Centre d’hémodialyse de Fada N’Gourma : « Les patients parcouraient 150 km pour avoir une consultation de néphrologie et plus pour les séances » (Dr Delwende Bertrand Dibri)

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Mis en service pour rapprocher les soins spécialisés des patients souffrant d’insuffisance rénale, le nouveau centre d’hémodialyse de Fada N’Gourma marque une avancée majeure dans l’offre de soins au Burkina Faso. Doté d’équipements modernes et d’un personnel formé, il permettra de réduire les longs déplacements des malades des régions du Goulmou, de la Sirba et de la Tapoa. Dans cette interview, le Dr Delwende Bertrand Dibri, médecin néphrologue, chef de service du centre d’hémodialyse, présente les capacités du centre, les conditions de prise en charge des patients, les enjeux de la prévention des maladies rénales et les perspectives de développement de cette nouvelle unité.

Lefaso.net : Pouvez-vous présenter le nouveau centre d’hémodialyse de Fada N’Gourma et ses principales capacités ?

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Dr Delwende Bertrand Dibri : C’est un centre qui dispose de douze générateurs de dialyse répartis comme suit : neuf générateurs dans la grande salle, deux générateurs dans une salle d’isolement. Un générateur dans la salle de réanimation et deux générateurs sont en réserve.

Que représente l’ouverture de ce centre pour les patients souffrant d’insuffisance rénale dans le Grand Est ?

Comme on aime à le dire, c’est une grosse épine que l’État enlève des pieds de la population du grand Goulmou, c’est-à-dire les trois régions que sont le Goulmou, la Sirba et la Tapoa.

Avant l’ouverture de ce centre, quelles étaient les principales difficultés rencontrées par les patients nécessitant une hémodialyse ?

Déjà, il n’y avait pas de médecins néphrologues au CHUR de Fada. Les patients parcouraient au moins 150 km pour avoir une consultation de néphrologie et encore plus pour avoir les séances.

Combien de patients le centre peut-il prendre en charge quotidiennement ou chaque semaine ?

Nous pouvons faire 252 séances de dialyse par semaine. Nous prenons plusieurs patients en hémodialyse aiguë et une file active de 110 patients en hémodialyse chronique. Le centre peut accueillir 36 patients par jour pour leurs séances.

De quels équipements dispose le centre pour assurer une prise en charge de qualité ?

En plus des générateurs, de la salle de pose de cathéter, nous disposons d’un groupe électrogène de 165 KVA, d’un forage avec une salle de traitement d’eau, des bureaux et une salle de consultation équipée.

Le personnel a-t-il bénéficié d’une formation spécifique pour assurer le fonctionnement de cette unité d’hémodialyse ?

Tout le personnel, à part le médecin néphrologue qui est déjà spécialiste, a reçu une formation de six mois en hémodialyse à Ouagadougou.

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Dr Delwende Bertrand Dibri, chef de service du centre d’hémodialyse de Fada N’gourma

Quels sont les critères d’admission des patients au centre et comment s’organise leur prise en charge ?

Nous recevons tous les patients atteints de maladie rénale en consultation les mardis et les jeudis. Nous donnons des avis spécialisés aux autres services pour les cas de maladies rénales. Nous avons un comité qui se réunit en staff pour l’intégration des patients en hémodialyse. Avec au préalable un registre de tous les patients inscrits et en attente d’hémodialyse.

Quels sont les principaux facteurs de risque de l’insuffisance rénale que la population doit connaître ?

L’hypertension artérielle et le diabète sont les principaux facteurs de risque. Dans notre contexte, nous avons en plus les infections, l’automédication, notamment la phytothérapie non contrôlée, et aussi l’orpaillage artisanal.

Quelles sont vos perspectives pour le développement de ce centre dans les années à venir ?

Nous allons œuvrer à faire grandir ce centre en termes de capacité et de prise en charge avec l’accompagnement des gouvernants. Nous allons organiser des campagnes de dépistage et de sensibilisation sur la maladie rénale. Nous allons former et capaciter les agents de santé dans la prise en charge des maladies rénales ainsi que de l’hémodialyse.

Au-delà des séances de dialyse, quels conseils donnez-vous aux personnes atteintes de maladies rénales et à leurs familles ?

Déjà c’est de suivre et respecter les prescriptions et les conseils que nous donnons. Il faut éviter au maximum les facteurs de risque cardiovasculaires. Il faut accompagner les patients en hémodialyse sur le plan psychologique, social et économique.

Quel message adressez-vous aux habitants de la région concernant la prévention des maladies rénales et l’importance du dépistage précoce ?

Nous invitons déjà les habitants à respecter les mesures d’hygiène de vie : le sport, moins de sel, moins de sucre et moins de nourriture grasse. Faire un bilan de santé au moins une fois par an. Surtout consulter un médecin pour le dépistage des facteurs de risque cardiovasculaire et de la maladie rénale, qui demeure la meilleure arme pour lutter contre les maladies rénales.

Interview réalisée par Rama Diallo
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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