
La Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) est montée au créneau le samedi 13 juin 2026 à Bobo-Dioulasso pour dénoncer une tentative de fraude visant à tromper ses partenaires et à détourner d’éventuels paiements destinés à l’entreprise. Au cours d’une conférence de presse animée par son directeur général, Braïma Barro, la société a apporté un démenti formel à un document frauduleux circulant actuellement sur différents canaux de communication et faisant état d’une prétendue fusion avec une société étrangère ainsi que de nouvelles instructions bancaires.
Face aux journalistes, la direction générale de la SOFITEX a tenu à rassurer l’ensemble de ses partenaires, fournisseurs, producteurs de coton, institutions financières et clients sur la continuité normale de ses activités et sur l’absence de tout changement dans sa gouvernance ou ses procédures financières. Selon les explications fournies par le directeur général, le document en question, intitulé « Notice of Administrative Authority – Appointment of Sole Administrator & Banking Instructions », porte la référence nᵒ OTL/SOFITEX/ADM/2026/061 et est daté du 11 juin 2026.
Ce document prétend notamment qu’une fusion aurait été conclue entre la SOFITEX et la société OULIC TRADE LIMITED.
Il affirme également que cette dernière aurait été nommée administrateur unique de la société cotonnière burkinabè et invite les partenaires à effectuer leurs paiements sur un compte bancaire ouvert auprès de la China Construction Bank (Asia) Corporation Limited à Hong Kong. Des allégations que la direction générale qualifie de « totalement fausses » et qui ne reposent sur aucun fondement juridique ou institutionnel. « Ce document ne provient ni du conseil d’administration, ni de la direction générale, ni d’aucune personne légalement habilitée à engager la SOFITEX », a insisté Braïma Barro.

Aucun incident informatique enregistré
La direction générale a indiqué que des vérifications approfondies ont été menées dès l’apparition du document litigieux. Les investigations réalisées par les services compétents de la société ont permis d’établir que ce document n’émane pas des systèmes d’information de la SOFITEX.
Les responsables de l’entreprise ont notamment souligné qu’aucune intrusion, aucun piratage et aucun incident informatique n’ont été constatés sur les plateformes numériques de la société. « Nos systèmes continuent de fonctionner normalement. Les méthodes et mécanismes utilisés pour diffuser ce document démontrent qu’il a été élaboré à partir de moyens extérieurs à la SOFITEX », a précisé le directeur général. Pour l’entreprise, il s’agit manifestement d’une opération frauduleuse destinée à induire en erreur certains partenaires commerciaux afin de détourner des fonds destinés à la société.
La SOFITEX réfute point par point les allégations
Afin d’éviter toute confusion, la direction générale a apporté plusieurs clarifications. Elle affirme d’abord qu’aucun accord de fusion n’a été signé avec la société OULIC TRADE LIMITED. Cette dernière n’a jamais été désignée administrateur unique de la SOFITEX et ne dispose d’aucun mandat, pouvoir ou autorisation lui permettant de représenter l’entreprise ou d’agir en son nom. La société précise également que les coordonnées bancaires mentionnées dans le document frauduleux ne lui appartiennent pas et qu’aucun paiement ne doit être effectué sur les comptes indiqués.
Par ailleurs, la gouvernance de la SOFITEX, ses comptes bancaires officiels, ses procédures de paiement ainsi que ses circuits habituels de communication demeurent inchangés. La direction générale rappelle que toute modification concernant l’organisation de la société, ses engagements juridiques ou ses coordonnées bancaires ne peut intervenir qu’à travers des procédures légales dûment encadrées et faire l’objet d’une communication officielle authentifiée.

Appel à la vigilance des partenaires
Au regard de la multiplication des tentatives d’escroquerie utilisant les technologies numériques, la SOFITEX invite l’ensemble de ses partenaires à redoubler de vigilance. L’entreprise rappelle que toutes ses correspondances électroniques officielles proviennent exclusivement d’adresses utilisant le nom de domaine « @sofitex.bf ».
Elle recommande ainsi à ses partenaires de vérifier systématiquement l’origine des courriels reçus et de prendre attache avec leurs interlocuteurs habituels en cas de doute ou de demande inhabituelle. « Nous invitons tous nos partenaires à ne donner aucune suite à ce document, à ne procéder à aucun versement sur les comptes qui y figurent et à vérifier directement auprès de nos services toute instruction suspecte ou contraire aux pratiques habituelles », a insisté le directeur général.
Dans le même temps, la SOFITEX poursuit le renforcement de ses dispositifs de sécurisation des communications électroniques et des mécanismes d’authentification destinés à protéger ses échanges avec ses partenaires. Face à ce qu’elle considère comme une tentative d’arnaque, d’usurpation d’identité et de désinformation, la société a indiqué avoir saisi les autorités compétentes afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. La direction générale entend également défendre les intérêts de l’entreprise, de ses partenaires et de l’ensemble de la filière coton burkinabè. Elle se réserve ainsi le droit d’engager toutes les actions judiciaires appropriées contre les auteurs, complices ou relais de cette manœuvre frauduleuse.

Au cours de cette conférence de presse, le directeur général, Braïma Barro, a tenu à rassurer l’ensemble des acteurs de la filière coton sur la stabilité et la continuité des activités de la SOFITEX. Il a exprimé sa gratitude à l’endroit des clients, fournisseurs, producteurs de coton, partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions bancaires pour leur vigilance et leur confiance renouvelée.
Dans un contexte marqué par la montée des cybermenaces et des tentatives de fraude numérique, la SOFITEX appelle chacun à faire preuve de prudence et à privilégier les canaux officiels de communication afin de préserver la sécurité des transactions et la confiance qui lie les différents acteurs de la filière coton au Burkina Faso.
Romuald Dofini
Lefaso.net
