
L’ONG CARE International a organisé à Dédougou, dans la région de Bankui, un atelier bilan et de capitalisation de son projet dénommé « Réponse multisectorielle à la crise humanitaire dans les régions de Bankui et Sourou (ex-Boucle du Mouhoun), Burkina Faso », le lundi 25 mai 2026. Ce projet a été mis en œuvre dans les communes de Dédougou, Nouna et Boromo entre avril 2024 et mai 2026. Il a permis de répondre aux besoins immédiats, urgents et prioritaires des populations affectées par la crise sécuritaire et de consolider leurs moyens d’existence. L’atelier a été présidé par le haut-commissaire de la province de la Koosin, Noufo Dembelé, représentant le gouverneur. A cette rencontre, les parties prenantes à la mise en œuvre du projet ont, entre autres, revisité les activités menées et apprécié les résultats atteints.
Face à l’insécurité qui a provoqué le déplacement massif des populations dans les régions de Bankui et du Sourou, plongeant celles-ci dans une crise humanitaire, l’ONG CARE International et l’Association WU PAKUWE ont répondu par la mise en œuvre du projet dénommé « Réponse multisectorielle à la crise humanitaire dans les régions de Bankui et Sourou (ex-Boucle du Mouhoun), Burkina Faso ».

Ce projet, financé à hauteur de 1,3 milliard de FCFA par la Coopération autrichienne pour le développement (ADA), a débuté depuis le 1er avril 2024. La zone d’intervention a concerné les communes de Dédougou, Nouna et Boromo. Sa date de clôture est fixée au 31 mai 2026. C’est pourquoi les différentes parties prenantes à la mise en œuvre de ce projet se sont retrouvées à Dédougou, ce lundi 25 mai, pour dresser le bilan des activités réalisées et évaluer leur impact sur la communauté bénéficiaire.
Selon le responsable des programmes d’urgences à l’ONG CARE au Burkina, Harouna Zampou, cet impact est réel sur le terrain. Il a confié qu’en 26 mois d’activités, le projet a apporté de l’assistance alimentaire à 1 024 ménages avec plus de 400 tonnes de vivres, 20 000 litres d’huile et 20 tonnes de sel. En outre, 139 survivants de Violences basées sur le genre (VBG) ont été appuyés à travers le financement de leurs plans d’actions individuels. Des sites de maraîchage de culture hors sol ont été aménagés dans les trois communes d’intervention au profit de 310 ménages. M. Zampou a souligné que 2 250 kits de dignité ont été distribués à des femmes et filles, en âge de procréer, issue de la population cible.

En matière d’hygiène et assainissement, CARE et son partenaire ont œuvré, à travers ce projet, à la réalisation et à la réhabilitation de six infrastructures hydrauliques soit quatre pompes à motricité humaine (PMH) et deux poches d’eau autonome (PEA), au renforcement des capacités de 48 promoteurs d’hygiène qui, à leur tour, ont sensibilisé plus de 4 000 personnes. Aussi plus de 1 700 kits d’hygiène ont-ils été livrés aux ménages bénéficiaires de l’assistance alimentaire.
Contribution au relèvement des populations affectées
A cela s’ajoute le renforcement de la résilience des populations affectées face à la situation en promouvant des activités génératrices de revenus (AGR) comme l’embouche ovine, l’élevage de caprins, l’élevage de volaille, le maraîchage conventionnel, la production de beurre de karité, la production de soumbala, la vente de gâteau et de beignets au profit de 850 ménages bénéficiaires. 17 associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) ont vu le jour grâce à l’intervention de ce projet appelé à refermer les portes le 31 mai 2026.

Ces résultats, succinctement présentés, appellent à des initiatives pour garantir la pérennité après la clôture du projet. Les acteurs de mise en œuvre de rassurer que des comités ont été installés pour veiller à cela. « Nous espérons qu’ils bénéficieront du concours des services techniques étatiques à qui les différents acquis vont être transférés », a précisé Harouna Zampou. Le représentant du gouverneur, Noufo Dembelé, a fait remarquer que cette initiative de développement a contribué au relèvement des populations victimes de l’insécurité dans les trois communes. En effet, la bénéficiaire Anne Zallé est partie d’une Personne déplacée interne (PDI) sans le moindre sou à une vendeuse de gâteaux qu’elle-même a appris à fabriquer grâce au projet. Celle qui s’est montrée reconnaissante a dit vouloir compter désormais sur cette activité pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.

Pour clore son intervention, M. Dembelé a salué l’implication des services techniques déconcentrés dans la réalisation des activités du projet centré sur des secteurs essentiels comme la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, l’eau, l’hygiène et l’assainissement et la protection contre les VBG.
Alphonse Dakuyo
Lefaso.net
