À l’ouverture de la première édition du Forum panafricain des médias (FOPAME), mercredi à Bamako, le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a appelé les pays africains à renforcer leur « souveraineté informationnelle » afin de mieux contrôler leur récit et faire face à la désinformation ainsi qu’aux influences extérieures.
Pour le chef du gouvernement malien, la maîtrise de l’information constitue désormais un enjeu stratégique majeur à l’ère du numérique, de l’intelligence artificielle et des guerres de perception. Il a estimé que l’Afrique doit désormais imposer son propre narratif pour défendre ses intérêts et son image sur la scène internationale.
« L’Afrique d’aujourd’hui refuse la dépendance intellectuelle et la confiscation de sa parole », a-t-il déclaré devant des professionnels des médias venus d’une vingtaine de pays africains.
Abdoulaye Maïga a particulièrement insisté sur la situation des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), confrontés à des défis sécuritaires qui s’accompagnent, selon lui, d’une intense bataille médiatique. Il a ainsi appelé à un panafricanisme médiatique, numérique et informationnel capable de renforcer la voix de l’Afrique dans le monde.
Pour sa part, le président du comité d’organisation du forum, Salif Sanogo, a exhorté les médias africains à mutualiser leurs efforts afin de lutter efficacement contre la désinformation, la manipulation de l’opinion et les campagnes d’influence.
Les travaux du FOPAME 2026 se poursuivront durant quatre jours à travers plusieurs panels consacrés à la couverture des conflits, à la transformation numérique, à la promotion de la paix et à la contribution des médias aux processus de réconciliation en Afrique.
Djamila KAMBOU
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