
Dans le cadre du Mois artistique et culturel (MAC), organisé du 15 juin au 15 juillet 2026, plusieurs établissements scolaires de la capitale vivent au rythme d’activités destinées à promouvoir les arts, la culture et les savoirs endogènes. Dix jours après le lancement officiel de l’initiative, une équipe de Lefaso.net s’est rendue à l’école Gounghin Nord B, dans le secteur 7 de Ouagadougou, pour mesurer l’impact de cette immersion culturelle sur les apprenants.
Dans le cadre du Mois artistique et culturel (MAC), qui se tient du 15 juin au 15 juillet 2026, plusieurs établissements scolaires de la capitale vivent au rythme d’activités culturelles et artistiques. Ce mardi 23 juin 2026, soit dix jours après le lancement officiel des activités, notre équipe s’est rendue dans l’une des écoles ciblées, à savoir l’école Gounghin Nord B, située dans le secteur 7 de la ville de Ouagadougou. Objectif : observer l’impact réel de cette initiative gouvernementale sur les apprenants.
Il était 8h30 lorsque nous sommes arrivés à l’école Gounghin Nord B. La cour de récréation, habituellement animée par les allées et venues des élèves, paraissait plus calme qu’à l’accoutumée. Non pas parce que les enfants étaient absents, mais parce qu’un espace spécialement aménagé concentrait toute l’attention. C’est là que se déroulaient les activités du MAC, réunissant élèves et encadreurs dans une ambiance à la fois festive et studieuse.
Les cahiers, ardoises, craies et stylos ont momentanément cédé la place à la créativité. Accompagnés de leurs encadreurs, les élèves, toutes classes confondues, sont plongés dans une immersion au cœur des différentes cultures. Au cours de ces dix premiers jours, ils ont mené plusieurs activités, notamment la couture, la préparation de mets traditionnels comme le tô rouge, la fabrication de confitures à base de tomates pouvant être consommées avec du pain ou du riz blanc, ainsi que la production de bois de chauffe à partir de cartons et de balles de riz.

Les apprenants ont également appris à sécher des feuilles telles que l’oseille, la citronnelle et l’amarante. Une opération réalisée à l’ombre, et non au soleil, afin d’en préserver la couleur verte. Toutes ces feuilles proviennent du potager scolaire. Au moment de notre passage, les élèves fabriquaient des baguettes destinées à un usage pédagogique et qu’ils entreposaient dans l’une des salles de classe.
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Des élèves comme Nassiratou Kima et Oumar Diarra, tous deux en classe de CM2 à l’école Gounghin Nord B, se sont réjouis de cette initiative mise en place par les autorités, qui leur permet de renouer avec leur culture et leurs traditions.
Pour Nassiratou Kima, la danse est l’activité qui l’a le plus marquée jusqu’à présent. « J’ai aimé particulièrement la danse car on nous a appris des danses traditionnelles que nous allons présenter au CENASA. J’aimerais participer aux éditions à venir car le MAC apprend aux enfants leur culture et je les invite à ne pas l’abandonner », a-t-elle laissé entendre.

Le même sentiment de satisfaction anime Oumar Diarra. Toutefois, contrairement à sa camarade, c’est la couture qui a retenu toute son attention. Il estime que les compétences acquises aujourd’hui pourront lui être utiles à l’avenir. « On nous a appris à respecter nos cultures, à parler nos langues maternelles. La couture est l’activité que j’ai beaucoup appréciée car plus tard je pourrais ouvrir un atelier », a-t-il fait savoir.
Par ailleurs, il a exprimé le souhait de participer aux prochaines éditions car, selon lui, « le MAC est un mois qui nous apprend le respect des cultures ».
Les enseignants jouent également leur partition dans l’encadrement des élèves et la mise en œuvre des différentes activités. À ce sujet, Salimata Dabiga, enseignante en classe de CE1, a rappelé l’importance du MAC et sa contribution à la formation des apprenants. « L’apport est très grand. Parce que les enfants vont connaître beaucoup de choses par rapport aux coutumes, à la vie en communauté, puisqu’il y a des communications sur ces valeurs. En plus, ils vont apprendre beaucoup de choses qu’ils peuvent exploiter dans leur vie », a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté qu’à travers certaines activités déjà menées, notamment la couture, les élèves pourront désormais raccommoder eux-mêmes leurs tenues sans nécessairement solliciter l’aide de leurs parents.
Cependant, malgré l’engagement des enfants dans les différentes activités, l’enseignante relève quelques difficultés. Elle cite notamment l’irrégularité de certains élèves ainsi que le coût relativement élevé de certaines activités. Pour les éditions futures, elle formule plusieurs suggestions.
Selon Salimata Dabiga, il serait important d’élargir la participation des élèves. Elle estime que le fait qu’une seule école par bloc soit concernée limite le nombre d’enfants impliqués. À l’en croire, l’implication de l’ensemble des écoles d’un même bloc favoriserait une mobilisation plus importante des apprenants.
Elle souligne également la nécessité de renforcer la communication autour de cette initiative. Une meilleure sensibilisation des parents et des communautés aux objectifs et à l’importance du MAC permettrait, selon elle, de susciter davantage leur adhésion et d’encourager les enfants à prendre part aux différentes activités proposées.

Pour mémoire, le Mois artistique et culturel (MAC) est une initiative lancée par le ministère en charge de l’éducation dans le but de promouvoir les arts, la culture, les langues nationales et les valeurs patrimoniales au sein du système éducatif burkinabè, tout en offrant un cadre d’expression et de valorisation des talents des apprenants. Prévu pour une durée d’un mois, du 15 juin au 15 juillet 2026, il est placé sous le thème : « Art, culture et savoir endogène à l’école : levier d’enracinement identitaire, de résilience et de vivre ensemble au Burkina Faso ».
Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
