Journées diocésaines de la jeunesse de Dédougou : « Nous voulons montrer aux jeunes qu’il est possible d’espérer et de rêver à un avenir meilleur » (Abbé Cyriaque Zerbo)

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Du 23 au 26 juillet 2026, se tiendra à Dédougou la deuxième édition des Journées diocésaines de la jeunesse (JDJ) de Dédougou sous le signe du « Carrefour diocésain de la jeunesse pour la paix et la cohésion sociale ». L’un des acteurs clés de l’organisation de cette activité de rencontres, de formation et de partage qui va se dérouler sous le sceau de l’Église-famille de Dieu à Dédougou est l’aumônier diocésain de la jeunesse, l’abbé Cyriaque Zerbo. Il nous a accordé une interview, ce lundi 22 juin 2026, dans laquelle il expose, entre autres, les objectifs visés par ces journées, les activités au programme et notamment le rôle fédérateur avec les différentes confessions qui y sont conviées. Lisez !

Lefaso.net : Monsieur l’abbé, le diocèse de Dédougou s’apprête à accueillir les Journées diocésaines de la jeunesse (JDJ) courant juillet 2026. À quelques semaines de cet important rendez-vous, pouvez-vous nous parler de l’événement et des préparatifs en cours ?

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Abbé Cyriaque Zerbo : Oui, effectivement, nous nous apprêtons à cela. Parce qu’il convient que nous puissions parler de ces activités, de donner les orientations, de donner les activités que nous aurons à vivre au cours de ces journées et de voir les perspectives pour la suite.

Cette édition des JDJ est placée sous le signe du « Carrefour diocésain de la jeunesse pour la paix et la cohésion sociale ». Pourquoi avoir choisi cette orientation ?

Cette orientation dénote déjà de la situation sécuritaire que nous traversons, que notre diocèse traverse, ou du moins que notre pays traverse. Nous avons eu des exactions, il y a eu des tueries, il y a eu des pillages, il y a eu des vols, etc. Donc on voit que ce tissu social a été un peu corrompu. Et voilà pourquoi nous choisissons ce thème, pour voir comment il faut travailler pour préparer les cœurs et les esprits, surtout en ce temps de réinstallation de certains villages, à une cohésion sociale et à une paix durable.

Dans quel contexte particulier ces journées sont-elles organisées aujourd’hui dans le diocèse de Dédougou ?

Le contexte, c’est celui de la résilience. C’est une période aujourd’hui où nous voulons montrer aux jeunes qu’il est possible d’espérer d’abord et qu’il est aussi possible de rêver à un avenir meilleur. Tout comme il est aussi possible de faire de leur passé douloureux un tremplin pour une harmonie, une paix et une cohésion saine et durable.

Vous affirmez dans les Termes de référence (TDR) que la jeunesse est à la fois vulnérable et porteuse d’espérance. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la jeunesse du diocèse ?

C’est une jeunesse qui est en quête de repères. Donc une jeunesse qui a besoin de prophètes d’espérance, qui a besoin aussi de soutien. Donc une jeunesse qui veut que nous comptions sur ses possibilités et son engagement à faire mieux, à se donner pour un visage missionnaire, solidaire et fraternel de l’église-famille.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui se sentent parfois découragés face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux ?

Le premier message, c’est de leur dire qu’aucune personne ne viendra construire leur avenir et leur bonheur à leur place. Il faut se battre maintenant. Le deuxième message, c’est d’avoir un esprit critique sur tout ce qui se trouve sur les réseaux sociaux. Qu’ils analysent d’abord avant de s’y engager. Le troisième message, c’est de savoir que la haine et la violence ne construisent pas. Elles mettent en retard et mènent au découragement. Quatrièmement, il faut la prière. C’est une force intérieure qui ouvre à la double dimension de l’homme. C’est-à-dire son esprit et son corps. C’est un socle véritable pour une réussite d’une vie bien vécue et bien pleine.

