La 3e et dernière cohorte de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A) a effectué sa sortie de promotion, le vendredi 5 juin 2026, à l’Ecole nationale de formation agricole (ENAFA) de Matourkou, à Bobo-Dioulasso. Avec ces 3 000 nouveaux entrepreneurs agricoles formés, l’objectif initial de 8 000 jeunes outillés en un an est désormais atteint.
3 000 jeunes nouveaux jeunes volontaires ont officiellement achevé leur formation d’entrepreneuriat agricole. La cérémonie de sortie de cette 3e et dernière cohorte s’est tenue, le vendredi 5 juin 2026, à l’ENAFA de Matourkou à Bobo-Dioulasso. Recrutés dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A) dans plusieurs communes, ces 3 000 volontaires âgés de 18 à 40 ans viennent porter à 8 000 le nombre total de jeunes formés depuis le lancement de la formation, le 4 mars 2025. Au total, l’ENAFA de Matourkou a accueilli 1 975 d’entre eux au fil des trois cohortes successives.
Selon le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Gaoussou Sanou, représentant le ministre chargé de l’Agriculture, cette initiative traduit une vision nationale de placer l’autosuffisance alimentaire au cœur des priorités du Burkina Faso. « Après la guerre pour la reconquête du territoire, la liberté du Burkinabè doit résider aussi dans sa dignité. Celle de manger à sa faim », a-t-il déclaré. Le parcours de formation de ces jeunes, d’une durée minimale de 70 jours, a couvert 13 modules techniques. Les apprenants ont été formés en production végétale, en fertilité des sols, en céréaliculture, en maraîchage ainsi qu’en production animale, incluant l’aviculture et la pisciculture.
La transformation agroalimentaire a également fait partie du cursus, avec la fabrication de confitures, purées, conserves et pâte d’arachide. La production de bio-intrants, compost et biopesticides, a complété cette formation pour ancrer les pratiques dans une agriculture moderne et durable. Avant le volet technique, les recrues ont suivi une formation en civisme et patriotisme pour, selon le coordonnateur technique de l’IP-P3A, Inoussa Ouédraogo, « changer de paradigme » et faire de l’agriculture un métier valorisant et non « un sot métier ».
Des terres et des intrants pour passer à l’action
Pour ne pas former et laisser pour compte, un dispositif d’accompagnement complet a été mis en place. A en croire le coordonnateur national, 4 335 hectares ont été mobilisés dans les communes pour l’installation des jeunes. « Les aménagements ont déjà débuté sur plus de 1 000 hectares, chaque groupe bénéficiant de 2 hectares grillagés équipés de deux forages pour des cultures de saison sèche », a-t-il indiqué. Selon lui, l’objectif final est d’atteindre 123 000 hectares aménagés.
Des kits ont également été remis aux 335 groupes en cours de formalisation en coopératives. Ces dotations comprennent 127 569 kg de semences de maïs, riz, arachide et gombo, 867 450 kg d’engrais, 548 pulvérisateurs, 274 semoirs manuels, 548 bâches et 335 tricycles. A terme, les coopératives pourront accéder, sous forme de prêts, à des tracteurs et des motoculteurs solaires. Le coordonnateur technique de l’IP-P3A a exhorté les sortants à devenir des « entrepreneurs agricoles modèles » capables de transformer chaque hectare en un front de lutte contre l’insécurité alimentaire.
Le directeur général de l’ENAFA, Dr Issa Wonni, a, quant à lui, salué le professionnalisme des formateurs et la rigueur des apprenants, qui ont permis de relever un défi logistique inédit. Par la voix de leur délégué, Laurent Meda, les jeunes entrepreneurs se sont engagés à appliquer les techniques de conservation des eaux et des sols pour préserver la fertilité de leurs exploitations. Ces nouveaux acteurs sont désormais attendus dans leurs localités respectives pour le début de la campagne hivernale 2026-2027.
Noufou NEBIE
Amadou OUEDRAOGO
(Stagiaire)
