Les dirigeants de Bridge Bank Group Côte d’Ivoire (BBGCI) ont annoncé, ce 15 juillet 2026 depuis Ouagadougou, leur introduction à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
Une souscription sera ouverte du 20 juillet au 6 août 2026 au prix de 6 750 francs CFA par action, pour une opération globale de 67,5 milliards de francs CFA. La Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF) accompagne l’opération au Burkina Faso.
L’opération porte sur la cession de 20 % du capital de Bridge Bank Group Côte d’Ivoire (BBGCI), soit 10 millions d’actions proposées aux particuliers et aux institutions de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elle a été visée par l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest-africaine (AMF-UMOA) sous le numéro OA/26-03.
Après la clôture de la souscription le 6 août, le règlement-livraison des actions est prévu pour le 21 août 2026. La première cotation à la BRVM interviendra en septembre 2026.
Après l’opération, l’actionnaire majoritaire, le groupe Teyliom de l’homme d’affaires sénégalais Yérim Sow, via la holding Bridge Group West Africa (BGWA), détiendra 57 % du capital.
« Il détient actuellement 77%, donc en cédant 20%, il va passer à 57%. Les 20% seront le flottant, donc ouverts au public, détenus par le public, des institutionnels, des entreprises, des particuliers de l’UEMOA, principalement », a expliqué Myriam Ouattara, Directrice générale de Bridge Securities, filiale de courtage de BGWA.
Comment participer à l’opération ?
Pour participer à cette introduction en bourse, il faut ouvrir un compte-titres auprès d’une société de gestion et d’intermédiation (SGI) agréée par la BRVM, disposer des fonds correspondant au nombre d’actions souhaitées au prix de 6 750 francs CFA par action, et passer un ordre de souscription entre le 20 juillet et le 6 août 2026.
Au Burkina Faso, la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF) accompagne les investisseurs souhaitant souscrire. Bridge Securities, filiale de courtage de BBGCI, est également disponible pour orienter les investisseurs de la sous-région.
« Je pense qu’on peut souscrire à n’importe quel montant. C’est vrai que le montant minimum, c’est 6750 francs, mais je pense qu’il faut se donner plus de chance pour pouvoir être sélectionné ou être retenu », insisté la Directrice Générale Adjointe de la SA2IF, Colette Rouamba.

Fondée en juin 2006 à Abidjan, BBGCI est une banque spécialisée dans les PME, le commerce régional et la gestion de trésorerie. Depuis sa création, elle a connu une croissance continue. En 2025, son résultat net s’est établi à 27,2 milliards de francs CFA, en hausse de 19 % par rapport à 2024. Le résultat net représente le bénéfice final de la banque, une fois toutes les charges payées.
Son produit net bancaire a atteint 68 milliards de francs CFA, en progression de 15 %. Le produit net bancaire est l’équivalent du chiffre d’affaires pour une banque, c’est-à-dire l’argent qu’elle gagne grâce à ses activités.
Son total de bilan est monté à 1 427 milliards de francs CFA en 2025, soit six fois sa taille de 2015. Le bilan total représente la taille globale de la banque. Plus il est élevé, plus la banque pèse dans le système financier.
Par ailleurs, la banque affiche un rendement des fonds propres de 28,5 %. Ce taux montre à quel point l’établissement fait travailler l’argent investi par ses actionnaires : plus il est élevé, plus cet argent est utilisé de façon rentable. Ce niveau se situe au-dessus de la moyenne du marché de l’UEMOA, estimée à 22 %.
En outre, le coefficient d’exploitation de BBGCI s’est établi à 41,8 % en 2025, contre environ 65 % en 2016. Ce coefficient mesure la part des charges dans les revenus. Autrement dit, sur 100 francs de revenus, la banque dépense 41,8 francs pour fonctionner et garde le reste.
Sur les cinq dernières années, elle a distribué environ 70 % de ses bénéfices cumulés en dividendes à ses actionnaires, soit environ 70 milliards de francs CFA sur un total de 102 milliards de gains cumulés. Les dividendes représentent les sommes reversées aux actionnaires lorsque la banque décide de partager une partie de ses bénéfices.
L’introduction de BBGCI en bourse poursuit trois objectifs complémentaires dans le cadre de son plan stratégique 2026-2030. Il est d’abord question de renforcer les fonds propres de la holding Bridge Group West Africa (BGWA) pour soutenir son expansion régionale.
Le deuxième objectif visé est l’accélération de la transformation numérique, après la migration réussie du système informatique central de la banque en mars 2025.
« Financer son entreprise à travers le marché financier doit être également considéré comme une façon de se financer. Ce que le Groupe Bridge Group West Africa est entrain de faire », a expliqué la Directrice générale de Bridge Securities.
Plusieurs partenaires de confiance se tiennent aux côtés de la banque
La banque bénéficie de la confiance de grandes institutions financières internationales. La Société financière internationale (IFC, groupe de la Banque mondiale) a ainsi porté ses engagements à 100 millions de dollars, tandis que la Banque africaine de développement (BAD) y a investi 30 millions d’euros.
Des institutions comme Afreximbank, l’ITFC du groupe de la Banque islamique de développement, Oikocredit et Triodos Bank complètent ce tour de table international. La Caisse nationale de prévoyance sociale de Côte d’Ivoire (CNPS) détient par ailleurs 20 % du capital depuis 2019. Comme mentionné plus haut, l’actionnaire majoritaire est le groupe Teyliom.

La conférence de presse de Ouagadougou n’est pas anodine. BBGCI vient d’obtenir l’autorisation d’ouverture d’une succursale au Burkina Faso et prévoit d’être opérationnelle sur le marché burkinabè au cours du premier semestre 2027.
« En mai, nous avons eu l’autorisation du régulateur pour nous installer en tant que succursale sur le Burkina, avec une dotation en capital d’une vingtaine de milliards que nous comptons déployer au sein de l’économie burkinabè. Aujourd’hui, acheter des actions de Bridge Bank Group Côte d’Ivoire, c’est financé de façon directe aussi bien l’économie de Côte d’Ivoire, du Sénégal et dès l’année prochaine de l’économie burkinabè », a déclaré Ehouman Kassi.
En tant que 4e économie de la zone UEMOA et fort de ses liens économiques étroits avec la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso est particulièrement convoité par Bridge Bank Group Côte d’Ivoire (BBGCI). Ses dirigeants entendent affronter les 18 établissements bancaires déjà présents sur le marché pour s’y faire une place.
Notons qu’en dehors de la Côte d’Ivoire, où elle est présente depuis 2006, BBGCI est implantée au Sénégal depuis décembre 2021, un marché où sa succursale s’est révélée rentable dès son premier exercice. Une implantation en Guinée est également envisagée, directement sous la forme d’une filiale indépendante à l’horizon 2027.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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