Quel est l’objectif principal poursuivi à travers ces Journées diocésaines de la jeunesse ?

L’objectif, c’est d’avoir une jeunesse responsable et engagée, une jeunesse équilibrée. C’est de dire à la jeunesse qu’elle a une place de choix dans l’église. Elle doit y reprendre sa place et jouer son rôle. L’église est cette mère et cette enseignante qui propose un chemin qui va du vendredi saint, c’est-à-dire de notre quotidien avec les hauts et les bas, aux dimanches de Pâques, donc la résurrection, c’est-à-dire la victoire sur nos difficultés.

Concrètement, qu’attendez-vous des jeunes à l’issue de ces quatre jours de formation et de rencontres ?

Nous voulons des jeunes intègres, loyaux. Des jeunes sur qui l’église et la société peuvent compter.

Comment ces JDJ peuvent-elles contribuer à promouvoir la paix et le vivre-ensemble dans nos communautés ?

Je me dis d’abord que cela viendra des formations qui seront données, car ce sont des personnes ressources que nous avons choisies pour la cause. Des gens qui vivent ce qu’ils enseignent, des formateurs pétris d’expériences et de connaissances. En cinq thèmes de formation, nous allons résumer ce qu’il faut à la jeunesse pour la paix et le vivre-ensemble dans les communautés. Ensuite, la rencontre avec les autres jeunes sera un tremplin pour un dialogue et une connaissance mutuelle. Enfin, les moments de prière seront des temps forts où nous confierons tous les jeunes, sans distinction, au Seigneur pour un Burkina paisible et heureux.

La question de l’auto-employabilité figure parmi les priorités de cette édition. Pourquoi ce choix ?

Le choix est d’abord provocateur, car nous voulons provoquer l’orgueil de tous ces jeunes découragés et désœuvrés. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de jeunes qui pensent que l’école les a formés pour être des fonctionnaires de bureau. Beaucoup passent le temps en file indienne pour les concours et les examens. Certains s’adonnent à la drogue, au vol, aux arnaques, comme s’il fallait ce chemin pour réussir. Par ce thème, nous voulons encourager les jeunes à ouvrir leur horizon de réussite.

Nous allons les aider à comprendre qu’ils peuvent devenir leur propre boss, qu’ils peuvent réaliser leurs rêves et que le Burkina regorge de beaucoup de potentialités. Il suffit de la créativité, d’une analyse équilibrée de l’évolution de la société. Nous voulons leur faire comprendre qu’il faut travailler pour manger, qu’il faut soumettre la terre et qu’il faut travailler pour ne pas être à la charge de personne.

Le thème biblique retenu est : « Que personne ne te méprise à cause de ta jeunesse ; mais sois l’exemple des fidèles… » (1 Timothée 4,12). Que représente ce passage pour vous et pourquoi est-il pertinent aujourd’hui ?

Ce thème est actuel parce que je pense que ce ne sont pas les cheveux blancs seuls qui font la sagesse ni le nombre d’âge. Chacun à son niveau doit apporter sa pierre pour l’édification du monde. C’est une invitation pour ne pas attendre d’être vieux pour travailler pour la paix et la cohésion. C’est une invite à ne pas attendre que les jeunes soient amortis pour leur confier des responsabilités. Il faut les former, les accompagner. Timothée lui-même s’est laissé former par Saint-Paul avant d’être responsable de communauté.

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Quel appel particulier ce thème adresse-t-il aux jeunes du diocèse ?

Aux jeunes du diocèse, qu’ils acceptent d’abord de se laisser accompagner ou former par l’expérience et la connaissance des aînés. Qu’ils se rendent compte qu’ils ont un devoir envers l’Église et envers la société. Qu’ils s’engagent dans l’église, dans les mouvements de spiritualité, dans les associations catholiques. Qu’ils donnent leur force et leur énergie pour une redynamisation de la pastorale. C’est en cela aussi qu’ils seront formés par ces mouvements et associations chrétiennes pour être responsables dans la vie civile.

