
La CEDEAO a prolongé jusqu’en décembre 2026 le mandat de son négociateur en chef, Lansana Kouyaté, chargé de poursuivre les discussions avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Réunis dimanche dernier pour le 69e sommet ordinaire de l’organisation, à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État ouest-africains ont réaffirmé leur volonté de privilégier un dialogue collectif avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ils ont également appelé les États membres à éviter la conclusion d’accords bilatéraux séparés avec les trois pays sahéliens. Cette décision intervient alors que la Confédération AES entend, elle aussi, défendre une position commune dans ses futures négociations avec la CEDEAO. Amorcé en mai dernier à Lomé, le dialogue portera notamment sur la sécurité, la libre circulation, les corridors logistiques et l’avenir de l’intégration régionale.
La Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peaufinent leurs stratégies en vue des négociations sur les relations à établir après le divorce consommé à la suite de la sortie du Niger, du Burkina Faso et du Mali de l’organisation d’intégration sous-régionale.
Après les premières prises de contact entre les deux parties, en mai dernier à Lomé, au Togo, le dialogue entre les deux organisations devrait se poursuivre autour des enjeux sécuritaires, économiques et de coopération régionale, dans la perspective de définir un nouveau cadre de relations durable et équilibré.
Des discussions dans un cadre exclusivement collectif pour la CEDEAO
Réunis dimanche dernier en Sierra Leone, les chefs d’État de la CEDEAO ont réaffirmé leur volonté de conduire les négociations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger dans un cadre exclusivement collectif.
À la faveur de la 69e session ordinaire, tenue à Lungi, en Sierra Leone, ils ont également prorogé jusqu’en décembre 2026 le mandat de leur négociateur en chef, Lansana Kouyaté, chargé de poursuivre les discussions avec la Confédération des États du Sahel (AES).
Les dirigeants ouest-africains ont également exhorté les États membres à s’abstenir de conclure des accords bilatéraux susceptibles d’affaiblir la cohésion régionale, insistant sur une approche commune face aux trois pays sahéliens.
En prolongeant le mandat de son négociateur, la CEDEAO confirme ainsi sa volonté de maintenir le dialogue avec l’AES et de rechercher un nouveau cadre de coopération entre les deux espaces régionaux.
Un nouveau cadre de relations pour la Confédération AES
Cette orientation rejoint celle adoptée par l’AES, dont les experts se sont réunis fin juin à Ouagadougou afin d’harmoniser les positions du Burkina Faso, du Mali et du Niger avant l’ouverture des négociations officielles.
Les travaux visaient notamment à défendre les intérêts stratégiques de la Confédération et à préserver les acquis de l’intégration régionale, en particulier la libre circulation des personnes et des biens.
À la veille du deuxième anniversaire de la Confédération de l’AES, le 6 juillet dernier, son président en exercice, le capitaine Ibrahim Traoré, avait confirmé que les consultations avec la CEDEAO se poursuivaient afin de définir « un nouveau cadre de relations » fondé sur le respect des décisions souveraines de chaque partie, la préservation des acquis de l’intégration régionale et la défense des intérêts des populations ouest-africaines, notamment la libre circulation des personnes et des biens.
A.Y. Barma (actuniger.com)
