Burkina/Sport : Triple champion du monde de powerlifting, Alfred Zan Bady raconte son ascension

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Ancien champion de lutte traditionnelle, Alfred Zan Bady s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures emblématiques du sport burkinabè à l’international. Surnommé « Caterpillar », il s’est fait un nom dans le powerlifting, une discipline dans laquelle il compte aujourd’hui trois titres de champion du monde. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, Alfred Zan Bady revient sur son parcours, ses performances et ses ambitions pour l’avenir.

Lefaso.net : Pouvez-vous nous racontez vos débuts ?

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Alfred Zan Bady : Déjà, j’étais un lutteur d’abord. En 2015, il y a eu la télévision BF1 qui organisait une compétition qu’on appelait « BF1 Muscle d’or ». C’est de là qu’est venue l’idée de m’orienter dans un sport de force et j’ai fait le choix du powerlifting. Pour revenir au début de mon parcours, je suis une personne qui aime le sport. Au départ, je le faisais par passion et je ne m’attendais pas vraiment à être ici aujourd’hui devant vous en tant que champion du monde. Tout est parti de la passion.
Si je peux me permettre aussi de dire généralement, nous les Samos, on aime tout ce qui est physique, surtout le sport en général. Les travaux champêtres et autres.

De la lutte au powerlifting comment l’insertion s’est passée ?

Quand vous regardez, j’ai été cinq fois champion national de lutte, puis trois fois vice-champion en Afrique de l’Ouest. J’ai beaucoup voyagé grâce à la lutte traditionnelle. Il y a entre autres le Nigeria, le Sénégal, le Niger et le Togo qui sont des pays dans lesquels je suis allé compétir. Après cinq ans à dominer le championnat national de lutte, on s’est dit pourquoi rester dans la même discipline où j’ai déjà remporté beaucoup de prix et prouver à travers mes performances ?
Donc j’ai décidé de laisser la place à cette jeunesse qui veut aussi se faire voir dans cette discipline, et d’entamer une autre discipline de sport de force qui est le powerlifting.

Vous souvenez-vous de votre première compétition internationale quand vous avez débuté le powerlifting ?

Ma première sortie, c’était pour une compétition au Mali qu’on appelait « Fangatigui », en 2021. Dès ma première sortie, j’ai eu la chance d’être champion en 2021 et de m’illustrer en obtenant une médaille d’or. En 2022, pour une deuxième fois à la même compétition, j’ai remporté encore une médaille d’or.

C’était une surprise pour moi-même d’ailleurs. Parce que quand on est ici, on se dit qu’on est le champion du Burkina, est-ce qu’on est le champion d’Afrique ? À ma grande surprise, quand je me suis rendu au Mali, j’ai eu la chance de compétir avec les autres champions et c’est le Burkina Faso qui était au-devant des autres compétiteurs.

Quel sentiment vous anime après un troisième titre de champion du monde remporté en Chine ?

Pour repartir un peu en arrière, après les titres remportés au niveau africain en 2021 et 2022, nous avons souhaité aller au-delà de l’Afrique pour nous frotter à d’autres compétiteurs hors du continent.
C’est ainsi que l’idée est née. On s’est concerté avec mon staff, on a décidé d’aller défier les grands champions venant de l’Europe. Puis nous avons effectué une première sortie en 2024 en Russie, puis une deuxième sortie en 2025 en Russie et une autre cette année en 2026. C’était en Chine. Pendant toutes les trois sorties hors du continent, nous avons obtenu des titres mondiaux et des médailles d’or.

À chaque sortie, Caterpillar ramène une médaille d’or. Je peux dire que j’ai eu tous ces titres grâce aux prières des Burkinabè qui m’accompagnent, grâce aux mânes de nos ancêtres et encore merci au Tout-Puissant Dieu qui m’amène à être au-dessus des autres.

C’est un sentiment de joie en tant que Burkinabè de remporter des titres de champion du monde aujourd’hui. C’est une joie qui m’anime.

