Prix du jeune inventeur du Faso : BF1 ouvre une vitrine nationale au génie créatif de la jeunesse

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Le Burkina Faso regorge de jeunes capables de créer des solutions aux défis du quotidien. Pourtant, nombre de ces inventions restent confinées dans des ateliers, des cours familiales ou des salles de classe, faute de visibilité et d’accompagnement. Pour faire émerger ces talents, la télévision BF1 a officiellement lancé, ce samedi 18 juillet 2026 à Ouagadougou, le « Prix du jeune inventeur du Faso ». Cette compétition réunira 300 jeunes inventeurs venus des 17 régions du pays, avec l’ambition de transformer leurs idées en projets à fort impact.

Ils sont lycéens, étudiants, autodidactes ou jeunes entrepreneurs. Ils imaginent des solutions pour améliorer l’agriculture, la santé, la sécurité, le numérique, l’intelligence artificielle ou encore les transports. Désormais, leurs innovations auront une scène nationale. Avec le lancement officiel du Prix du jeune inventeur du Faso, BF1 entend faire de la télévision un levier de valorisation du savoir-faire technologique burkinabè. Pour le directeur général de BF1, Issouf Saré, cette initiative s’inscrit dans la volonté de la chaîne d’aller au-delà de sa mission d’information.

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« BF1 essaie d’être une chaîne de télévision qui ait un point d’impact social. Nous essayons de le faire au-delà de la télévision pour justifier notre utilité dans notre contexte social », a-t-il expliqué. Selon lui, les journalistes de la chaîne rencontrent régulièrement de jeunes inventeurs lors de leurs reportages. Des profils talentueux qui développent des solutions innovantes, mais qui restent souvent inconnus du grand public. « Nous nous rendons compte que le Burkina Faso, pour ce qui concerne l’invention et la technologie, dispose d’un potentiel qui n’est pas toujours exhibé, qui n’est pas toujours connu. À travers ce projet, nous voulons permettre non seulement au Burkina Faso, mais aussi à l’Afrique et au monde entier, de découvrir ce qui se fait chez nous », a indiqué le directeur général.

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« Ce programme n’est pas qu’un divertissement. C’est une tribune, un incubateur télévisuel conçu pour mettre en lumière le génie, l’audace et la créativité de notre jeunesse », a déclaré le directeur général de BF1, Issouf Saré.

Des projets qui ne doivent plus dormir dans les tiroirs

Pour BF1, le concours ambitionne de jouer le rôle de passerelle entre les inventeurs et les acteurs capables de les accompagner. « Nous avons dans les tiroirs de très bons projets. Nous avons dans les cours et dans les maisons des jeunes qui font des choses merveilleuses. L’objectif est de permettre à ces porteurs de projets de rencontrer des investisseurs, des partenaires techniques ou encore des experts qui pourront les aider à améliorer leurs inventions », a poursuivi Issouf Saré.

Au-delà de la compétition télévisée, le responsable de BF1 insiste sur la dimension économique du projet. « Le souhait est que, d’ici quelques années, des Burkinabè utilisent dans leur quotidien des solutions Made in Burkina Faso, capables même d’être exportées à l’international. » Le concours s’étendra sur six à huit mois. Parmi les 300 candidats inscrits, une première sélection permettra de retenir 100 projets, puis 50, vingt, dix, avant une grande finale réunissant cinq inventeurs.

Les innovations en compétition couvrent plusieurs domaines stratégiques : agriculture, santé, sécurité, intelligence artificielle, numérique, énergie et mobilité. Le lauréat remportera un premier prix de 10 millions de francs CFA, offert par le partenaire Essakane IAM Gold. D’autres récompenses viendront s’ajouter au fil de la compétition. Toutefois, pour les organisateurs, la véritable valeur du concours réside ailleurs.

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Élise Kaba a représenté la ministre de la Transition digitale au lancement.

« Ce n’est pas tant le prix financier qui compte. C’est surtout l’accompagnement. Nous voulons être un révélateur de talents avant que les structures spécialisées prennent le relais pour permettre à ces jeunes d’aller jusqu’au bout de leurs projets », a insisté Issouf Saré.

