
L’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), en collaboration avec la Direction de la santé de la famille et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a organisé ce lundi 20 juillet 2026 à Ouagadougou un atelier de restitution des résultats du projet de recherche de mise en œuvre sur les nouvelles directives nationales en matière de soins prénatals (NAMAI). Cette rencontre vise à partager les résultats de l’étude avec les acteurs du ministère de la Santé et les partenaires techniques et financiers afin de renforcer l’amélioration de la santé maternelle.
Cette rencontre réunit les acteurs du ministère de la Santé ainsi que les partenaires techniques et financiers autour des principaux résultats du projet. Elle constitue un cadre d’échanges sur les acquis, les défis et les perspectives liés à la mise en œuvre des nouvelles recommandations nationales en matière de consultations prénatales.
Le projet NAMAI a pour objectif d’évaluer l’acceptabilité et l’efficacité de la mise en œuvre de ces nouvelles directives. Il visait également à apprécier la valeur ajoutée perçue par les femmes enceintes et les prestataires de santé, à analyser la fidélité de la mise en œuvre ainsi que les coûts associés, tout en examinant les conditions nécessaires à sa durabilité et à son extension à plus grande échelle.

Mis en œuvre dans 16 formations sanitaires réparties dans huit districts sanitaires des régions du Guiriko, du Bankui et du Sourou, le projet s’est déroulé sur une période de cinq ans. Sa phase opérationnelle a couvert la période allant d’octobre 2019 à décembre 2024.
À travers cette restitution, les organisateurs entendent mettre à la disposition des décideurs et des partenaires des données probantes susceptibles d’orienter les politiques et les stratégies en faveur de l’amélioration de la qualité des soins prénatals et, plus largement, de la santé maternelle et néonatale au Burkina Faso.
« Ce projet est né parce que malgré la réduction de la mortalité maternelle, elle reste relativement élevée dans les pays africains. Donc, il est nécessaire d’agir au niveau de la qualité des soins offerts aux femmes. Dans ce cadre, l’OMS a mis en place de nouvelles recommandations. La consultation prénatale passe de quatre à huit avec des soins beaucoup plus améliorés. Il s’agit d’améliorer la qualité des soins pour permettre d’identifier et de prévenir tous les risques liés à la grossesse. Grâce au projet, aujourd’hui, au Burkina Faso, on est capable de mettre en œuvre cette nouvelle recommandation. Nous sommes capables d’améliorer les soins prénataux dans les services de premier contact que sont les Centres de santé et de promotion sociale (CSPS). Ça, c’est le premier élément. Le second élément, c’est que les femmes adhèrent. Elles reçoivent tous les soins dont elles ont besoin. Elles arrivent à faire l’échographie pour voir la vitalité du fœtus pour pouvoir faire la datation du fœtus. Ce sont des résultats qui sont à notre avis très positifs », a indiqué le coordonnateur du projet, Pr. Seni Kouanda.

Malgré les résultats satisfaisants du projet, il subsiste encore des défis. Il s’agit entre autres de ruptures de stocks, des ressources humaines qualifiées. « Il faut que dans les zones rurales, nous ayons du personnel qualifié pour pouvoir prendre en charge les femmes », a dit le Pr. Kouanda. Cette rencontre va permettre de faire des recommandations afin de trouver des solutions durables.
Pour la représentante du secrétaire général du ministère de la Santé, Pr. Valérie Zombré, cette restitution est capitale au regard des défis persistants et des ambitions nationales. Selon lui, le pays envisage une réduction significative de la mortalité maternelle d’ici 2030. Par conséquent, les résultats issus de cette recherche doivent servir de levier pour accélérer la mise à l’échelle des interventions efficaces. Elle a invité les participants à des discussions franches et constructives afin de trouver des solutions durables.

Rama Diallo
Lefaso.net
