
L’ONG Children Believe poursuit son plaidoyer en faveur d’une plus grande implication des familles dans l’éducation et la protection des enfants. Dans cette dynamique, elle a organisé, mercredi 15 juillet 2026 à Ouagadougou, un « Médias Talk » réunissant dix journalistes autour du thème : « Éduquer autrement : Ma première école, ma maison ; l’éducation commence à la maison ». Cette rencontre visait à renforcer la compréhension des professionnels des médias sur cette approche et à les mobiliser comme relais de sensibilisation auprès des populations.
Cette activité s’inscrit dans la continuité de la campagne « Ma première école : l’éducation commence à la maison, la protection commence dans la famille », lancée en janvier 2026 À travers cette campagne, Children Believe entend rappeler que la famille constitue le premier espace d’éducation, de protection et de socialisation de l’enfant.
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Le Burkina Faso fait aujourd’hui face à de profondes mutations sociales marquées notamment par les contraintes économiques, la crise sécuritaire et l’essor du numérique. Ces réalités bouleversent les dynamiques familiales et exposent les parents à de nouveaux défis liés à l’encadrement des enfants, à la communication familiale, à la prévention des violences, notamment en ligne, ainsi qu’à l’accompagnement des jeunes dans un environnement numérique de plus en plus présent.

Face à cette situation, l’initiative « Ma première école, ma maison » ambitionne de renforcer les capacités des parents afin qu’ils jouent pleinement leur rôle dans l’éducation et le développement harmonieux de leurs enfants. Elle encourage les familles à s’impliquer davantage dans l’accompagnement scolaire, la transmission des valeurs, l’écoute et la protection des enfants, tout en faisant des médias des partenaires stratégiques pour promouvoir les bonnes pratiques éducatives et le respect des droits de l’enfant.
Les médias, des partenaires stratégiques de l’éducation familiale
Pour la directrice régionale Afrique de l’Ouest de Children Believe, Mavalow Christelle Kalhoule, le lancement de cette campagne répond à un besoin fondamental : bâtir un capital humain de qualité au Burkina Faso et en Afrique.
« Nous avons lancé cette campagne parce que nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de former des hommes et des femmes de type nouveau, des Burkinabè et des Africains porteurs de valeurs. Pour y parvenir, nous travaillons avec différents acteurs, notamment les médias, qui constituent un levier essentiel pour diffuser les messages, sensibiliser les parents et accompagner les familles dans leur mission éducative », a-t-elle expliqué.
Selon elle, ce Médias Talk s’inscrit dans une dynamique de collaboration avec les professionnels de l’information afin de promouvoir une éducation fondée sur les valeurs et de contribuer à la construction d’une génération engagée dans le développement du pays.

Mavalow Christelle Kalhoule a également rappelé que le capital humain constitue la plus grande richesse d’une nation. Les enfants, a-t-elle soutenu, représentent son plus précieux trésor. Ils doivent grandir dans un environnement favorable à leur épanouissement, avec des valeurs, des repères solides et un véritable engagement citoyen. Pour elle, le développement des pays africains dépend avant tout de leur capacité à former cette génération.
Elle a enfin exprimé le souhait que les journalistes, après s’être approprié les objectifs de l’initiative, accordent une place plus importante aux questions liées à la famille, à l’éducation et à la protection de l’enfance à travers des émissions, des reportages, des chroniques et d’autres productions éditoriales.
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Au cours des échanges, les responsables de Children Believe ont également insisté sur un levier encore insuffisamment exploité : l’implication des pères dans l’éducation des enfants. Selon les données présentées, dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, les responsabilités éducatives reposent encore essentiellement sur les mères, tandis que les pères demeurent principalement perçus comme des pourvoyeurs de ressources financières. Moins de 20 % d’entre eux participeraient régulièrement aux soins quotidiens des enfants âgés de 0 à 5 ans et le temps consacré aux activités éducatives resterait inférieur à 30 minutes par jour.

Pourtant, les recherches internationales montrent qu’un engagement actif des pères favorise de meilleurs résultats scolaires, améliore le développement cognitif et socioémotionnel des enfants, renforce leur estime de soi et contribue à réduire les violences intrafamiliales ainsi que les risques d’exploitation et d’abus.
Au-delà des bénéfices pour les enfants, cette implication profite également aux mères grâce à une diminution du stress parental et à une meilleure répartition des responsabilités familiales. Elle renforce aussi les liens entre les pères et leurs enfants, tout en favorisant une conception plus positive de la masculinité. À l’échelle nationale, elle contribue au renforcement de la cohésion sociale, du capital humain et du développement durable.
Pour atteindre ces objectifs, Children Believe et ses partenaires plaident notamment pour une meilleure prise en compte de l’engagement paternel dans les politiques publiques relatives à l’éducation, à la petite enfance et à la protection de l’enfance. Ils recommandent également le développement de programmes destinés aux pères, la promotion de la parentalité positive, la mise en place d’un environnement institutionnel favorable ainsi que la mobilisation des leaders communautaires et religieux afin de valoriser les modèles de paternité engagée.

Les échanges ont également permis aux journalistes de partager leurs perceptions, leurs préoccupations et leurs recommandations sur les défis actuels de l’éducation familiale. Parmi eux, Germaine Farama a salué une initiative qui apporte, selon elle, une réponse à une problématique devenue préoccupante au Burkina Faso.
La journaliste a notamment attiré l’attention sur l’exposition de plus en plus précoce des enfants aux écrans. Selon elle, cette consommation massive de contenus numériques peut influencer leur comportement et leurs repères, parfois au détriment des valeurs transmises par les parents, l’école et l’entourage. Elle estime que les médias ont un rôle essentiel à jouer dans la sensibilisation des familles aux risques liés aux écrans, tout en valorisant les bonnes pratiques éducatives.
Germaine Farama a également insisté sur la nécessité d’une implication accrue des pères dans l’éducation des enfants. À ses yeux, l’encadrement parental ne doit pas reposer uniquement sur les mères. Une participation active des deux parents constitue un facteur essentiel pour le développement harmonieux de l’enfant, la transmission des valeurs et la construction d’une société plus équilibrée.
À l’issue de la rencontre, les dix journalistes présents ont pris l’engagement d’accompagner la promotion de cette approche afin de contribuer à une meilleure implication des familles dans l’éducation et la protection des enfants au Burkina Faso.
Samirah Bationo
Lefaso.net