Le jury privilégiera les solutions concrètes

Avant le début des auditions, Seyni Ganemtoré, entrepreneur, fondateur de la fintech Watigué, et membre du comité technique, a livré aux candidats les attentes du jury : « Une petite machine qui fonctionne vaut mieux que dix beaux discours. Le jour de l’audition, apportez quelque chose que l’on peut voir, toucher et tester. La preuve, pas le discours. » L’entrepreneur a ensuite invité les participants à maîtriser les données économiques de leurs projets. « Dites-nous combien cela coûte, combien cela rapporte et combien de personnes seront touchées. Un inventeur qui connaît ses chiffres inspire davantage confiance. »

Autre recommandation faite, c’est d’éviter de présenter plusieurs idées à la fois. « Beaucoup de jeunes ont trois projets en même temps. Choisissez-en un seul, celui que vous pouvez réaliser dans les douze prochains mois. » Pour lui, le jury ne recherche pas un projet parfait, mais des inventeurs conscients de leurs forces et de leurs limites. « Soyez francs. Dites-nous exactement où vous en êtes. L’honnêteté est une compétence essentielle de l’entrepreneur », a déclaré Seyni Ganemtoré, qui invite les jeunes à rompre avec le mythe de l’inventeur solitaire.

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Fatoumata Diabaté est candidate au Prix du jeune inventeur du Faso.

« Les projets les plus solides sont ceux où les compétences se complètent. Un technicien, un commercial, un développeur, un agronome… Regardez autour de vous, votre futur associé est peut-être assis juste à côté. » Les candidatures seront évaluées selon six critères : l’innovation, la pertinence par rapport aux réalités locales, la faisabilité, l’impact, la qualité de la présentation et le potentiel de développement. « Chaque critère répond à une seule question : ce projet peut-il vivre ici, chez nous, et grandir ? », a résumé le membre du comité technique. Pour lui, chaque invention représente également un acte de souveraineté.

Présente à cette cérémonie, Élise Kaba, qui a représenté la ministre de la Transition digitale, a salué l’initiative de BF1. « Nous sommes venus féliciter et apporter notre soutien à BF1 pour cette belle initiative qu’est le lancement de ce concours des jeunes inventeurs du Faso, tout en encourageant les jeunes inventeurs. »
Le directeur général de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et des innovations (ANVAR) était également représenté par Gervais Philippe Compaoré. Ce dernier a traduit l’engagement de la structure partenaire à accompagner la promotion de l’innovation nationale.

Des jeunes déjà convaincus de l’utilité de leurs projets

Dans la salle, plusieurs candidats affichent déjà une grande confiance. Étudiante en deuxième année de classe préparatoire aux grandes écoles en mathématiques, physique, informatique et sciences de l’ingénieur, Fatoumata Diabaté espère proposer une solution aux problèmes de délestage. « Je cherchais un hackathon pour présenter mon projet lorsque j’ai découvert ce concours de BF1. Mon projet concerne les coupures d’électricité. Il vise à apporter une solution qui pourrait aider la Sonabel à réduire les délestages. Je pense sincèrement que cette innovation peut être utile au Burkina Faso et j’ai confiance en mes chances d’être présélectionnée », confie-t-elle.

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Wendkuni Yaméogo, candidat, est élève en classe de première D.

Même enthousiasme chez Wendkuni Yaméogo, élève en classe de première. Passionné de bricolage, il travaille sur une innovation destinée à rendre certains moyens de déplacement plus accessibles et davantage automatisés. « J’aime bricoler. En réfléchissant à des solutions pratiques, j’ai imaginé ce projet avant même de découvrir le concours de BF1. Aujourd’hui, c’est une opportunité de le présenter et, je l’espère, de le développer », explique le jeune inventeur.

À travers cette première édition, BF1 ne souhaite pas seulement produire une émission de télévision. La chaîne ambitionne de créer un rendez-vous capable de connecter les inventeurs, les investisseurs, les structures d’accompagnement et les décideurs autour d’un même objectif : transformer les idées en solutions concrètes au service du développement.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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