La Brigade Mobile de Contrôle Économique et de Répression des Fraudes (BMCRF) a animé, ce 5 juin 2026, une conférence de presse consacrée à la mise en œuvre de l’arrêté interministériel portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la distribution des cycles, cyclomoteurs et motocycles au Burkina Faso. À cette occasion, le coordonnateur de la brigade, Sanibè Faho et ses collaborateurs ont présenté les fondements de ce texte, ses objectifs ainsi que ses implications pour les différents acteurs du secteur.
Alors que la question de la régulation des prix des motos demeure au centre des préoccupations, la BMCRF entend renforcer l’application des textes encadrant le secteur. C’est dans cette dynamique qu’un arrêté interministériel a été adopté le 26 mai 2026 afin de mieux organiser les activités liées à la fabrication, à l’importation et à la distribution des deux-roues.
Selon les responsables de la brigade, cette nouvelle réglementation vise à corriger plusieurs insuffisances constatées dans le dispositif existant. Parmi celles-ci figurent, notamment le manque de traçabilité des produits, l’insuffisance de transparence dans la chaîne d’approvisionnement, les pratiques frauduleuses, la contrefaçon ainsi que certaines pratiques restrictives de concurrence.
« Le secteur fait de plus en plus face à de nombreux défis », a indiqué le coordonnateur de la BMCRF, Sanibè Faho, avant d’ajouter que ce contexte a rendu nécessaire la relecture des textes. Selon lui, cette démarche permet d’adapter le cadre juridique aux réalités actuelles du marché.
La nouvelle réglementation poursuit plusieurs objectifs majeurs. « La nouvelle réglementation vise plusieurs objectifs dont les principaux sont d’encadrer le secteur, contrôler la qualité et la sécurité des engins, lutter contre la fraude et les pratiques anti-concurrentielles, identifier et recenser l’ensemble des opérateurs du secteur, contenir la hausse des prix et améliorer la transparence et la protection des consommateurs », a expliqué Sanibè Faho.
« Tu ne peux plus importer comme tu le veux »
Abordant la question sensible de la flambée des prix des motos, le coordonnateur de la BMCRF a indiqué qu’un processus est actuellement en cours afin d’aboutir à une fixation et à une harmonisation des prix. Il estime que la nouvelle réglementation constituera un levier important dans cette démarche.
« La flambée des prix tirait aussi sa source dans l’inorganisation du secteur. Il y avait des pratiques de spéculation qui contribuaient à cette flambée. Aujourd’hui, avec cette nouvelle réglementation, ça vient rectifier cette situation. (…) Tu ne peux plus importer comme tu le veux et venir vendre comme tu l’entends », a-t-il expliqué.
L’une des innovations majeures du dispositif réside dans l’inscription des motos sur la liste des produits soumis à une autorisation exceptionnelle d’importation. Cette mesure devrait permettre aux autorités de disposer d’informations précises sur les types de motos importées, leur provenance ainsi que leurs prix d’achat. « Nous sommes toujours dans un processus d’examen sur comment faire pour arriver à une fixation des prix. Mais c’est un processus qui est en cours », a-t-il martelé.
Concernant les délais de mise en conformité, les fabricants et unités de montage disposent d’une période de douze mois, soit jusqu’au 25 mai 2027, pour se conformer aux nouvelles dispositions. Les importateurs et distributeurs bénéficient quant à eux d’un délai de trois mois, courant jusqu’au 25 août 2026. La BMCRF a par ailleurs rappelé que des sanctions sont prévues à l’encontre des acteurs qui ne respecteront pas les exigences de cette nouvelle réglementation.
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