L’association Afrique contre le tabac (ACONTA) a lancé, ce 24 avril 2026 à Ouagadougou, le rapport 2025 sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac.
Ce rapport, publié par le Global Center for Good Governance in Tobacco Control (GGTC), classe le Burkina Faso à la 8e place mondiale sur 100 pays et au 3e rang sur 20 en Afrique, avec un score de 39 points sur 100 (score faible signifie faible ingérence). Le document analyse les interactions entre l’industrie du tabac et les pouvoirs publics sur la période allant du 1er avril 2023 au 30 mars 2025.
Pour sa quatrième participation, le Burkina Faso progresse par rapport à 2023, où il occupait la 11e place sur 90 avec un score de 42. En 2021, le pays se classait 40e sur 80 (score de 57). Cette amélioration constante s’explique par une meilleure prévention des conflits d’intérêts et une limitation des interactions inutiles avec les cigarettiers.

Selon les responsables d’ACONTA, ce classement reflète l’engagement ferme du gouvernement pour protéger la santé publique. « Cette année, cette performance témoigne d’une volonté affichée des autorités à protéger la santé publique et, partant, éviter toute forme d’ingérence de l’industrie du tabac dans la mise en œuvre des politiques de lutte antitabac », a déclaré Adama Zango, coordonnateur d’ACONTA.
Notons que la question de l’ingérence s’appuie sur la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), ratifiée par le Burkina Faso en 2006. À ce sujet, le rapport souligne que l’industrie du tabac au Burkina ne participe pas, aux côtés du gouvernement, à la définition ni à la mise en œuvre des politiques de santé publique.
Des vancées concrètes en 2025
En 2025, des avancées majeures ont été enregistrées au Burkina Faso en matière de lutte antitabac. La mesure la plus emblématique reste le décret du 15 avril 2025, signé par le Capitaine Ibrahim Traoré, portant interdiction totale de fumer dans les lieux publics (clos ou ouverts) et les transports en commun, afin de protéger les populations du tabagisme actif et passif.
À cela s’ajoute le décret du 12 mars 2025, qui a durci les règles relatives à l’emballage et à l’étiquetage des produits du tabac. Désormais, les industries ont l’obligation d’apposer des avertissements sanitaires graphiques sur les paquets, ainsi que des stickers sécurisés. Il leur est également formellement interdit de promouvoir leurs produits à travers des parrainages de personnes, d’événements ou d’activités.
Par ailleurs, l’industrie du tabac est désormais exclue des avantages prévus par l’article 27 du Code des investissements. Elle ne peut plus prétendre à des privilèges, des incitations, des exemptions fiscales ou des subventions de la part de l’État.
Des recommandations pour aller plus loin
Les membres d’ACONTA recommandent d’aller encore plus loin. Ils appellent à l’adoption du projet de loi révisée portant lutte contre le tabac au Burkina Faso. L’association souhaite également l’adoption du projet de décret sur la prévention de l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique. Par ailleurs, elle plaide pour la finalisation du processus de mise en œuvre du conditionnement neutre des produits du tabac au « pays des Hommes intègres ».
L’association a également insisté sur la nécessité de doter le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) de moyens humains, matériels et financiers conséquents pour mener à bien ses missions.
« La protection de la santé publique doit primer sur les intérêts commerciaux. Chaque citoyen, chaque institution a un rôle à jouer pour garantir un environnement sain et protéger les générations présentes et futures », a déclaré le coordonnateur d’ACONTA.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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