
Une délégation de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), conduite par son représentant au Burkina Faso, Ernest Moïse Mushekuru, a effectué une visite de terrain dans la province des Balé afin d’évaluer les réalisations mises en œuvre au profit des communautés rurales. Entre fermes agroécologiques, aménagements agricoles et installations de biodigesteurs, la mission a permis de mesurer les impacts concrets des actions entreprises en faveur de la sécurité alimentaire, de la protection de l’environnement et de l’autonomisation des populations.
Cette tournée a conduit la délégation dans plusieurs sites d’intervention où des échanges ont eu lieu avec les autorités locales ainsi qu’avec les bénéficiaires. Hommes et femmes engagés dans les activités agricoles ont présenté les résultats obtenus grâce aux différents appuis, tout en exposant les difficultés auxquelles ils demeurent confrontés. Pour Ernest Moïse Mushekuru, cette immersion sur le terrain était essentielle afin de mieux apprécier les effets des actions de la FAO en appui aux priorités du gouvernement du Burkina Faso.
« Nous avons eu l’occasion de discuter avec les communautés bénéficiaires des réalisations qu’elles ont pu accomplir en matière de production agricole, mais aussi des défis auxquels elles font face. L’objectif est de trouver ensemble des solutions pour renforcer les acquis », a-t-il indiqué.

Des fermes agroécologiques au service de la résilience
Au cœur de la visite figuraient plusieurs fermes agroécologiques développées avec l’appui de la FAO. Ces espaces de production constituent aujourd’hui de véritables laboratoires de diversification agricole dans une région où les enjeux liés à la sécurité alimentaire demeurent importants. Selon les responsables locaux, ces aménagements permettent aux producteurs de développer plusieurs spéculations agricoles tout en adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement.
Le directeur provincial de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques des Balé, Samuel Tibi, s’est réjoui des résultats observés. « Nous sommes vraiment émerveillés par ces réalisations. Elles vont dans le sens des priorités des plus hautes autorités du pays qui placent la souveraineté alimentaire au premier plan », a-t-il souligné.

Pour lui, l’un des principaux apports des fermes agroécologiques réside dans l’intensification et la diversification des productions agricoles. « La diversification est un élément essentiel de la sécurité alimentaire. Ces fermes permettront aux producteurs de développer plusieurs cultures et d’améliorer durablement leurs conditions de vie », a-t-il expliqué.
L’énergie verte comme levier de développement
La mission a également permis de visiter des biodigesteurs installés au profit des populations rurales. Ces infrastructures produisent une énergie propre à partir des déchets organiques et contribuent à réduire la pression exercée sur les ressources forestières.

Pour le représentant de la FAO, les bénéfices sont multiples. « Ces équipements facilitent l’accès à une énergie plus propre, réduisent la déforestation et allègent les tâches domestiques liées à la recherche du bois de chauffe. Ils permettent également une consommation énergétique plus saine au sein des ménages », a-t-il relevé. Au-delà de leur contribution à la préservation de l’environnement, ces installations offrent aux familles rurales une alternative durable face aux difficultés d’accès aux sources d’énergie conventionnelles.

Pour la FAO, l’ensemble de ces interventions s’inscrit dans la dynamique nationale de renforcement de la sécurité alimentaire et de la souveraineté alimentaire. Ernest Moïse Mushekuru rappelle que l’organisation accompagne les efforts du gouvernement burkinabè dans ce domaine stratégique. « La sécurité alimentaire demeure l’un des piliers majeurs des priorités nationales. Toutes les actions entreprises par la FAO visent à accompagner cette vision et à contribuer à l’atteinte de l’objectif de souveraineté alimentaire », a-t-il affirmé.
Le représentant de l’institution onusienne s’est également dit impressionné par la mobilisation des populations et les nombreuses initiatives développées localement. « Je suis émerveillé par ce que je vois. Au-delà même des projets financés par la FAO, les initiatives communautaires locales sont remarquables. Nous avons affaire à des communautés très motivées », a-t-il déclaré.

Des femmes au cœur des retombées du projet
Dans le village d’Ouroubono, les bénéficiaires n’ont pas caché leur satisfaction face aux investissements réalisés. Présidente de la coopérative Tiongondol, Aïchatou Ouédraogo estime que les infrastructures mises en place constituent une opportunité sans précédent pour sa communauté. « Nous avons déjà bénéficié de plusieurs projets, mais une réalisation d’une telle ampleur est une première pour notre village. Cela nous va droit au cœur », a-t-elle confié.

La coopérative regroupe une centaine de membres dont plus de 57 % de femmes. Selon sa présidente, les nouvelles installations devraient contribuer à réduire certaines activités pénibles pratiquées par les femmes tout en renforçant leurs revenus. « Beaucoup de femmes se consacrent à la production de charbon de bois. Avec ces nouveaux aménagements, elles pourront davantage se tourner vers les activités maraîchères. Cela va améliorer leur autonomie financière, leur permettre de soutenir leurs familles et de participer davantage à la scolarisation des enfants », a-t-elle expliqué.

Déterminée à préserver les acquis du projet, la coopérative entend exploiter pleinement les infrastructures aussi bien pendant l’hivernage qu’en saison sèche.
Même satisfaction chez Zinabou Rouamba, bénéficiaire du projet dans le village de Lapara, qui voit dans ces réalisations un investissement durable pour les générations à venir. « Ce jardin va nous servir, servir nos enfants et nos petits-enfants. Nous ne savons même pas comment remercier la FAO pour ce qu’elle a fait pour notre village », a-t-elle déclaré avec émotion.

Elle assure que les bénéficiaires sont prêts à s’investir pleinement afin de rentabiliser les équipements mis à leur disposition. « Le matériel est là. Maintenant, c’est à nous de travailler sérieusement. Nous promettons de faire le nécessaire afin que, lors de leur prochaine visite, ils puissent constater les résultats obtenus », a-t-elle ajouté.

À travers cette visite de terrain, la FAO a pu constater l’appropriation progressive de ses interventions par les communautés bénéficiaires. Entre agriculture durable, énergie verte et autonomisation économique des femmes, les réalisations observées à Boromo illustrent la contribution des partenariats entre les institutions de développement, l’État et les populations locales à la construction d’une souveraineté alimentaire durable au

Burkina Faso.
Romuald Dofini
Lefaso.net
