
Après un atelier-bilan tenu le mercredi 20 mai 2026 à Bobo-Dioulasso, les acteurs de mise en œuvre des programmes OKDB ainsi que leurs partenaires ont poursuivi les activités des journées régionales par une immersion sur le terrain, le jeudi 21 mai 2026. Conduite par le secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane Nacanabo, représentant le gouverneur, la délégation a visité cinq sites bénéficiaires des investissements financés par l’Union européenne dans les domaines de l’éducation, de la sécurité alimentaire et du développement agricole. Une sortie qui a permis aux participants de constater de visu les impacts des actions engagées au profit des populations.
De Noumoudara au quartier Dogona de Bobo-Dioulasso, en passant par le lycée professionnel régional Guimbi Ouattara, l’école primaire publique de Bolibana et le périmètre maraîcher de Tolotama, les différents sites visités témoignent des ambitions portées par les programmes OKDB, mis en œuvre dans plusieurs régions du Burkina Faso avec l’appui financier de l’Union européenne.

C’est sous un soleil clément que la délégation s’est d’abord rendue à Noumoudara, localité située à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Sur place, les visiteurs ont découvert un jardin scolaire aménagé au sein d’une école primaire grâce à l’accompagnement du Programme alimentaire mondial (PAM) et des partenaires des programmes OKDB. Pour le secrétaire général de la région du Guiriko, cette sortie terrain visait à compléter les échanges tenus lors de l’atelier-bilan organisé la veille. « Après les discussions en salle, il était important de venir toucher du doigt les réalités, apprécier la qualité des réalisations et encourager les acteurs », a expliqué Souleymane Nacanabo à l’issue de la visite du dernier site.

Selon lui, les infrastructures et les équipements réalisés contribuent à renforcer la résilience des populations tout en améliorant les conditions d’apprentissage des élèves et les moyens de subsistance des communautés. Au niveau de l’école de Noumoudara, il s’est réjoui de l’impact du jardin scolaire qui contribue à améliorer non seulement la qualité des enseignements, mais également l’état nutritionnel des élèves à travers les cantines scolaires.

Le directeur de l’école de Noumoudara A, Poubidon Dabiré, a souligné l’importance de cet accompagnement pour les élèves et les enseignants. « Les enfants apprennent mieux grâce aux cantines et aux jardins scolaires. Cela améliore leur alimentation et leur permet de rester à l’école », a-t-il laissé entendre. Selon lui, ce partenariat engagé depuis 2024 a profondément transformé le quotidien de l’établissement. « Tout le monde est content, des élèves jusqu’aux enseignants. Nous remercions sincèrement les donateurs pour cet appui qui aide réellement l’école dans tous ses aspects éducatifs », a-t-il ajouté.

Des infrastructures modernes pour l’éducation
La délégation s’est ensuite rendue au lycée professionnel régional Guimbi Ouattara où plusieurs infrastructures modernes ont été réalisées grâce à l’appui de l’Union européenne à travers le projet LuxDev. Parmi les réalisations figurent un bâtiment de quatre salles de classe préfabriquées, une salle informatique entièrement équipée de 36 postes, des installations solaires, des toilettes améliorées pour la gestion hygiénique des menstrues, un forage équipé d’un château d’eau ainsi que divers équipements pédagogiques. Le secrétaire général de la région a particulièrement salué l’innovation portée par les salles de classe préfabriquées. « Ce sont des infrastructures conçues par des Burkinabè et réalisées par des Burkinabè avec le financement de l’Union européenne. Des salles de classes construites en un mois avec une durée de vie d’au moins 100 ans. Pour nous, c’est un véritable exploit », a-t-il affirmé.

