
L’ambassadeur de la République islamique d’Iran au Burkina Faso, Mojtaba Faghihi, a animé une conférence de presse ce jeudi 30 avril 2026 à Ouagadougou. Le diplomate iranien a longuement abordé la situation sécuritaire et politique de son pays, les relations bilatérales entre l’Iran et le Burkina Faso, ainsi que le soutien de Téhéran aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Face aux journalistes, Mojtaba Faghihi a dénoncé ce qu’il qualifie de « guerre d’agression » menée par les États-Unis et Israël contre son pays, tout en saluant les orientations politiques des autorités burkinabè.
Structurant son intervention autour de trois axes majeurs, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran au Burkina Faso a d’abord évoqué la situation née des attaques qu’il attribue aux États-Unis et à Israël contre l’Iran. Selon lui, les événements ont débuté le 28 février 2026, alors que des négociations étaient en cours entre Téhéran et Washington en vue d’un règlement pacifique de leurs différends. Il affirme que des frappes aériennes ont visé le gouvernement iranien ainsi que plusieurs infrastructures civiles, économiques et sociales. Le diplomate a notamment évoqué l’assassinat du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que plusieurs membres de sa famille et de hauts responsables militaires iraniens.

L’ambassadeur iranien a également dénoncé le bombardement de l’école de filles Shajarch Tayyibé dans la ville portuaire de Minab, au sud de l’Iran. Selon ses déclarations, deux missiles de croisière auraient frappé l’établissement, causant la mort de 168 écolières et de leurs enseignantes. Il a indiqué qu’un article intitulé « Minab 168 » avait été rédigé en hommage aux victimes. Pour lui, ces attaques constituent une violation flagrante de l’article 2 de la Charte des Nations unies, ainsi que des principes fondamentaux du droit international. Mojtaba Faghihi a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les autorités américaines d’être responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Au cours de son exposé, le diplomate a avancé plusieurs chiffres qu’il présente comme le bilan des attaques. Il a évoqué 3 468 personnes tuées, dont 383 enfants, ainsi que plus de 30 000 blessés parmi lesquels figureraient 5 200 femmes et enfants. Selon lui, 26 agents du personnel médical ont perdu la vie et plus de 120 autres ont été blessés. Il a aussi fait état de destructions massives d’infrastructures civiles : plus de 138 000 unités civiles détruites, dont 113 000 logements, plus de 340 hôpitaux, cliniques, centres d’urgence et bases du Croissant-Rouge, ainsi que 1 025 établissements scolaires et 30 universités.

Lefaso.net
