Expulsion des diplomates de l’UE : en toute souveraineté !

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Le mardi 14 juillet 2026, l’Agence d’information du Burkina (AIB) annonçait que les autorités burkinabè ont déclaré persona non grata le chef de délégation adjoint, chef de la section politique, presse et informations de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, ainsi que la chargée de programme de cette même délégation. Cette décision, conforme aux dispositions de la Convention de Vienne qui reconnaît à tout Etat le droit souverain de déclarer persona non grata un agent diplomatique sans avoir à motiver sa décision, s’inscrit dans une ligne diplomatique progressivement affirmée par le Burkina Faso depuis maintenant trois ans. Cette ligne consiste à exiger de tous ses partenaires, le respect strict de sa souveraineté, de ses institutions et de ses choix politiques.

C’est dire que pour Ouagadougou, les relations internationales ne sauraient être fondées sur des rapports de tutelle, encore moins sur des ingérences dans les affaires intérieures d’un Etat souverain. La fermeté du Burkina Faso s’est traduite par plusieurs décisions fortes. Le 23 décembre 2022, le gouvernement burkinabè avait demandé le remplacement de l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade. Quelques semaines plus tard (18 janvier 2023), les autorités dénonçaient l’accord régissant la présence des forces françaises sur le territoire national, ouvrant la voie au départ définitif de la Force Sabre en février 2023. Le 2 mars 2023, le pays des Hommes intègres annonçait également la rupture de l’accord d’assistance militaire technique conclu avec la France en 1961, marquant une nouvelle étape dans la redéfinition de ses partenariats.

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La même logique a conduit les autorités burkinabè à prendre des mesures à l’encontre de plusieurs diplomates et responsables internationaux. En effet, le 25 avril 2024, deux responsables du Système des Nations unies, dont la Coordinatrice résidente par intérim et un fonctionnaire du Bureau des affaires humanitaires, étaient également déclarés persona non grata. Dans une note verbale datée du 23 juin 2026 et adressée aux institutions européennes, le gouvernement burkinabè a rejeté avec fermeté la résolution adoptée le 18 juin par le Parlement européen sur la situation des libertés fondamentales au Burkina Faso. Ouagadougou a dénoncé des appréciations jugées partiales, des informations qualifiées d’erronées ainsi qu’une ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain.

La rupture diplomatique entre le Burkina Faso et la France sera annoncée, le vendredi 26 juin 2026. Ces différents épisodes montrent que la diplomatie burkinabè a profondément évolué. Le Burkina Faso affirme simplement que le dialogue doit reposer sur l’égalité souveraine des Etats, le respect mutuel, la non-ingérence et la prise en compte des intérêts du peuple burkinabè. Le message adressé aujourd’hui aux partenaires étrangers est que le Burkina Faso demeure ouvert à toutes les coopérations utiles à son développement, à sa sécurité et au bien-être de sa population. En revanche, toute tentative d’influence politique, de pression diplomatique ou d’ingérence dans ses affaires intérieures sera désormais combattue avec la même détermination et en toute souveraineté.

Jean-Marie TOE

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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