
La campagne de communication en faveur de la promotion de la scolarisation et du maintien des filles à l’école dans la région de Bankui s’achève sur une note globalement positive. Mobilisation des communautés, implication des leaders coutumiers et religieux, activités de sensibilisation et prestations sanitaires… Les résultats sont jugés satisfaisants par Mme Aminata Guigma, point focal de la communication pour le changement social et comportemental au titre de la composante 1 du projet « Autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne plus » (SWEDD+). Elle a dressé un bilan de la campagne, ce jeudi 23 avril 2026 dans la commune de Pâ.
Nous sommes actuellement vers la fin de la campagne dans la région. Quel bilan peut-on en retenir ?
Merci pour la question. À ce jour, nous pouvons dire que le bilan est globalement positif. Nous avons procédé au lancement le 18 dans la salle polyvalente de Dédougou, qui était archicomble, preuve que la cible visée a été fortement mobilisée. Le message est donc bien passé.
Après le lancement, nous avons déroulé des activités dans la ville de Dédougou, Tchériba, Boromo, et nous sommes à présent à Pa pour la clôture en ce qui concerne la région de Bankui.
À ce jour, nous avons effectué des visites auprès des autorités administratives et coutumières, auprès desquelles nous avons obtenu des engagements. Nous avons organisé une série de quatre plaidoyers, dont certains spécifiques, notamment auprès du chef de canton de Dédougou. Ces plaidoyers ont regroupé au minimum 40 leaders coutumiers et religieux dans chaque localité.

Ainsi, nous pouvons estimer qu’au moins 160 leaders coutumiers et religieux ont été touchés à travers ces activités, conduites avec l’appui de l’Union des religieux et des coutumiers du Burkina Faso pour la santé et le développement (URCB/SD).
Par ailleurs, des causeries éducatives ont été menées avec des cibles bien sélectionnées, notamment les élèves et les parents d’élèves. Concernant les élèves, il est difficile de déterminer avec précision le nombre de bénéficiaires, mais ils sont nombreux à avoir profité de ces échanges et des conseils avisés.
Nous avons également organisé des représentations de théâtre-forum, très bien exécutées par des acteurs compétents. Toutefois, la mobilisation à ce niveau n’a pas été aussi forte que souhaitée. Nous comptons améliorer cet aspect lors de la prochaine étape dans la région du Nakambé.

En outre, nous avons effectué des visites dans les établissements scolaires, ainsi qu’auprès des responsables régionaux de l’enseignement secondaire. Ces derniers ont exprimé leur satisfaction et leur engagement à poursuivre les actions avec l’appui du projet SWEDD+, notamment pour le maintien des filles à l’école.
Les médias ont également joué un rôle important en relayant les activités. Ils ont recueilli des témoignages auprès des élèves, des encadreurs et des communautés, contribuant ainsi à la visibilité des actions menées sur le terrain.
En ce qui concerne les prestations de santé de la reproduction, elles ont été organisées dans les formations sanitaires de chaque localité. Elles ont porté principalement sur le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus, de l’hépatite (B et C), du VIH, ainsi que sur des séances de sensibilisation.
Dans certaines localités comme Dédougou, les intrants ont été suffisants pour la journée, avec même des restes permettant la poursuite des activités. À Dédougou, plus d’une centaine de femmes ont été enregistrées. À Tchériba, plus de 70 personnes avaient déjà été prises en charge au moment du départ de l’équipe. À Boromo, l’affluence a été telle que certaines personnes n’ont pas pu être servies, les intrants, notamment pour le VIH, étant épuisés avant midi. Cela témoigne d’un fort engouement des populations. Au regard de ces résultats, nous pouvons nous dire satisfaits des acquis sur le terrain.

