Le procès des personnes poursuivies pour proxénétisme, prostitution par racolage et exercice illégal de la profession de pharmacien s’est déroulé le mercredi 1er juillet 2026 au tribunal de grande instance Ouaga II. Des administrateurs de groupes WhatsApp à des fins de rencontre entre hommes et femmes étaient du nombre.
La première prévenue poursuivie pour proxénétisme à se présenter à la barre est K. I., restauratrice dans un kiosque à Ouagadougou. Elle a expliqué avoir été intégrée dans un groupe WhatsApp où elle a fait des publications promettant aux personnes qui viendraient consommer dans son kiosque un accès à des filles, en bonus de la nourriture. Elle a déclaré avoir procédé ainsi parce que ses clients se plaignaient.
« C’est eux qui me disent que moi je n’ai pas de serveuse pour causer avec. Que ce n’est pas intéressant », a-t-elle expliqué.
Elle a aussi reconnu avoir servi d’intermédiaire entre des hommes et des femmes et avoir perçu au total 250 000 francs CFA.
Par la suite, c’est A. G. N., 20 ans, élève en classe de terminale et infographe, qui s’est présenté devant le juge. Il a plaidé non coupable pour les faits de proxénétisme. Il a affirmé avoir créé quatre groupes WhatsApp réunis en une communauté d’environ 1 000 membres, pour des rencontres sérieuses et pour des annonces publicitaires.
Le procès-verbal de police, lu par le président du tribunal, a révélé qu’il stockait des photos que des femmes lui envoyaient et les transmettait aux hommes intéressés, moyennant 1 500 à 2 000 francs CFA pour l’obtention du contact de la femme désirée.
Reconnaissant cela, le jeune prévenu a expliqué qu’à travers les rencontres qu’il arrangeait, il avait pour but de susciter des relations sérieuses.
« Je n’ai jamais mis en contact une femme ou un homme qui allait se mettre en relation moyennant une rémunération », a déclaré le prévenu.
La procureure n’a pas dissimulé son étonnement face au profil du prévenu. « Monsieur Nacoulma a du génie et nous souhaitons que ce génie soit mis à profit pour la construction de notre patrie », a-t-elle lancé, avant d’ajouter : « C’est vous qui êtes élève en classe de terminale. C’est vous qui avez le temps de créer un groupe pour conseiller des gens sur les relations sérieuses ».
À son tour devant le tribunal, T. A. F. a reconnu les faits. Selon ses déclarations, il avait d’abord créé des groupes de paris sportifs avant de les transformer en groupes de prostitution à la suite du décès de son père et de difficultés financières. Ses groupes portaient les noms de « Satisfaction totale », « Sextape », « Le monde des bssers » et « Ouaga bizzi ». Des clients venaient lui demander des mises en contact avec des filles pour 1 500 francs CFA. Il a déclaré n’avoir exercé qu’un mois et avoir gagné au maximum 30 000 francs CFA.
B. A. L. a aussi reconnu avoir créé deux groupes, « Sexe crime » et « Big Love », avec une personne se présentant sous le pseudo de « Zéro pression ». Les groupes comptaient environ 60 membres chacun, selon lui. En six mois, il a déclaré avoir effectué 25 mises en contact à des fins de prostitution et encaissé 60 000 francs CFA. La procureure l’a interpellé directement par rapport à la promotion de la prostitution sur les réseaux sociaux : « Vous changez la forme de la prostitution qu’on connaissait dans certains coins de Ouagadougou ou dans des maisons closes », lui a-t-elle déclaré.
Questionnée, l’une des prévenues pour prostitution par racolage K. D. a confirmé que ces noms ressemblent à ceux des groupes qu’elle a intégrés pour inciter des personnes à avoir des relations sexuelles avec elle moyennant paiement.
Ils ont tous été déclarés coupables et condamnés chacun à une peine d’emprisonnement de trois ans avec sursis et à une amende ferme d’un million de francs CFA.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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