable qui témoigne d’une volonté de faire découvrir les richesses du Burkina Faso aux Burkinabè eux-mêmes. Mais pour que cette ambition produise pleinement ses effets, elle doit s’accompagner d’investissements dans l’accessibilité et l’aménagement des sites.

Car le succès du tourisme ne se mesure pas uniquement au nombre de campagnes lancées ou de visiteurs enregistrés. Il se construit surtout sur la qualité de l’expérience vécue. Valoriser les sites est une nécessité. Les rendre accessibles et accueillants est une obligation. Ainsi, les efforts des forces de défense de sécurité pour ramener la paix et la sécurité au Burkina ne seront pas vains. Et c’est à cette condition aussi que le tourisme interne pourra devenir un véritable moteur de développement durable pour le Burkina Faso.

Fredo Bassolé
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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