
Selon l’Institut national de la statistique et de la Démographie (INSD), près de 21% des Burkinabè vivent dans une insécurité alimentaire, cite le ministre de la santé à l’occasion de la journée internationale de la sécurité des aliments, le 7 juin 2026. Les intoxications collectives, les infections dues à des germes pathogènes comme Salmonella ou Escherichia coli, ainsi que les contaminations chimiques, touchent particulièrement les groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles vivant avec des maladies chroniques.
« Nos aliments, source de vie, peuvent devenir des vecteurs de souffrance lorsqu’ils sont mal conservés, mal préparés ou contaminés. Dans un pays où les marchés informels, la vente d’aliments de rue et les pratiques culinaires traditionnelles occupent une place centrale, la vigilance doit être constante. Le fardeau est aussi économique : chaque cas de maladie alimentaire entraîne des dépenses de soins, une perte de productivité et fragilise les ménages », interpelle le ministre de la santé, Dr Robert Kargougou à travers son message diffusé le 7 juin 2026 à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la sécurité des aliments.
« La sécurité alimentaire doit être un droit universel. Les populations rurales, les personnes déplacées internes et les familles vulnérables doivent bénéficier des mêmes garanties sanitaires que les autres. Le gouvernement veille ainsi à ce que l’aide alimentaire d’urgence, notamment dans les zones à défi sécuritaire, soit soumise à des contrôles rigoureux. J’appelle à l’engagement de tous les acteurs de la chaîne alimentaire, depuis les agriculteurs et les producteurs jusqu’aux consommateurs en passant par les transporteurs, les détaillants, les inspecteurs de la chaîne alimentaire et les cuisiniers, pour faire de la sécurité sanitaire des aliments une réalité quotidienne. Par des gestes simples, une volonté collective et des politiques publiques volontaristes, protégeons la santé de nos familles et renforçons la prospérité de notre pays », invite le ministre Kargougou, précisant donc que, la sécurité sanitaire des aliments ne se limite pas aux laboratoires ou aux services de contrôle.
L’autorité a également saisi l’occasion de la journée pour rappeler les grands axes d’actions en faveur de la sécurité des aliments au Burkina. Il s’agit du renforcement des contrôles et de la surveillance épidémiologique. « Un système national de surveillance des toxi-infections alimentaires collectives et de contrôle des résidus chimiques déployé et opérationnel, soutenu par un renforcement des capacités techniques et analytiques des laboratoires ainsi que des compétences des acteurs de santé », lit-on.
Ensuite, la formation et l’accompagnement des acteurs, à travers notamment un appui aux vendeuses de marchés et aux unités de transformation artisanale (formations sur l’hygiène, conservation et gestion des températures) et, enfin, la responsabilisation des consommateurs par des campagnes de sensibilisation sur les gestes simples qui sauvent (tels que le lavage des mains, la cuisson adéquate, la prévention de la contamination croisée, la conservation des aliments à bonne température et la consommation d’eau potable).
Placée sur le thème, « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », la commémoration 2026 rappelle que la sécurité sanitaire des aliments demeure une priorité pour tous les États afin de garantir une alimentation plus sûre pour toutes et tous, justifie le ministre.
Citant l’Organisation mondiale de la santé, Dr Kargougou révèle qu’à l’échelle mondiale, 550 millions de personnes tombent malades chaque année à cause d’aliments contaminés, entraînant 230 000 décès. L’Afrique est, poursuit le ministre, la région la plus touchée, avec 91 millions de cas et 137 000 décès annuels. « Ces chiffres rappellent que derrière chaque statistique, il y a des vies, des familles et des communautés fragilisées », a-t-il dit avant d’indiquer qu’au Burkina Faso, les maladies d’origine alimentaire restent une préoccupation majeure de santé publique.
Lefaso.net