Pour le proviseur du lycée professionnel régional Guimbi Ouattara, Séraphin Sawadogo, ces infrastructures arrivent à point nommé pour répondre aux défis liés à l’accroissement des effectifs et à la promotion de l’enseignement technique et professionnel. « Aujourd’hui, nous avons 50 classes et nous sommes obligés de faire des rotations. Certaines classes attendent qu’il n’y ait pas de cours pour pouvoir étudier. Avec ces nouvelles infrastructures, nous allons gagner en qualité de l’éducation et améliorer l’accueil des élèves », a-t-il indiqué.
Le responsable de l’établissement a exprimé sa reconnaissance à l’Union européenne et à LuxDev pour les investissements consentis. Selon lui, les équipements modernes mis à disposition permettront aux apprenants d’acquérir des compétences adaptées aux besoins du marché de l’emploi.

La visite s’est poursuivie à l’école primaire publique de Bolibana qui accueille des élèves déplacés internes. Face à la pression sur les infrastructures scolaires, des salles de classe ont été réalisées également avec l’appui de l’Union européenne afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des enfants. Au-delà des infrastructures, les partenaires soutiennent aussi les cantines scolaires afin de favoriser le maintien des élèves à l’école.

L’agriculture et l’autonomisation des femmes au cœur des actions
Le quatrième site visité se situe dans le village de Léguéma, précisément au hameau de culture de Tolotama. Sur ce périmètre maraîcher, une coopérative féminine développe des activités de production horticole et de cultures maraîchères biologiques. Grâce à l’accompagnement des partenaires du programme OKDB, le site a bénéficié d’aménagements importants, notamment d’un forage à fort débit équipé d’un système solaire pour l’irrigation.
Pour Souleymane Nacanabo, ces investissements permettent aux femmes productrices de disposer de revenus stables afin de subvenir aux besoins de leurs familles et de soutenir la scolarisation de leurs enfants. « C’est un pari gagné », a-t-il estimé, avant d’inviter les bénéficiaires à prendre soin des infrastructures mises à leur disposition afin qu’elles puissent servir aux générations actuelles et futures.

Une satisfaction affichée par l’Union européenne
Chef de coopération à la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Marc Duponcel a exprimé sa satisfaction à l’issue de cette visite de terrain. Selon lui, les cinq sites visités illustrent parfaitement les ambitions du programme OKDB dans des secteurs prioritaires tels que l’éducation, l’agriculture et la sécurité alimentaire. « Nous avons vu des activités très pertinentes et très impactantes. L’agriculture est essentielle pour nourrir les populations et offrir des activités génératrices de revenus, tandis que l’éducation prépare l’avenir du pays », a-t-il déclaré. Pour lui, cette immersion a permis de vérifier concrètement les impacts évoqués lors de l’atelier-bilan. Il a également salué le dynamisme des producteurs et particulièrement celui des coopératives féminines engagées dans la production maraîchère biologique.

Marc Duponcel a insisté sur l’importance du partenariat entre les autorités locales, les opérateurs de mise en œuvre et les bailleurs de fonds. « Quand on travaille main dans la main, on fait des étincelles », a-t-il résumé. Il a par ailleurs appelé à renforcer la durabilité des acquis et à favoriser la vulgarisation des bonnes pratiques afin de multiplier les impacts au-delà des bénéficiaires directs.

Un partenariat “gagnant-gagnant”
Présent au cours de la visite, l’ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, s’est également réjoui des réalisations observées sur le terrain. Selon lui, les projets financés par l’Union européenne produisent des effets à court et à long terme. À court terme, ils soutiennent l’économie nationale à travers l’utilisation d’entreprises et d’expertises burkinabè, générant ainsi des emplois et des revenus pour de nombreuses familles. À long terme, ils contribuent à la formation des jeunes et au développement du capital humain. « La formation et l’éducation sont fortement liées au développement d’un pays », a-t-il rappelé, saluant au passage le travail des enseignants et des encadreurs.

Au terme de cette sortie, les différents acteurs ont unanimement salué la pertinence des investissements réalisés dans le cadre des programmes OKDB. Une initiative qui, au regard des impacts constatés sur le terrain, apparaît comme un levier important de résilience, de développement local et d’amélioration des conditions de vie des populations dans les régions concernées.

Romuald Dofini
Lefaso.net
