
La cérémonie d’ouverture de la rencontre des directeurs généraux de police de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est tenue ce jeudi 16 juillet 2026 à Ouagadougou. Cette session, qui fait suite à une première rencontre organisée à Bamako en janvier 2025, vise à renforcer la coopération policière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger face aux défis sécuritaires communs.
Réunis dans la capitale burkinabè, les directeurs généraux de police du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur engagement à bâtir une architecture commune de sécurité au sein de l’espace AES, conformément aux orientations des chefs d’État de la confédération. Pour le directeur général de la police nationale du Mali, le contrôleur général de police Youssouf Koné, cette rencontre traduit une « ferme volonté de bâtir une architecture de défense et de sécurité commune au sein de la Confédération AES », afin de répondre aux attentes des populations en matière de sécurité.

Ouvrant les travaux, le directeur général de la police nationale du Burkina Faso, l’inspecteur général de police Thierry Dofizouho Tuina, a rappelé que cette rencontre constitue une nouvelle étape dans la dynamique engagée à Bamako en janvier 2025. Elle intervient quelques jours après la réunion des ministres en charge de la sécurité de l’AES, tenue le 1ᵉʳ juillet 2026 à Ouagadougou, au cours de laquelle un arrangement technique relatif à l’harmonisation des dispositifs de contrôle routier a été signé et un projet de protocole additionnel sur la sécurité intérieure validé pour transmission au collège des chefs d’État.
Pour le patron de la police burkinabè, ces avancées traduisent la volonté des États membres de construire progressivement une sécurité commune. « La souveraineté ne se proclame pas seulement : elle se bâtit chaque jour, par des actes concrets », a-t-il affirmé, invitant les experts à transformer les orientations politiques en actions opérationnelles.

Les travaux techniques de cette rencontre porteront principalement sur la mise en œuvre de l’arrangement relatif à l’harmonisation des dispositifs de contrôle routier, l’interopérabilité des systèmes d’information policière des trois pays ainsi que la mutualisation des capacités technologiques et scientifiques, notamment dans les domaines de l’enquête judiciaire et du maintien de l’ordre. Les conclusions des groupes de travail feront l’objet d’une restitution en plénière avant l’adoption des résolutions et recommandations qui seront consignées dans le rapport final.
Dans son intervention, le directeur général de la police nationale du Mali a insisté sur la nécessité de poursuivre la dynamique enclenchée à Bamako afin de bâtir un véritable espace sécuritaire intégré. Face au terrorisme, à la criminalité transnationale organisée, au trafic illicite de migrants, à la traite des êtres humains, à la cybercriminalité et aux autres formes de criminalité, il a estimé que les trois États n’ont d’autre choix que de renforcer leur coopération.

« Nous nous devons de mutualiser nos forces et nos moyens pour atteindre les objectifs stratégiques et tactiques de la confédération, gage de paix et de développement », a déclaré Youssouf Koné. Selon lui, cette coopération passe par une meilleure circulation du renseignement, l’harmonisation des procédures de contrôle, l’uniformisation des dispositifs de contrôle routier afin de favoriser la libre circulation des personnes et des biens tout en luttant contre les tracasseries et les perceptions indues, ainsi que par la conduite d’opérations conjointes contre les groupes criminels.
Le chef de la police malienne a également attiré l’attention sur les nouveaux défis technologiques auxquels les forces de sécurité doivent faire face. « Il faut adapter nos ripostes sécuritaires à l’évolution technologique marquée par l’intrusion négative de l’intelligence artificielle », a-t-il indiqué, avant de présenter plusieurs réformes engagées au Mali depuis la rencontre de Bamako. Parmi elles figurent la création d’une division de la police de proximité, d’une division des unités spécialisées au sein de la police des frontières ainsi que le renforcement des services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité.

Prenant la parole à son tour, le directeur général de la police nationale du Niger, le commissaire général de police Assahaba Ebankawel, a salué l’organisation de cette rencontre à Ouagadougou, qu’il considère comme un cadre essentiel pour consolider la coopération entre les forces de police des trois pays.
Il a rappelé que la récurrence des attaques terroristes au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ainsi que l’expansion de la criminalité transnationale organisée, imposent une réponse collective. « La synergie d’actions que nous nous devons de déployer requiert une plus grande disponibilité, une détermination plus forte et un engagement toujours plus soutenu », a-t-il souligné.

Le chef de la police nigérienne a invité les experts à mettre à profit cette rencontre pour proposer des solutions innovantes permettant de mieux coordonner la lutte contre le terrorisme et les autres menaces sécuritaires. Il a rappelé que cette réunion des chefs de police constitue « l’un des meilleurs cadres pour soutenir les efforts de coopération et les initiatives de lutte contre l’insécurité dans notre espace ».
En clôturant la cérémonie d’ouverture, l’inspecteur général de police Thierry Dofizouho Tuina a exhorté les experts à faire preuve de rigueur afin que les conclusions de leurs travaux répondent aux attentes des autorités et des populations des trois pays. Il a formulé le vœu que cette rencontre se déroule « dans un esprit de fraternité et de rigueur » et débouche sur « des résultats à la mesure du sacrifice de nos populations et des attentes de nos plus hautes autorités ».
Les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger poursuivront leurs travaux autour des différents chantiers techniques avant l’adoption des résolutions finales.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