Cinq sous-thèmes seront développés durant les JDJ. Pouvez-vous nous présenter brièvement les grands axes de réflexion ?

Au niveau des thèmes retenus, nous pouvons dire que le premier sous-thème, c’est Jeunesse et auto-prise en charge : perspective d’auto-employabilité : Le but est de sensibiliser et former les jeunes à l’esprit d’initiative, à l’entrepreneuriat et à l’auto-emploi comme facteur de stabilité sociale et de prévention de violences. Le deuxième sous-thème, c’est Jeunesse, bâtisseur de paix et cohésion sociale. Le but est d’aider les jeunes à devenir des acteurs de médiation, de cohésion sociale et de prévention des conflits dans leurs communautés. Il y a un troisième sous-thème qui est Jeune, soit modèle pour le renouveau de l’Église dans ton diocèse par ton engagement. Là, c’est pour aider les jeunes à s’impliquer activement dans la vie de l’Église diocésaine en contribuant au dynamisme pastoral et social dans leur paroisse. Un quatrième sous-thème, Jeunesse et citoyenneté.

Nous avons voulu transformer ce thème en disant jeunesse et citoyenneté numérique. C’est faire la promotion d’une citoyenneté responsable, fondée sur le respect du bien commun, des valeurs humaines et des institutions. Et là, nous aurons le temps de développer quelque chose sur le numérique parce que nous savons qu’aujourd’hui, c’est ce qui est en vogue et il faut avertir, il faut prévenir pour pouvoir atteindre des objectifs clairs. Le cinquième sous-point est relatif à la diversité socio-culturelle et de confession : levier de paix et de cohésion. Il s’agit là de créer un cadre d’échanges fraternels et respectueux entre les jeunes permettant de partager des valeurs communes, des expériences de cohésion pacifique et des initiatives en faveur du vivre ensemble.

Parmi les thématiques retenues, laquelle vous semble la plus urgente pour la jeunesse actuelle ?

Avec ces thématiques, je pense que tout est urgent. C’est ce que nous pouvons dire.

Les JDJ ne se limiteront pas aux conférences. Quels types d’activités culturelles, sportives et communautaires sont prévus ?

En plus des conférences, il y aura des activités culturelles et sportives (soirée récréative, marche, aérobic et match de football). Il y aura des temps de prière, de célébration et de partage, des temps de visite de lieu. On pourra peut-être passer chez le chef de canton, visiter l’évêché, passer au gouvernorat, etc. Il y aura aussi des temps de bonne action, comme une contribution à Faso Mêbo que nous pourrons faire. Il est possible que nous puissions faire un don de sang.

Une soirée culturelle est programmée. Quelle place accordez-vous à la culture dans la promotion de la cohésion sociale ?

La culture occupe une place de choix parmi toutes nos activités. Il faut dire que la culture regorge de beaucoup d’éléments pour la cohésion sociale. A travers le théâtre, les chants, les proverbes, les contes, les devinettes, les danses et autres, beaucoup de messages sont véhiculés. Nous pensons qu’à travers cette soirée culturelle, nous serons formés pour être des artisans de la cohésion. Le fait de se rassembler pour une même cause est déjà un pas pour cette cohésion sociale.

Une action citoyenne est également prévue dans la ville de Dédougou. Quel en est l’objectif ?

Disons que le chrétien n’est pas un être désincarné. Il vit dans une cité. Il est citoyen de deux patries : le ciel et la terre. Comme on aime l’entendre dans l’Évangile, « À César, ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu ». Vivant dans une communauté, il convient de prendre part aux actions nobles qui sont mises en place, comme par exemple le « Faso Mêbo ». C’est pour montrer que nous sommes fiers de notre ville, fiers de notre commune, fiers de notre province, fiers de nos régions et fiers de notre pays. Nous aussi, nous sommes prêts à nous sacrifier pour notre pays, même au prix de notre sang, pour la paix, l’harmonie et la cohésion. L’objectif est donc clair : nous appartenons au Burkina Faso et le Burkina Faso nous appartient.

