La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a animé une conférence de presse, pour présenter le bilan de ses activités de contrôle des employeurs en 2025 ainsi que ses perspectives pour 2026, vendredi 5 juin 2026 à Ouagadougou.
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) va renforcer le respect des obligations sociales par les employeurs. A cet effet, elle prévoit de contrôler 16 916 employeurs en 2026, soit une hausse de 10,62 % par rapport à l’année précédente. Cette ambition a été annoncée lors d’une conférence de presse, consacrée au bilan des activités de contrôle des employeurs en 2025 et aux perspectives de l’année 2026, vendredi 5 juin 2026 à Ouagadougou. En 2025, les opérations de contrôle ont permis de déceler plusieurs irrégularités et de recenser des milliers de travailleurs non immatriculés.
Selon la Directrice centrale du recouvrement (DCR), Aminata Somda, les opérations de contrôle conduites en 2025 s’inscrivent dans le cadre du Plan national de contrôle des employeurs 2024-2026. « Elles visent à garantir la pérennité financière du système de sécurité sociale, à assurer l’équité entre les employeurs face aux charges sociales et à renforcer la protection des travailleurs salariés », a-t-elle soutenu.
Elle a indiqué que l’opération spéciale de contrôle des boulangeries, pâtisseries et glaciers, menée en novembre 2025 sur l’ensemble du territoire national avec l’appui des Forces de défense et de sécurité, ainsi que des services déconcentrés de l’Etat, a permis de contrôler 659 employeurs. Sur ce nombre, a-t-elle précisé, 163 d’entre eux étaient des employeurs non connus à la CNSS. « 7 316 travailleurs ont été recensés au cours de cette opération. Parmi eux, 4 854 n’étaient pas encore immatriculés à la CNSS contre 2 462 déjà enregistrés », a-t-elle relevé.
Evoquant le contrôle de la carte d’affiliation des transporteurs routiers, Mme Somda a souligné que les opérations réalisées en juin et en décembre 2025 ont permis de contrôler 3 192 employeurs et d’immatriculer 1 230 nouveaux travailleurs. Elles ont également abouti au traitement de 903 bulletins d’entrée et de 256 bulletins de sortie. Elle a poursuivi que ces opérations ont conduit à la saisie de 1 733 documents et à la mise en fourrière de 96 véhicules.
Se conformer à la réglementation
La directrice centrale du recouvrement, Aminata Somda, a souligné que des opérations spéciales de contrôle en 2026 vont concerner plusieurs secteurs d’activités.
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Pour elle, malgré les résultats enregistrés, plusieurs irrégularités continuent d’être constatées, lors des missions de contrôle. Il s’agit notamment de la non-affiliation des employeurs, de la non-immatriculation des travailleurs, de la sous-déclaration des salaires, du non-paiement des cotisations sociales ainsi que de la non-production des bordereaux nominatifs des travailleurs salariés et des déclarations récapitulatives de salaires.
La DCR a rappelé que les employeurs sont tenus de s’affilier au régime de sécurité sociale, de déclarer leurs travailleurs, de produire les documents sociaux requis et de verser régulièrement les cotisations dues. « Le non-respect de ces obligations expose les contrevenants à des sanctions administratives, civiles et pénales prévues par les textes en vigueur », a-t-elle lancé.
Abordant les perspectives, Mme Somda a ajouté que le plan national de contrôle de la CNSS prévoit non seulement d’accroître le nombre d’employeurs à contrôler, mais aussi d’étendre les opérations à de nouveaux secteurs d’activité. Les contrôles viseront notamment les entreprises des secteurs de l’information et de la communication, les auto-écoles, les moto-écoles ainsi que les sociétés de production d’eau minérale, identifiées comme des secteurs employant un nombre important de travailleurs salariés, a-t-elle cité.
Le directeur général de la CNSS, Herman Yacouba Nacambo, a souligné que les opérations de contrôle constituent un levier essentiel pour garantir l’application de la législation sociale et préserver les droits des travailleurs. Selon lui, elles contribuent également à renforcer la pérennité financière du système de sécurité sociale tout en favorisant l’extension de la couverture sociale au Burkina Faso.
Il a salué les employeurs qui respectent leurs obligations sociales et invité ceux qui ne sont pas encore en conformité à régulariser leur situation. « Les cotisations sociales ne doivent pas être perçues comme une charge, mais comme un investissement dans la protection et la valorisation du capital humain de l’entreprise », a conclu M. Nacambo.
Abdoulaye BALBONE
Fatimata ZOUNGRANA
(Stagiaire)
