L’amicale du personnel douanier féminin, les Gabelles, en collaboration avec l’École nationale des Douanes (END), a organisé, ce 9 mai 2026 à Ouagadougou, une conférence à l’intention des élèves douaniers et des agents des douanes. Cette rencontre a servi de cadre pour sensibiliser les fonctionnaires issus des concours directs, ainsi que les nouvelles recrues, à une gestion responsable de leurs ressources financières.
En organisant cette conférence sous le thème « L’intelligence financière », l’amicale veut prévenir les dérives financières auxquelles les nouveaux agents peuvent être confrontés. Après leur intégration dans la fonction publique, les agents font parfois face à des situations pouvant impacter leur équilibre financier, notamment les pressions sociales, les multiples sollicitations et le recours excessif aux crédits bancaires.
Lors de cette session, il s’est agi de faire naître chez chaque participant des réflexes financiers responsables, afin qu’ils soient capables de garantir une stabilité durable dans leur vie professionnelle et sociale.

« Très souvent, les difficultés financières ne commencent pas par un manque de revenus, mais plutôt par une mauvaise anticipation, une absence de planification et des choix non maîtrisés. Les attentes à l’issue de cette conférence est que chaque agent prenne conscience et entame une responsabilité financière engagée et utile », a souhaité l’Inspectrice principale des Douanes, Diane Stéphanie Kaboré/Bassinga, présidente de l’amicale du personnel douanier féminin, les Gabelles.
Le parrain de la conférence, Barthélémy Dabré, directeur général de l’Institut des finances publiques (IFP), a indiqué à ses filleuls que l’agent des douanes qui n’est pas en mesure de gérer son propre budget rencontrera inévitablement des difficultés dans la gestion des finances publiques. Cette gestion, a-t-il rappelé, repose sur des mécanismes précis qui ne s’apprennent pas forcément dans le cursus classique. Il a ajouté que la première paie d’un agent doit être accompagnée de mesures strictes pour lui éviter de sombrer dans la dérive.

« Les avances, les prêts informels, les pressions sociales et familiales, tout cela crée une fragilité réelle. Et cette fragilité, nous le savons, est I’une des premières portes d’entrée de la corruption. Ce n’est pas un jugement, c’est une réalité économique documentée. Chers apprenants, imaginez un agent qui, dès le premier mois, sait exactement combien il gagne, combien il peut épargner. Un agent qui a constitué, même modestement, une réserve de précaution. Un agent qui n’est redevable à personne. Cet agent est libre. Et un agent qui est libre est intègre, formé à la gestion financière », a-t-il expliqué.
La conférence a également mis un accent particulier sur le port de la tenue douanière. Il a été rappelé aux élèves douaniers que cet uniforme est l’incarnation de l’administration et de l’État burkinabè. Pour le représentant du directeur général de l’École nationale des Douanes (END), Rodrigue Zoundi, la tenue est le symbole de la discipline, de la rigueur et du respect de l’ordre.
« A travers votre tenue, c’est l’image de la douane que vous projetez et cette image doit inspirer confiance, crédibilité et respect », a-t-il ajouté.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7
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