L’une des innovations majeures est l’invitation faite aux jeunes protestants, musulmans et adeptes des religions traditionnelles. Pourquoi ce choix ?

Je dirais que toute religion a pour fondement l’amour. Et si tel est le cas, nous sommes d’abord tous frères et sœurs. Pour les catholiques, si tu dis que tu aimes Dieu que tu ne vois pas et que tu hais ton frère que tu vois, c’est que tu es un menteur. La vérité n’est pas dans ton cœur. Pour nous, l’appartenance religieuse n’est pas un élément de division humaine ou fraternelle. Nous sommes avant tout des frères, des amis. Nous avons un seul Créateur qui nous veut amis du bien, du beau, du bon et du juste. C’est en cela que, pour ces JDJ, nous voulons former famille. De toute façon, avec les jeunes des autres confessions, nous vivons les funérailles, les fêtes, les soirées récréatives et les moments de convivialité ensemble. Nous sommes frères. Et donc, c’est déjà le motif pour que nous puissions les appeler pour qu’ils prennent part à ces activités.

Que peut apporter cette rencontre interreligieuse aux jeunes participants ?

D’abord, des partages d’expériences. Ensuite, penser que la cohésion est possible et que nous pouvons travailler ensemble. Enfin, que nous soyons unis pour être artisans de paix et de cohésion.

Dans un contexte où les divisions peuvent parfois fragiliser les communautés, quel message souhaitez-vous transmettre concernant la tolérance et le respect mutuel ?

Lorsque nous reconnaissons que nous sommes frères, la tolérance et le respect mutuel s’invitent automatiquement dans nos relations. Chacun a sa particularité qu’il faut accepter, respecter et aimer. De toute façon, dans une même famille, surtout au Burkina, on peut trouver les pratiquants de toutes ces religions. Les religions ne nous ont pas divisés ici au Burkina. C’est peut-être d’autres idées importées en plus de la religion. Vivons, frères, et tout ira bien.

Combien de participants attendez-vous cette année et de quelles localités viendront-ils ?

Avec le TRD, nous pensons à 650. Mais avec les communications sur les JDJ, nous pouvons nous préparer à attendre 1000 personnes ou peut-être plus. Et ceux-là, ils viendront de toutes nos paroisses. Nous en avons 14 paroisses actuellement et de nouvelles paroisses qui ont été créées récemment. Donc toutes ces paroisses pourront envoyer des participants. En plus de cela, il faut compter la participation des autres confessions religieuses, comme nous l’avons signifié dans les TDR : notamment les protestants, les musulmans et les adeptes de la religion traditionnelle, afin de pouvoir faire corps ensemble pour réussir cette activité. Nous avons des invitations particulières que nous aurons à adresser à des diocèses voisins et même au Bureau national de la jeunesse, pour leur participation.

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Où seront hébergés les participants et quelles dispositions sont prises pour leur accueil ?

Des sites sont déjà identifiés et des demandes ont été déposées pour pouvoir disposer de ces sites pour héberger nos participants. Au moment venu, nous allons les reconnaître et les citer en même temps que les personnes qui seront sollicitées pour accompagner ou du moins pour accueillir nos hôtes.

La question de la sécurité préoccupe souvent les parents. Quelles mesures ont été prévues pour garantir le bon déroulement de l’événement ?

Des demandes sont et seront faites pour que les corps constitués pour la sécurité nous viennent en aide. Certains ont déjà manifesté leur soutien en acceptant d’être de la partie. Nous ne négligerons pas cet aspect parce que nous savons d’où nous venons et nous connaissons ce que nous vivons. Et comme déjà une partie a déjà manifesté son soutien, j’ai espoir que les autres feront pareil et que tout ira pour le mieux.

Comment les différentes paroisses du diocèse se mobilisent-elles pour la réussite de cette activité ?