De quelle performance êtes-vous le plus fier depuis le début de votre carrière ?

Je vais vous raconter une petite anecdote. En 2015, quand je débutais mes premières compétitions, mon record à ce moment était de 175 kg. Aujourd’hui, on est à 240 kg. Vous voyez une différence ! Donc déjà, c’est une discipline vraiment très compliquée. Je suis content d’avoir atteint ce record de 240kg et d’être champion du monde pour la troisième fois consécutive.

Vous savez, le « développé-couché » est une épreuve que beaucoup évitent. Je parviens à m’imposer dans cette discipline, donc c’est une fierté.

Comment Zan Bady se prépare pour les compétitions ?

Tout sportif de haut niveau doit avoir une préparation particulière. Mais grosso modo, moi, le secret de mes performances, c’est l’hygiène de vie et la discipline sportive. Déjà, quand on parle d’hygiène de vie, il faut savoir à quel moment se reposer, à quel moment s’entraîner. Pour un athlète, le repos est très important. Donc, quand on parle aussi de discipline, il faut éviter les boîtes de nuit, il ne faut pas consommer de l’alcool, la cigarette, etc. Et surtout l’alimentation qui compte beaucoup.

Si vous remarquez, nous autres, notre alimentation est beaucoup contrôlée. On ne doit pas manger comme les autres. Je suis très pointu sur ces questions et j’essaie d’avoir une bonne hygiène de vie ; car pour être un champion de haut niveau, il faut tenir compte de ces points.

Quel regard portez-vous sur le développement du powerlifting au Burkina Faso et en Afrique ?

Je vois que les gens s’intéressent maintenant à ce sport grâce à moi-même. Déjà, ce sport existe au Burkina Faso depuis très longtemps, car dans les ghettos, il y a ceux qu’on appelait communément « gros bras » qui faisaient de la musculation avec des poids qu’ils confectionnaient eux-mêmes. De nos jours, je suis content de voir qu’il y a de plus en plus de compétitions au profit de ces sportifs.

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Alfred Zan Bady, alias le Caterpillar, compte œuvrer dans la formation de la relève.

Quels sont les objectifs sportifs à venir ?

Mon objectif, c’est de préparer la relève. Comme vous le voyez, je suis champion depuis plusieurs années et ce n’est pas évident que je puisse le rester pendant une dizaine d’années. Donc ça n’a pas commencé par moi, ça ne va pas se terminer par moi. Au fil du temps, la force diminue. Donc, c’est de penser à la relève très rapidement, c’est de pouvoir préparer les futurs champions du monde qui seront capables de représenter ce pays qui est le Burkina Faso.

Avez-vous un conseil pour les plus jeunes qui désirent devenir sportifs professionnels comme vous ?

Je les invite à avoir une bonne hygiène de vie et de la rigueur. J’ai même déjà commencé la sensibilisation envers les plus jeunes. Quand je me rends dans les salles de gym des autres et que je constate un jeune qui est en train de boire de l’alcool, qui fume de la cigarette, très rapidement, j’essaie de l’interpeller. Je lui dis, si vous voulez devenir comme moi, c’est mieux d’arrêter ces pratiques très rapidement.


Avez-vous un mot de fin ?

Je tiens à remercier mes fans, tous ceux qui relaient mon actualité.
Je lis aussi les commentaires des gens et les messages d’encouragement. Je tiens à dire que ça me va droit au cœur.
Je tiens à remercier les autorités sportives qui nous accompagnent à tout moment, surtout le ministère des Sports qui nous accompagne avec les billets d’avion chaque fois qu’il y a une sortie. C’est le ministère qui nous accompagne, en plus du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP). Je tiens à les remercier infiniment. Que la paix revienne dans notre chère patrie qu’est le Burkina Faso !


Propos recueillis par Jean Elysée Nikiéma (stagiaire)
Crédit photo : Bonaventure Paré
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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