
Naana Technologies, société burkinabè spécialisée dans le développement de solutions endogènes dans le domaine de la sécurité, prend activement part à la première édition des journées scientifiques de la police. Ce 26 juin 2026, l’entreprise a livré une communication sur l’autonomie technologique et a partagé son expérience dans ce sens par la même occasion. Elle est également présente à l’aire d’exposition et donne à découvrir les différentes technologies développées pour accompagner aussi bien les forces de sécurité que les populations civiles.
“Comment développer des capacités nationales capables de réduire la dépendance technologique extérieure” ? C’est sur cette thématique qu’a porté la communication livrée par Lionel Nikièma, gestionnaire de projet à Naana technologies. Il a débuté son intervention en soulignant que l’autonomie technologique ne consistait pas à fabriquer immédiatement et systématiquement tout ce dont le pays a besoin au niveau local, mais plutôt à comprendre la technologie, savoir l’adapter, l’améliorer, la maintenir et la faire évoluer et enfin pouvoir développer certaines critiques de cette technologie.
Lionel Nikiema a identifié quatre piliers indispensables à l’autonomie technologique. Il s’agit du capital humain, de la recherche appliquée, de l’intégration locale et de la vision stratégique. La démonstration de l’importance de ces différents piliers a été faite, en se basant sur l’expérience de Naana Technologies. Au niveau du capital humain, le communicateur a souligné qu’au cours de ces dernières années, Naana technologies a dispensé à plus de 500 agents des forces de défense et de sécurité, des formations de formateurs, pour qu’à leur tour ils renforcent également les capacités de leurs pairs.

En ce qui concerne la recherche appliquée, les ingénieurs locaux de Naana technologie ont développé des solutions locales adaptées aux besoins de nos forces de défense et de sécurité. “Avant tout cela, nous avons essayé de mettre en place un mécanisme de communication entre les acteurs opérationnels sur le terrain et nous qui sommes acteurs de la technologie au Burkina Faso. Donc il existe des canaux de communication pour faire des retours d’expérience ainsi que le point des besoins opérationnels de ces agents-là sur le terrain. À notre niveau, nous utilisons cette information pour concevoir des solutions qui seront adaptées à leur réalité”, a précisé Lionel Nikièma.
Pour ce qui est de l’intégration locale, il s’agit de la manière dont on adapte ce qui est importé de l’extérieur à nos réalités. “Nous avons par exemple développé des solutions comme des dispositifs de largage qui s’adaptent aux drones que les forces de défense et de sécurité utilisent déjà et qui peuvent porter les charges qu’ils auraient et souhaiteraient porter pour larguer”, a indiqué Lionel Nikièma.

Avant de conclure sa communication, Lionel Nikièma a fait des propositions afin de rendre plus dynamique l’autonomie technologique nationale. Parmi ces propositions, figure en bonne place la création d’un fonds national d’innovation, de défense et de sécurité, qui sera alimenté grâce à un prélèvement de 0,5% à 1% sur les importations de technologies. Autre proposition faite, une réformation des appels d’offres. “ Au lieu de demander aux acteurs quel matériel ils peuvent proposer, il faut plutôt proposer le problème auquel on est confronté et demander aux différents acteurs et entreprises les solutions qu’ils peuvent proposer ”, a-t-il soutenu. Lionel Nikièma a aussi proposé la création d’un cadre de test des prototypes et des réalisations des innovateurs et des entreprises qui développent des solutions locales, en vue d’une amélioration continue du processus.

Plusieurs solutions développées par Naana technologies pour accompagner la lutte contre le terrorisme
Au niveau de son stand, Naana technologie donne l’occasion aux visiteurs de découvrir les différentes technologies développées localement pour accompagner les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme. Il s’agit principalement du système de surveillance périmétrique permanent “NIMIR”. À en croire Hassane Nana, gestionnaire de projet à Naana technologies, c’est un dispositif de surveillance qui peut être déployé sur des sites ou dans des casernes et qui permet de surveiller 24h/24 des sites pour reconnaître des personnes, des véhicules et des objets volants.

Ce système est entièrement autonome car il fonctionne avec des panneaux solaires. “ Elle contient une IA intégrée qui permet de détecter et de traquer les personnes dont nous avons besoin. Le dispositif actuel peut aller jusqu’à un kilomètre avec les caméras qui y sont installées. Si toutefois nous voulons aller en profondeur, nous pouvons installer des caméras qui peuvent aller jusqu’à 5 à 10 kilomètres. Il est possible de monter sur le mât jusqu’à 18 mètres d’altitude pour avoir une vue complète sur toutes les cibles”, a-t-il expliqué.

Naana technologies a aussi modélisé et produit de façon locale des dispositifs de largage des munitions (obus, grenades, lacrymogènes) pour les drones de surveillance utilisés par les forces de défense et de sécurité ainsi que des dispositifs de drones kamikaze FPV pour cibles fixes et mobiles. En ce qui concerne les solutions civiles, Naana technologies a mis en place une plateforme de coordination des différentes structures telle que la gendarmerie, la police, la BLCC ou encore la BNSP. Cette plateforme permet aux citoyens, à travers une application mobile, d’émettre différentes urgences qui seront réceptionnées du côté de l’administration. Les urgences seront ensuite évaluées afin de les transmettre à la structure pour qu’elle puisse envoyer des unités pour gérer cette urgence.
Naana technologies est résolument engagée à poursuivre le développement des technologies endogènes afin d’accompagner le domaine de la défense et de la sécurité.
Armelle Ouédraogo
Dalila Ky (Stagiaire)
Lefaso.net
