La Haute Cour du Kenya a rejeté la demande de la communauté rastafarienne visant à obtenir une dérogation autorisant l’usage du cannabis dans le cadre de ses pratiques religieuses.Les juges ont estimé que les requérants n’avaient pas démontré que l’interdiction actuelle portait atteinte à leurs droits constitutionnels, notamment à la liberté de religion.
Dans sa décision, le juge Bahati Mwamuye a rappelé que la législation kényane interdisant la culture, la détention et la consommation de cannabis demeure conforme à la Constitution. Selon lui, toute exception accordée à un groupe religieux doit reposer sur un fondement juridique et constitutionnel solide, ce qui n’a pas été établi dans cette affaire.
Le magistrat a toutefois estimé que la politique nationale en matière de drogues mérite un débat de société plus large, cette question dépassant le seul cadre de la communauté rastafarienne.
À l’issue du verdict, plusieurs membres de la communauté rastafarienne se sont réunis à Freedom Corner, à Nairobi, où ils ont manifesté leur mécontentement par des chants, des percussions et la consommation de cannabis. Certains dénoncent une atteinte à leur liberté de culte et entendent poursuivre leur combat devant la justice.
Au Kenya, la législation prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et une amende d’environ 2 000 dollars pour la consommation ou la possession de cannabis. Les infractions liées au trafic de stupéfiants sont, quant à elles, passibles de peines encore plus lourdes.
Djamila Kambou
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