Cependant, certaines difficultés ont été relevées, notamment par les élèves, qui ont évoqué le manque d’infrastructures d’hygiène, en particulier les toilettes adaptées pour la gestion de l’hygiène menstruelle. Quelle réponse le projet va-t-il apporter à ces préoccupations ?
Le projet apporte un appui ciblé à des filles dans certains établissements scolaires à travers le Burkina Faso. Dans la région de Bankui, au moins cinq établissements bénéficient de cet accompagnement.
Ces appuis comprennent notamment une bourse scolaire pour les filles vulnérables accompagnée d’un vélo pour faciliter l’accès à l’école, d’une aide au logement pour celles qui vivent loin des établissements. On peut ajouter le kit scolaire qui est acheté par le projet, ainsi qu’un kit d’hygiène menstruelle. Ces contributions du SWEDD+ contribuent significativement au maintien des filles dans le système éducatif.
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Qu’est-ce qui se passe dans les établissements de la région de Bankui qui n’ont pas eu la chance d’être sélectionnés ?
À toute chose, il faut un début. On commence par peu et au fur et à mesure, on étend les actions en fonction de l’engouement, des résultats et aussi de la conviction personnelle de la cible. Le choix des zones d’intervention repose sur des critères précis, notamment des indicateurs éducatifs en deçà de la moyenne nationale.
Ainsi, le projet SWEDD+ ne prétend pas prendre tous les établissements du Burkina Faso où se trouvent des filles, mais il veut faire le maximum. Et à ses établissements, bien sûr, il y aura d’autres aides au fur et à mesure que nous avançons.

Le projet SWEDD+ est un projet multisectoriel impliquant plusieurs ministères, notamment ceux de la Santé, de l’Enseignement secondaire, de la Famille et de la Jeunesse. Qu’est-ce qui est fait pour éviter que chacun n’empiète sur les prérogatives des autres ?
Au niveau national, au Burkina Faso, le projet SWEDD+ est mis en œuvre en partenariat avec quatre ministères.
Au niveau du ministère de la Santé, plusieurs sous-composantes sont impliquées, notamment la communication et la distribution communautaire. Ce ministère s’occupe essentiellement de l’approvisionnement en médicaments, de leur distribution, ainsi que des activités de sensibilisation menées par la direction de la santé de la famille sur le terrain, auprès des femmes enceintes, des femmes allaitantes, des enfants et des jeunes.
Au sein du ministère en charge des Enseignements, il existe un sous-projet axé sur la scolarisation, le maintien et la réussite des filles à l’école. C’est ce sous-projet qui nous accompagne dans cette campagne.
Le ministère en charge de la Famille et de la Solidarité regroupe également plusieurs sous-projets. Il s’agit notamment du sous-projet de lutte contre le mariage d’enfants et du sous-projet de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). À cela s’ajoute le sous-projet « Entreprendre au féminin ». Bien qu’il y ait eu une réorganisation institutionnelle (avec la disparition du ministère en charge du Genre en tant qu’entité distincte), ce sous-projet est maintenu. Ainsi, ce ministère compte au total trois sous-projets impliqués dans la mise en œuvre.

Par ailleurs, le ministère de la Jeunesse et de l’Emploi intervient à travers le volet insertion socioprofessionnelle des jeunes, avec un accent particulier sur les filles.
S’agissant de la coordination, notamment en matière de communication, le lead est assuré par le ministère de la Santé, à travers la Direction de l’hygiène publique et de l’éducation pour la santé. Toute activité de communication liée aux différents sous-projets au niveau national est portée par ce ministère, afin d’assurer la cohérence et la synergie des actions. Ce dispositif organisationnel est prévu depuis la conception du projet par les autorités.
La campagne tire à sa fin dans la région de Bankui et se poursuit dans le Nakambé. Quelle sera la suite après ces 13 jours d’activités ?
Après cette campagne de communication, une évaluation sera réalisée afin de mesurer son impact au sein des communautés. Les résultats permettront d’identifier les actions à renforcer, les localités à cibler et les stratégies à ajuster. Il ne s’agit pas d’une campagne ponctuelle, mais d’un processus évolutif basé sur l’amélioration continue.
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Propos recueillis par Fredo Bassolé
Lefaso.net
