
« Les enjeux de la structuration du secteur culturel au Burkina Faso » ; c’est le titre de l’œuvre de l’enseignant-chercheur et maître de conférences en études théâtrales à l’université Joseph Ki-Zerbo, Dr Pingdewindé Issiaka Tiendrébéogo, dédicacée le samedi 27 juin 2026 à l’espace culturel Sylvie Chalaye, sis commune de Komsilga (sortie sud-ouest de la capitale). L’œuvre, essai scientifique, porte une analyse sur les défis de gouvernance culturelle et fait des propositions aux fins de faire de la culture un instrument de développement du Burkina.
L’œuvre, 204 pages, est structurée en cinq chapitres et repose sur une méthodologie alliant à la fois recherche qualitative et quantitative. Le premier chapitre examine les fondements et orientations de la stratégie nationale de la culture. Il scrute les axes fondamentaux de la politique culturelle burkinabè. Au deuxième chapitre, l’auteur porte une analyse sur la Confédération nationale de la culture du Burkina Faso (structure non étatique créée en octobre 2015 et considérée comme organisation-mère du monde culturel et artistique au Burkina) et autres structures affiliées.
Cette confédération a pour mission principale, faut-il le rappeler, de renforcer la structuration, la synergie et les capacités des acteurs culturels non étatiques, pour améliorer leur contribution au développement socio-économique du Burkina. Le troisième chapitre examine les perceptions des acteurs culturels sur la politique nationale et la contribution des fédérations à la structuration du secteur. « L’analyse des perceptions constitue un élément important pour évaluer la pertinence et l’efficacité de la politique nationale de la culture. Elle permet d’appréhender, au-delà des textes, la réalité vécue par les professionnels et leurs organisations », commente l’auteur de l’œuvre.

Le quatrième chapitre braque, lui, les projecteurs sur les principaux maillons institutionnels et non gouvernementaux d’appui au secteur culturel. Dans cette partie, Dr Tiendrébéogo démontre que, si la diversité des acteurs peut être considérée comme une richesse, elle est susceptible également de rendre complexe la coordination des actions. « Les enjeux de la structuration du secteur culturel au Burkina Faso » s’intéresse particulièrement aux mécanismes de gouvernance, à la manière dont les institutions publiques encadrent les activités culturelles et au rôle des organisations professionnelles dans la défense des intérêts du secteur de la culture.
Quant au cinquième chapitre, il évoque l’impact de la structuration organisationnelle sur le développement du domaine culturel. Ici, l’ancien conseiller technique au ministère des Affaires religieuses et coutumières et lauréat du prix FILGA des Arts africains 2025 approfondit une réflexion sur les sources de financement publiques, privées et issues de la coopération internationale. Il relève les difficultés rencontrées par les artistes et les organisations culturelles pour accéder à des financements stables.

Par cette œuvre, Dr Pingdewindé Issiaka Tiendrébéogo, auteur de la pièce de théâtre « Les barrières de l’intolérance », parue en janvier 2022 chez les Éditions Mercury, engage une réflexion majeure sur les défis, opportunités et perspectives de structuration du secteur culturel burkinabè. Le directeur exécutif de l’Association culturelle Sylvie Chalaye (https://lefaso.net/spip.php?article129312) met donc en exergue les enjeux liés à la gouvernance culturelle, à la professionnalisation des acteurs, aux politiques publiques en la matière et à la contribution de la culture au développement national.

Pour le présentateur de l’œuvre, Dr Jacob Yarabatioula, directeur général de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), l’objectif principal du travail est de comprendre les mécanismes et les impacts de la structuration du secteur culturel au Burkina Faso. Il relève également que l’auteur poursuit trois objectifs spécifiques, à savoir identifier les organes publics et privés intervenant dans ce processus, mettre en exergue l’intérêt et le rôle des acteurs impliqués et analyser l’impact de la structuration culturelle sur le développement global du pays. De son avis, la structuration du secteur culturel est un enjeu stratégique pour l’avenir du Burkina, dans un contexte où la culture peut jouer un rôle majeur dans la consolidation de la paix, du vivre-ensemble et de la résilience nationale.

Le présentateur a aussi insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre les acteurs du secteur, afin de réduire les conflits d’intérêt, d’améliorer la coordination des interventions et de construire une vision commune du développement culturel. « Mon collègue démontre à travers ce document scientifique que la culture est un facteur essentiel de cohésion sociale, de valorisation du patrimoine et de renforcement de l’identité nationale », accueille le présentateur, saluant la pertinence de l’œuvre, notamment dans la dynamique nationale engagée ces dernières années.
« Les enjeux de la structuration du secteur culturel au Burkina Faso » est acquérable à la librairie Mercury et auprès de l’auteur, au prix de 15 000 FCFA.
O.L.
Lefaso.net
