
Bobo-Dioulasso abrite du 29 juin au 2 juillet 2026 un atelier d’échanges et de sensibilisation des acteurs des collectivités territoriales. Placé sous le thème « Le numérique comme levier de développement économique : quels apports/accompagnements des collectivités territoriales pour l’amélioration de la qualité de service des opérateurs de communication électronique », cet atelier entend renforcer les connaissances des acteurs des collectivités territoriales en vue de bénéficier de leurs apports pour l’amélioration de la qualité de service des opérateurs de communication électronique. La cérémonie d’ouverture des travaux présidée par la gouverneure du Guiriko, représentée par le secrétaire général de la province du Houet Sombéniwendé Nikièma, a eu lieu ce lundi 29 juin 2026, à la Maison de la culture de Bobo-Dioulasso.
L’objectif principal de cet atelier, selon le secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Wendlassida Patrice Compaoré, est de permettre aux différents acteurs des collectivités territoriales d’être mieux outillés pour mieux sensibiliser les populations.
À cet effet, il fait savoir que durant quatre jours, des modules tels que le cadre juridique des installations radioélectriques, les servitudes administratives, les normes relatives au rayonnement non ionisant, les exigences environnementales, les responsabilités des différents acteurs, les enjeux de la qualité des services seront abordés. Pour lui, le développement des territoires passera inévitablement par le développement numérique. Il estime que les infrastructures numériques sont devenues aujourd’hui des infrastructures vitales qui conditionnent le développement économique, l’accès aux services publics, l’éducation, la santé, la sécurité et l’inclusion financière.

« Aujourd’hui, une localité mal connectée est une localité moins attractive, moins compétitive et souvent moins intégrée aux dynamiques économiques nationales et mondiales », a dénoncé Wendlassida Patrice Compaoré. Il est convaincu que la qualité des services dont bénéficient les populations dépend directement de la disponibilité des infrastructures. Or, regrette-t-il, le constat indique que le développement des infrastructures rencontre aujourd’hui de nombreuses difficultés sur le terrain. « Des projets d’implantation de sites radioélectriques sont parfois retardés, suspendus ou abandonnés en raison d’incompréhension, de réticence ou d’inquiétude des populations urbaines », a déploré le secrétaire exécutif de l’ARCEP.

Cependant, il reconnaît que ces préoccupations sont légitimes et méritent d’être entendues, car il pense qu’elles sont souvent alimentées par des informations inexactes relatives aux rayonnements non ionisants, aux impacts sanitaires ou aux inquiétudes liées aux infrastructures. Malheureusement, regrette-t-il, les représentations posées à l’installation des infrastructures sont parfois les premiers à dénoncer la mauvaise qualité du réseau. Il justifie le choix des participants à cet atelier par le fait qu’ils occupent une position stratégique, du fait de leur proximité avec les populations. Selon lui, l’amélioration de la qualité des services, des communications électroniques est un défi collectif, un enjeu de développement national, une question d’équité entre les citoyens et une condition indispensable à la transformation économique du pays.

Faisant siens les propos tenus par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l’État, lors des assises nationales sur la dématérialisation, il cite : « Le gouvernement de transition compte se saisir de l’énorme potentiel du numérique pour moderniser l’administration et faciliter l’accès à des services publics de qualité pour une transformation structurée de notre société et de notre économie. » Le secrétaire général de la province du Houet, Sombéniwendé Nikièma, souligne que l’on doit faire du numérique un outil d’inclusion et d’attractivité économique pour les communes et les régions. « Qu’il s’agisse de la gestion de l’état civil, de la mobilisation des ressources financières locales, de la sécurité ou du commerce, le numérique est le moteur de la gouvernance locale moderne », a-t-il éclairé.

Cependant, constate-t-il, l’atteinte de ces ambitions de souveraineté et de croissance se heurte à l’insuffisance de la qualité du service des réseaux, grandement ralentie par les oppositions des populations locales à l’implantation des pylônes et d’infrastructures radioélectriques. Il dit mesurer pleinement l’ampleur de cette difficulté et reconnaît que ces oppositions dérivent de la désinformation ou d’inquiétudes sanitaires et environnementales mal maîtrisées.

À cet effet, il invite les participants à s’approprier des réalités techniques, juridiques et environnementales liées au déploiement des réseaux. « Vous devez sortir de cet atelier transformé en ambassadeur du numérique capable d’apporter des réponses précises à vos administrés et de veiller au respect de la servitude et de faciliter le déploiement des réseaux dans l’intérêt général », a conseillé le SGH.
Pour ce faire, il les invite à des échanges denses, sans concession, mais constructifs, avec les experts de l’ARCEP, de l’ANV et des opérateurs présents dans cette salle afin d’aboutir à des solutions durables. Il dit espérer que les conclusions de ces travaux poseront les bases d’un impact solide entre collectivités territoriales et acteurs du numérique.
Djaryigo Diarra
Lefaso.net
