Journée mondiale du cheval : À la rencontre de Madi Dermé et Sidi Mohamed Tarr, deux figures de proue du sport équestre burkinabè

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La Journée mondiale du cheval est célébrée chaque 11 juillet. Créée par l’Organisation des Nations Unies (ONU), elle « célèbre le lien unique entre l’humain et le cheval. C’est l’occasion de reconnaître le rôle historique, culturel et économique des chevaux ». A cette occasion, une équipe de Lefaso.net est allée à la rencontre de deux figures emblématiques du monde équestre burkinabè. Il s’agit de Madi Dermé, éleveur, entraîneur de chevaux et membre de la Fédération burkinabè des sports équestres, et Sidi Mohamed Tarr, ancien jockey aux multiples titres. Héritage familial, souvenirs de victoires, défis du secteur et espoirs pour l’avenir, les deux hommes racontent une passion qui rythme leur quotidien.

Si les courses hippiques drainent de milliers de personnes lors des compétitions, notamment, celles organisées par la Fédération burkinabè des sports équestres, c’est parce que d’autres personnes, dans l’ombre, œuvrent pour la réussite de ces événements. De l’élevage à l’entraînement des chevaux en passant par les jockeys, rien n’est laissé au hasard, c’est une chaîne qui permet au monde équestre de vivre.

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Madi Dermé, est l’un de ces hommes pour qui l’élevage et l’entraînement n’ont plus de secret. Pour lui, le cheval est bien plus qu’un animal, il est un héritage transmis de génération en génération. « Je suis né dans une grande famille où l’on élevait beaucoup de chevaux. Chez nous, le cheval fait partie de notre histoire, tout comme le travail du bronze. J’ai grandi avec eux et cette passion ne m’a jamais quitté », raconte-t-il.

Cette passion est devenue une véritable vocation lorsqu’il acquiert son premier cheval en 1998. Depuis lors, il consacre sa vie à l’élevage, à l’entraînement et désormais à la reproduction des chevaux. Aujourd’hui, il possède quatre chevaux et nourrit l’ambition de développer une lignée de chevaux nés au Burkina Faso.
À l’entendre, élever un cheval exige un engagement total. « Il faut aimer le cheval. Il faut le nourrir, le soigner, parfois aller chercher soi-même de l’herbe pour lui. C’est un travail de tous les jours. Si tu ne veux pas être son esclave, tu ne peux pas l’entretenir », lance-t-il.

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Pour Madi Dermé, le cheval est bien plus qu’un animal, il est un héritage transmis de génération en génération

Parmi les nombreux chevaux qui ont marqué son parcours, le cheval « Samnaaba » reste gravé dans sa mémoire. « Je l’ai acheté alors qu’il n’était encore qu’un poulain. Je l’ai nourri, éduqué et il est devenu un grand champion. Aujourd’hui encore, beaucoup de personnes m’appellent Samnaaba dans le milieu du cheval. C’est une immense fierté », se réjouit-il.

Chaque cheval porte un nom choisi selon son caractère. Son champion actuel, baptisé “Gandaogo national”, détenteur de plusieurs prix, impressionne par sa puissance et son tempérament dominateur. Un autre, « Sidnonman », lui a été offert par un ami français, Julien Lombardi, en cadeau pour son enfant.

Les infrastructures, principale difficulté du monde équestre burkinabè

Tout comme les autres sports au Burkina Faso, le véritable problème du sport équestre burkinabè, ce sont les infrastructures. Malgré son attachement au monde équestre, Madi Dermé déplore les difficultés auxquelles font face les propriétaires de chevaux au Burkina Faso.

Selon lui, l’hippodrome ne répond plus aux normes nécessaires à la pratique des courses. « Aujourd’hui, notre hippodrome n’est plus comme avant. La piste est devenue très dure. Même les étrangers qui viennent disent que c’est un véritable cimetière pour les chevaux. Cela ne donne pas une bonne image de notre pays alors que le cheval est pourtant notre emblème », regrette-t-il.

Il appelle donc à des investissements pour moderniser les infrastructures et offrir de meilleures conditions aux chevaux comme aux professionnels du secteur.
Au-delà du sport, il estime que le développement de la filière pourrait constituer une véritable source d’emplois. « Le cheval fait vivre beaucoup de personnes dont les jockeys, les entraîneurs, les palefreniers, les vétérinaires, mais aussi les cultivateurs qui produisent l’alimentation. Si la filière est bien structurée, elle peut créer beaucoup d’emplois pour les jeunes », assure-t-il.

Transmettre le savoir aux nouvelles générations

Conscient de la richesse de cet héritage, Madi Dermé s’attache aujourd’hui à transmettre son savoir. Il forme ses enfants à l’entretien des chevaux et accompagne également les personnes qui souhaitent apprendre. « J’ai été formé par mes grands-parents et je veux que cette tradition continue. Si quelqu’un vient me voir parce que son cheval est malade ou parce qu’il veut apprendre, je partage volontiers mes connaissances. J’utilise même des produits traditionnels pour soigner certaines maladies des chevaux et leurs problèmes de pieds », a-t-il déclaré.

À ceux qui souhaitent s’y lancer, il leur conseille d’abord d’aimer véritablement le cheval. « Quand on aime vraiment cet animal, tout le reste vient naturellement. Le cheval reconnaît son propriétaire lorsqu’il reçoit de l’attention et de l’affection », souligne-t-il.

Le jockey, métier aussi passionnant que risqué

Autre passionné du sport équestre rencontré par Lefaso.net, Sidi Mohamed Tarr revient avec émotions sur ses débuts dans les courses hippiques. Enfant, il suivait discrètement les chevaux jusqu’à l’hippodrome, sans oser les approcher. « Je les regardais passer dans le quartier et je les suivais jusqu’à l’hippodrome. Au début, j’avais peur des chevaux. Puis, j’ai commencé à apprendre avec les anciens de la famille Dermé. Un jour, on m’a simplement installé sur un cheval et, pour ma première course, je suis arrivé premier. C’est ainsi que tout a commencé, vers la fin de l’année 1987 », se remémore-t-il.

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L’histoire du Jockey Sidi Mohamed Tarr a commencé en 1987

Au fil de sa carrière, il remporte un nombre impressionnant de courses, au point de ne plus pouvoir les compter. Il garde également le souvenir d’une compétition disputée au Mali, en 2006, avec son cheval AlHamdou.

Mais le métier de jockey comporte aussi des risques. Il se rappelle avoir été agressé deux à trois reprises par un cheval particulièrement nerveux. « Un jour, pendant que je lui donnais à manger, je me suis tourné et il m’a mordu dans le dos. C’était un cheval très agressif », se souvient-t-il.

Préserver un patrimoine national vivant

Le cheval occupe une place particulière dans l’histoire et l’identité du Burkina Faso. Héritage des royaumes et emblème national, il demeure un patrimoine vivant que les passionnés souhaitent voir davantage valorisé. « Mon souhait est que les sports équestres se développent véritablement au Burkina Faso. Le cheval peut créer de nombreux emplois et contribuer au développement de l’économie. Il mérite d’être mieux considéré et de retrouver toute sa place dans notre société », a conclu Madi Dermé.

Hanifa Koussoubé / Anita Zongo
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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