Cela est en lien d’abord avec les aumôniers paroissiaux et les sœurs conseillères de la jeunesse. Les deux se donnent la main pour la mobilisation et la formation des jeunes. En plus, il y a dans chaque paroisse un responsable ou un bureau paroissial de la jeunesse. Il y a aussi le bureau diocésain de la jeunesse qui travaille en collaboration avec les bureaux paroissiaux. Nous n’oublions pas le premier jeune de notre diocèse, en la personne de Monseigneur Prosper Bonaventure, qui fait tout pour nous accompagner. Nous nous appuyons sur ces maillons forts afin de ratisser large pour mobiliser les jeunes pour participer à l’activité.

Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels le comité d’organisation est confronté ?

Nous ne voyons principalement qu’un seul défi. C’est le défi financier. Il faut se battre pour pouvoir mobiliser les fonds. Et l’autre défi, c’est la sensibilisation pour que les uns et les autres puissent être convaincus de l’événement et qu’ils puissent aussi participer.

Le budget prévisionnel s’élève à plus de 2,5 millions de francs CFA. Comment comptez-vous mobiliser les ressources nécessaires ?

Nous avons déjà commencé la mobilisation et il faut se dire que c’est en lien d’abord avec le participant. Pour les inscriptions, il y a une somme forfaitaire de 4 000 FCFA qui a été demandée pour le moment à chaque participant. Cette somme pourrait être revue à la baisse si toutefois nous avons d’autres ressources. Des fiches de souscription sont également émises pour solliciter des dons de différentes natures auprès des personnes et des institutions. Il y a aussi des personnes de bonne volonté qui s’engagent à nous accompagner dans cette activité.

Quel appel lancez-vous aux personnes de bonne volonté, aux partenaires et aux anciens du diocèse ?

Ce que nous pouvons dire c’est d’abord d’être convaincus de l’activité. Et une fois convaincus de l’activité, qu’ils puissent seulement se dire qu’en réalité cette activité peut galvaniser la jeunesse. Cette activité peut former des jeunes pour l’église et pour la société. Une fois qu’ils partagent cette conviction, nous leur demandons de nous aider. L’aide peut être au plan financier, moral et spirituel. Nous voudrions qu’ils puissent associer ces trois dimensions-là pour nous soutenir dans notre activité.

Après les JDJ, comment comptez-vous maintenir la dynamique créée auprès des jeunes ?

Nous comptons nous donner la main avec les aumôniers, les sœurs conseillères, le bureau diocésain de la jeunesse et les bureaux paroissiaux des jeunes. Ceux-ci vont nous permettre de faire revivre cet événement et de rappeler les thématiques, de rappeler ce qui a été comme recommandations pour ces JDJ au niveau de la base afin qu’elle soit le témoin visible de l’église. Ces responsables de jeunes seront aussi mis à contribution pour la remontée des informations de la base vers le sommet.

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Les TDR évoquent la mise à disposition de supports pédagogiques et de ressources traduites dans les langues du diocèse. Quel impact attendez-vous de cette démarche ?

D’abord c’est de permettre à tout le monde d’être au courant de ce qui a été vécu. Ce sont des clés USB que nous allons utiliser et il y aura aussi des supports papiers que nous allons donner aux responsables de la jeunesse ou carrément aux aumôniers et aux sœurs conseillères. Il faut se dire que parmi ceux qui vont venir, il y aura des jeunes qui sont dans les villages, il y aura des jeunes qui, à cause de l’insécurité, ne pourront pas effectuer le déplacement. Et donc avec ces supports, chaque paroisse peut revivre cette activité, chaque paroisse peut revivre ces événements pour qu’à la base tout le monde puisse être informé et que cela puisse être profitable pour tout le monde. L’impact, c’est que chaque jeune, où qu’il se trouve, soit engagé pour l’Église et pour la société.

Selon vous, à quoi reconnaîtra-t-on que les JDJ 2026 auront été un succès ?

