Sissili/Justice : Le Procureur Ahmed Ouattara dresse le bilan des sessions criminelles de l’année judiciaire 2025-2026
Léo, 15 juillet 2026 (AIB) – Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Léo, Ahmed Ouattara, entouré des acteurs de la chaîne pénale, a dressé ce mercredi 15 juillet 2026, au Palais de justice de Léo, le bilan des sessions criminelles tenues entre février et juillet 2026. Ce point de presse, qui a réuni les officiers de police judiciaire et les médias, a mis en lumière les avancées majeures liées aux réformes judiciaires, tout en exposant les contraintes logistiques quotidiennes des Officiers de police judiciaire sur le terrain.
Le TGI de Léo, dont le ressort juridictionnel couvre les provinces de la Sissili et du Ziro, a connu une transformation majeure avec l’avènement des reformes législations notamment en ce qui concerne le traitement des dossiers criminels. Lors de sa communication, le Procureur du Faso, Ahmed Ouattara, est revenu sur la mise en œuvre de la réforme législative qui permet désormais de juger directement les crimes au niveau des TGI, sans passer par l’étape obligatoire et chronophage du juge d’instruction. « Dès qu’un crime est commis et que la police judiciaire a bouclé son enquête, le procureur du Faso a désormais la faculté de poursuivre directement l’accusé devant la chambre criminelle du TGI. Les procédures criminelles sont donc désormais beaucoup plus rapides », a expliqué le Procureur du Faso, rappelant son engagement de transparence et d’information du public pris lors de son installation en octobre 2023.
L’apurement des dossiers en souffrance transférés par la Cour d’appel de Ouagadougou a nécessité la tenue de sessions continues depuis le mois février à juillet 2026. Le bilan chiffré présenté par le parquet affiche un taux d’efficacité globale de 89,58 % avec 48 dossiers programmés dont 43 jugés et 5 renvoyés avec 70 accusés comparus à la barre. En termes de verdicts, 46 condamnations ont été prononcées contre 11 acquittements avec 23 500 000 FCFA d’amendes cumulées au profit de l’État.
Les infractions jugées couvrent un large spectre de la criminalité, allant des crimes de sang aux infractions économiques. On enregistre notamment 10 dossiers de meurtre et 5 d’assassinat, 7 viols aggravés, 5 cas d’importation de drogue, 5 condamnations à l’emprisonnement à vie et 11 peines allant de 11 à 30 ans de réclusion.
Parmi les affaires emblématiques qui ont marqué l’opinion publique locale, le Procureur du Faso a cité plusieurs dossiers sensibles parmi lesquels, l’affaire des bergers de Silly où un Volontaire pour la Défense de la Patrie (VDP), poursuivi pour le meurtre de deux bergers à la recherche de leurs animaux, a été condamné à 11 ans de prison ferme, l’homicide à Cassou dont un autre VDP impliqué a écopé d’une peine de 5 ans de prison, dont 12 mois ferme. Aussi, il y a le cas du viol suivi de meurtre d’une quinquagénaire dans la commune de Bougnounou dont l’auteur a été condamné à la prison à vie ainsi que l’affaire du tradipraticien de Dalo poursuivi pour le viol aggravé d’une patiente, il a été condamné à 11 ans de prison, dont 6 ans fermes, assortis d’une amende d’un million de FCFA.
Si la collaboration entre le parquet et les unités d’enquête (Gendarmerie, Police nationale, Eaux et Forêts, Douanes) est qualifiée d’« excellente » et de « permanente 24h/24 », les représentants de la Police Judiciaire interrogés, ont saisi cette tribune pour exposer leurs dures réalités opérationnelles.
Le Lieutenant de police Souleymane Traoré, en service au Commissariat central de Léo, a insisté sur l’immensité de la zone de couverture, qui ralentit parfois la réactivité des troupes lors des interventions nocturnes en zone rurale. Il a également soulevé une préoccupation majeure liée à la prise en charge des gardés à vue. « Le manque de ressources financières est particulièrement criard lors des procédures de garde à vue. Par exemple, lorsqu’une personne interpellée tombe malade et n’a pas de proches à proximité pour l’assister, ce sont les OPJ qui doivent souvent cotiser sur leurs propres deniers pour payer les premières ordonnances médicales. Nous demandons instamment aux autorités de mettre des fonds et des moyens matériels adéquats à notre disposition » a-t-il plaidé.
Abondant dans le même sens, l’Adjudant Amadou Ouattara, en service à la compagnie de gendarmerie de Léo, a rappelé que l’insuffisance du budget d’accompagnement force parfois les enquêteurs à nourrir les personnes interpellées à leurs propres frais. Pour éviter que ces charges ne pèsent trop longtemps sur leurs unités, la gendarmerie mise sur la célérité. « Nous n’avons aucun intérêt à ce que les procédures traînent à notre niveau. Grâce à cette excellente entente avec le parquet, les dossiers avancent très vite : nous finalisons rapidement les procès-verbaux et nous déférons immédiatement les personnes concernées » a-t-il précisé.
En conclusion, le Procureur Ahmed Ouattara s’est félicité de la baisse significative de la population carcérale à la maison d’arrêt et de correction de Léo (MACL). Cette décongestion est le fruit de l’application de mesures alternatives aux poursuites telles que la médiation pénale, la composition pénale et le travail d’intérêt général (TIG).
Ces outils permettent de désamorcer les conflits mineurs directement à partir du bureau du procureur par le biais de réparations consensuelles ou de travaux d’utilité publique, évitant ainsi l’incarcération systématique tout en préservant la paix sociale. Il a aussi salué l’avènement de la nouvelle loi « Faso Bukaoré » qui sera d’un apport capital dans l’offre de justice et la réduction de la population carcérale.
Agence d’information du Burkina
BAN/ata
