
Le célèbre danseur et chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly a défendu une vision panafricaine de la création artistique dans un entretien accordé à Lefaso.net, en marge de la 14e édition du Marché des arts africains et du spectacle d’Abidjan.
« Je me considère Africain, je ne vais pas me limiter aux frontières que les autres nous ont fixées », a martelé l’artiste juste après la présentation de son spectacle à succès : « C’ la vie ».
Dans son spectacle, près de sept nationalités d’origines se partagent la scène. À travers « C’ la vie », Serge Aimé Coulibaly dit proposer « une lecture satirique de nos sociétés contemporaines ».

Entre les traditions africaines et les réalités actuelles, le spectacle interroge les contradictions d’un monde qu’il juge « marqué par l’individualisme, les intérêts personnels et les crises à répétition ».
Mais au-delà des traditions, l’artiste burkinabè soulève une réflexion sur l’identité. Dans son spectacle, les danseurs n’ont pas de costumes strictement traditionnels.

« La tradition, ce n’est pas le vêtement ; c’est l’action », explique le chorégraphe, qui revendique une approche ancrée dans la réalité des sociétés africaines d’aujourd’hui.
Présent au MASA, qu’il décrit comme un carrefour de rencontres internationales, l’artiste salue un espace qui permet aux créateurs de se croiser et de faire circuler leurs œuvres.
Il appelle toutefois à un meilleur accompagnement des artistes africains, notamment en matière de mobilité, encore largement dépendante de financements extérieurs.
Samira Ouédraogo
Correspondante à Abidjan
Lefaso.net
