Au Tchad, la tension politique continue de monter. Huit figures de l’opposition ont été condamnées vendredi à huit ans de prison par la justice tchadienne, dans une affaire qui ravive les accusations de répression contre le pouvoir du président Mahamat Idriss Déby.
Les opposants, arrêtés fin avril à N’Djamena, étaient accusés d’« association de malfaiteurs », de « rébellion » et de « détention illégale d’armes de guerre ».
Leur interpellation était survenue quelques jours avant une marche de protestation interdite par les autorités.
Tous appartiennent au GCAP, une coalition politique qui s’est imposée comme l’une des principales voix critiques du régime depuis l’élection présidentielle de 2024. Le mouvement avait notamment appelé au boycott du scrutin ayant confirmé Mahamat Idriss Déby au pouvoir.
Lors du procès, la défense a dénoncé une décision motivée par des considérations politiques. Leur avocat, Moussa Adoum, estime que les accusations retenues contre ses clients sont « inexistantes » et annonce vouloir saisir la cour d’appel pénale de N’Djamena.
Ces condamnations interviennent au lendemain de la dissolution du GCAP par la Cour suprême tchadienne. La coalition avait récemment appelé à manifester contre « l’injustice », « l’exclusion » et les restrictions des libertés publiques dans le pays.
Yolande Bazié
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