Burkina : Un spécialiste appelle à poursuivre les investissements massifs dans le secteur de l’énergie pour soutenir le développement
Ouagadougou, 11 juin 2026 (AIB) – L’expert en énergie et auteur de l’Essai : « Les défis d’une quête d’énergie dans un Burkina sahélien », Abdoulaye Kaboré, a salué les efforts consentis ces dernières années par les autorités burkinabè dans le secteur énergétique et les a exhortées à poursuivre les investissements massifs afin de renforcer la souveraineté énergétique du pays, qu’il considère comme le principal levier du développement.
Selon M. Kaboré, les autorités actuelles ont pleinement pris conscience de l’importance stratégique de l’énergie dans la transformation économique du Burkina Faso.
« Je souhaite seulement que les autorités continuent d’investir dans le secteur de l’énergie. S’il y a l’énergie à gogo, il y aura le développement à gogo. C’est une évidence », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé vendredi à AIB.
Pour l’expert, malgré le contexte sécuritaire difficile que traverse le pays, le Burkina Faso demeure une destination attractive pour les investisseurs industriels, ce qui entraîne une hausse constante de la demande énergétique.
« C’est un paradoxe. On dit que le Burkina Faso est un pays en crise, mais beaucoup d’investisseurs veulent venir y installer leurs usines. Au cours des cinq dernières années, plusieurs unités industrielles se sont implantées dans le pays. Plus elles s’installent, plus le besoin en énergie augmente », a-t-il expliqué.
Face à cette dynamique, Abdoulaye Kaboré estime qu’il ne faut pas hésiter à consacrer des ressources importantes au développement des infrastructures énergétiques.
« Il ne faut pas trop calculer. Il faut investir massivement dans l’énergie. Les calculs, on les fera après et on constatera que l’on ne s’est pas trompé », a-t-il soutenu.
L’auteur considère que les investissements dans l’énergie produisent des retombées directes sur l’ensemble des secteurs socio-économiques. À ses yeux, accorder davantage de ressources à l’énergie peut contribuer davantage à l’amélioration des conditions de vie des populations que certains investissements sociaux pris isolément.
« Même si certains pensent qu’il doit y avoir une stricte parité entre le secteur social et le secteur énergétique, je suis convaincu que donner davantage au secteur de l’énergie profite finalement au social. Cela peut être démontré », a-t-il affirmé.
Toutefois, M. Kaboré a insisté sur la nécessité d’orienter ces investissements sur la base d’analyses techniques rigoureuses et de données fiables.
« Il ne s’agit pas d’investir aveuglément. Il faut s’appuyer sur les conseils avisés des techniciens et des ingénieurs qui fournissent les informations pertinentes et essentielles. Les décisions doivent être prises à partir de données justes et non d’informations biaisées », a-t-il indiqué.
Pour lui, le Burkina Faso doit désormais développer ses politiques énergétiques en fonction de ses propres besoins et ambitions.
« Aujourd’hui, nous faisons les choses pour nous-mêmes et non pour satisfaire un bailleur ou qui que ce soit. Nous devons agir avec les bonnes données afin que les investissements réalisés dans l’énergie profitent réellement au développement du pays », a-t-il souligné.
Abdoulaye Kaboré rappelle que l’histoire du développement économique des nations démontre le rôle central de l’énergie dans la croissance.
« Il n’y a pas de développement sans énergie. L’énergie est la source du développement », a-t-il insisté.
Expert reconnu du secteur énergétique, Abdoulaye Kaboré cumule plus de vingt années d’expérience au sein de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL). Régulièrement sollicité dans le cadre de projets d’envergure liés à l’énergie, il partage désormais son expertise à travers l’écriture.
Son ouvrage, publié aux éditions Éveil Livres, constitue son premier essai. Composé de 106 pages réparties en 15 chapitres, il analyse les défis énergétiques auxquels est confronté le Burkina Faso et propose des pistes de réflexion pour renforcer la souveraineté énergétique nationale.
Disponible au prix de 5 000 FCFA auprès de l’auteur et de l’éditeur, le livre marque le début d’une aventure littéraire que l’expert entend poursuivre.
Agence d’information du Burkina
DNK/ik/yos
