Les ministres en charge de la sécurité de la Confédération de l’AES se sont réunis ce 1er juillet 2026 à Ouagadougou pour élaborer des instruments visant à renforcer la sécurité des personnes et des biens au sein de l’espace AES, conformément à la feuille de route de l’An II de la Confédération des États du Sahel (AES).
À la suite du collège des Chefs d’État tenu en décembre 2025 à Bamako, une feuille de route stratégique avait été adoptée. Cette dernière plaçait la sécurisation globale de l’espace confédéral au sommet des priorités pour garantir la stabilité nécessaire au développement socio-économique des populations. Elle préconise surtout une rupture avec les approches isolées au profit d’une synergie d’action sans précédent entre les départements ministériels en charge de la sécurité.
Dans cette logique, une rencontre des ministres chargés de la sécurité de la Confédération AES se tient du 29 juin au 1er juillet 2026 à Ouagadougou. Selon le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, cette rencontre est un rendez-vous stratégique pour la pérennité du projet souverainiste de l’AES, porté par les trois Chefs d’État.
« Elle nous offre l’occasion d’examiner les recommandations des experts ainsi que tous les documents liés à la présente rencontre. Nous allons nous pencher sur deux textes essentiels de portée confédérale. Il s’agit du protocole additionnel en matière de sécurité et de l’arrangement technique relatif au contrôle routier », a-t-il déclaré.

Au cours de cette rencontre, les ministres chargés de la sécurité vont, en plus de l’examen de ces textes, les valider afin de les soumettre au collège des Chefs d’État pour adoption.
De l’avis du ministre de la Sécurité du Niger, le Général de Division Mohamed Toumba, cette réunion marque une étape déterminante dans la concrétisation des objectifs de renforcement de la coopération sécuritaire, d’harmonisation des cadres juridiques et administratifs, et de facilitation des mouvements des personnes et des biens.
« Les progrès déjà enregistrés dans l’harmonisation , l’uniformisation des documents de voyage , la reconnaissance mutuelle de certains titres administratifs ainsi que le développement de la coopération sécuritaire illustre de manière éloquente cette dynamique», a-t-il affirmé.

Le point central de cette rencontre demeure le renforcement de la coopération sécuritaire, avec un accent particulier mis sur l’interopérabilité des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et le partage systématique de renseignements stratégiques.
« Nous avons examiné la question de l’interopérabilité des bases de données des personnes ou des objets recherchés, de telle sorte qu’une personne ou un objet recherché au Burkina Faso, au Niger ou au Mali puisse être visible au niveau confédéral », a informé le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana.
La libre circulation des personnes et des biens, principe cardinal de la Confédération, ainsi que la lutte contre les tracasseries routières constituent également un point important examiné au cours de cette rencontre. Il s’agit surtout de faire en sorte que les difficultés de circulation des populations de l’AES ne deviennent pas une vulnérabilité que les terroristes pourraient exploiter. Dans ce sens, une visite du Poste de Contrôle Juxtaposé de Cinkansé, à la frontière Burkina Faso-Togo, a eu lieu le 30 juin 2026. L’objectif est de s’en inspirer pour dupliquer ce modèle aux frontières de l’espace confédéral.

« Notre responsabilité est de lever progressivement les obstacles qui freinent encore les échanges, de fluidifier les interactions entre nos administrations et de garantir à chaque concitoyen de l’AES la possibilité de circuler librement, d’entreprendre et de commercer dans un espace sécurisé et pleinement intégré », a ajouté le Général de Division Mohamed Toumba.
De l’avis du Secrétaire général du ministère de la sécurité du Mali et la protection civile, Oumar Sogoba, représentant le Général Daoud Aly Mohammedine, les effets conjugués des tracasseries et d’une liberté des mouvements mal maîtrisée sont durement ressentis dans différents secteurs d’activité de la société. Ce qui constitue une entorse à la réalisation des objectifs poursuivis par les autorités et les forces de sécurité.
« Pour lutter plus efficacement contre la criminalité transnationale organisée, les trafics divers, le terrorisme, le blanchiment de capitaux, les tracasseries routières, la migration irrégulière, la traite des personnes ainsi que la cybercriminalité, il est impératif que les forces de sécurité des pays de l’AES planifient et conduisent parfois des opérations conjointes, et mettent en place des unités mixtes interopérables dans les zones frontalières », a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu’il est nécessaire d’harmoniser la stratégie de lutte tout en partageant les renseignements et en assurant une assistance mutuelle.
Il faut rappeler que cette rencontre des ministres chargés de la sécurité se justifie par l’urgence de doter la Confédération des États du Sahel (AES) d’outils de gouvernance sécuritaire modernes et coordonnés. L’examen de ces dossiers va jeter les bases d’une architecture sécuritaire confédérale solide et durable. Cette démarche proactive confirme l’engagement ferme des Chefs d’État à faire de l’espace AES un havre de paix, où la sécurité n’est plus un défi, mais le socle sur lequel se bâtit une unité africaine véritable.
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