Je dirai d’abord par la participation, ensuite par l’engagement de ces jeunes au niveau de leur communauté. Si nous voyons que par la suite il y a des jeunes qui sont bien engagés dans les paroisses, si nous voyons qu’il y a des jeunes qui sont bien engagés au niveau civil, si nous voyons qu’il y a des jeunes qui sont engagés pour prendre leur place et leur responsabilité partout où nous avons besoin d’eux, nous pensons que nous avons réussi cette activité. Et nous pourrons dire avec tous les acteurs des JDJ : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta Parole. »

Quel message adressez-vous aux jeunes qui hésitent encore à participer ?

C’est de leur dire d’abord que ce n’est pas la première édition. Il y a eu déjà une première édition en 2021, c’était peut-être le début de l’insécurité, mais qui avait regroupé beaucoup de jeunes à Dédougou. Il faut qu’ils aient de l’engouement. Ces activités peuvent aujourd’hui bien se tenir parce qu’un travail a été fait pour que la paix puisse s’instaurer. Nous n’avons pas négligé le côté sécuritaire. Le déplacement est bien possible pour venir participer à ces activités où ils verront des personnes ressources à leurs côtés. En plus, le fait d’être avec les autres, d’être avec d’autres jeunes, ce sont des possibilités de formation, d’échange, de partage qui pourraient les aider par la suite. Généralement, c’est ce frottement des jeunes-là qui permet aussi d’avoir telle ou telle activité, ou bien de penser à telle activité qu’on pourrait mettre en place.

Quel appel souhaitez-vous lancer à l’ensemble des fidèles, des familles et des autorités pour accompagner cette initiative ?

Les parents doivent comprendre que quand on a un enfant, on ne peut pas tout seul le former. Chacun apporte sa contribution. Et c’est de croire en l’Église, de croire à l’Église-famille de Dieu à Dédougou et de savoir que ce que nous voulons mettre en place, c’est pour le bien-être de l’enfant. Nous rassurons les uns et les autres que tout est mis en ordre pour que tout cela puisse réussir. Nous pensons pouvoir galvaniser les parents pour qu’ils puissent accepter de laisser les enfants venir.

C’est vrai, la somme de 4 000 FCFA comme frais de participation peut paraître élevée, mais si nous pensons au bien-fondé, si nous pensons à la formation que nous allons recevoir, si nous pensons que cela va nous former pour être des citoyens honnêtes demain, et être même des citoyens engagés dans l’Église aussi, je pense qu’il y a mille et une raisons pour que les parents puissent soutenir les enfants dans cette lancée. Quant aux autorités, cette opportunité est une main tendue de l’Église pour les accompagner dans les objectifs visés pour le Burkina. C’est notre contribution à la paix et à la cohésion sociale.

Enfin, quelle est votre espérance personnelle pour cette édition des Journées diocésaines de la jeunesse de Dédougou ?

Nous remettons tout entre les mains de Dieu. Lui seul est le maître du temps et de l’histoire. Qu’il puisse nous accompagner, qu’il puisse nous apporter la paix, qu’il puisse ouvrir les opportunités pour nous, et que ces jeunes qui vont venir puissent venir sains et saufs, et qu’ils puissent aussi retourner sains et saufs. Et une fois à la maison aussi, qu’ils puissent être les relais de tout ce qu’ils ont pu vivre ici.

Et l’espoir aussi, c’est de voir qu’il y aura beaucoup de gens qui pourront nous accompagner dans nos activités, des gens capables de comprendre l’activité, de l’expliquer aux autres, pour qu’ensemble nous puissions nous donner la main, pour que le diocèse de Dédougou puisse avancer, pour que l’Église famille puisse avancer, pour que notre pays aussi puisse avancer. J’espère une bonne participation, une bonne organisation, un bon soutien et une réussite qui impactera chaque vie de jeune ayant participé de près ou de loin à ces activités pour une Église en sortie et un Burkina meilleur sans distinction d’ethnie, de religion ni de localité.

Entretien réalisée par Alphonse Dakuyo
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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