Une décision sans surprise. En Russie, l’ONG Memorial est désormais assimilée à des organisations terroristes. Jeudi, un tribunal l’a officiellement classée parmi les entités « extrémistes », à l’issue d’un jugement tenu à huis clos.
Derrière ce verdict, les autorités russes assument une ligne claire. Présentée comme un défenseur des droits humains, Memorial est accusée de mener des activités jugées anti-russes et contraires aux intérêts du pays.
Une qualification lourde de conséquences, puisque toute personne liée à cette structure s’expose désormais à des poursuites.
Mais au-delà du cadre judiciaire, la portée de cette décision est aussi politique. Elle vient raviver la fracture persistante entre Moscou et les capitales européennes.
En s’attaquant à Memorial, les autorités russes prennent le contre-pied d’une reconnaissance internationale majeure. L’organisation avait en effet reçu le Prix Nobel de la paix en 2022, une distinction largement saluée en Europe.
Ce tournant ne date toutefois pas d’hier. Dès décembre 2021, la justice russe avait déjà ordonné la dissolution de l’ONG, l’accusant d’avoir enfreint la loi sur les « agents de l’étranger », un dispositif particulièrement contraignant sur le plan administratif.
Avec son inscription comme organisation « extrémiste », le niveau de répression franchit un cap supplémentaire. Il s’agit du qualificatif le plus sévère en Russie, bien au-delà du statut d’organisation « indésirable », déjà synonyme de bannissement total.
Sur cette liste unique figurent des groupes comme l’État islamique ou le Front al-Nosra, mais aussi des opposants politiques tels que Alexeï Navalny.
Cheick Omar Ouedraogo
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