
La première édition du Grand salon de la data en Afrique (GSDA) a ouvert ses portes ce 16 juillet 2026 à Ouagadougou. Elle se tient sous le thème « Construire l’écosystème data africain : formation, régulation, innovation et gouvernance » et a pour objectif de faire de la donnée un levier de développement, d’innovation et de souveraineté pour les pays africains. Le GSDA réunit pouvoirs publics, entreprises, universités, centres de recherche, startups, investisseurs et partenaires techniques et financiers et se veut un cadre de réflexion et d’actions autour de la gouvernance responsable des données sur le continent.
« Notre souveraineté ne se mesurera plus uniquement à nos ressources naturelles ou à nos infrastructures, mais aussi à notre capacité à produire, protéger, gouverner et valoriser nos propres données ». C’est fort de cette conviction que Djibril Pamousso a initié le GSDA qui se tient ce jour, avec pour ambition de contribuer à bâtir un écosystème africain où la donnée devient un véritable levier de développement. Il a indiqué qu’à l’ère où l’intelligence artificielle transforme profondément les économies, les administrations et les sociétés, l’Afrique ne doit pas rester en marge. D’où la nécessité de réfléchir aux défis et aux opportunités qu’offre la donnée pour le développement durable de notre continent.

« La maîtrise et la validation des données représentent aujourd’hui un enjeu stratégique pour la souveraineté, la compétitivité et l’innovation des États africains. Le Grand salon de la data en Afrique s’appuie sur une étude rigoureuse des besoins des entreprises, des administrations, du monde académique et de la jeunesse, afin de proposer un cadre favorisant le partage d’expériences, le renforcement des compétences et la création de synergies concrètes au service du développement du continent africain », a souligné le promoteur du salon.
Cette première édition du GSDA est placée sous le patronage du ministre de la transition digitale, Aminata Zerbo/Sabané. Venu la représenter à la cérémonie d’ouverture, Michel Jonas Somé a salué une initiative qui intervient à un moment opportun et offre au Burkina et à toute l’Afrique une précieuse plateforme d’échanges stratégiques autour de la donnée à l’ère de l’intelligence artificielle. Il n’a pas manqué de souligner que la donnée est devenue une ressource stratégique au même titre que les infrastructures ou les ressources économiques traditionnelles. « Aujourd’hui, la capacité d’un pays à produire, collecter, organiser, protéger, héberger et valoriser ses données est devenue un indicateur de sa puissance et de son autonomie », a-t-il indiqué.

Pour Michel Jonas Somé, la maîtrise de la donnée représente aujourd’hui un enjeu stratégique pour l’Afrique. « Notre continent dispose d’une jeunesse talentueuse, d’universités dynamiques, d’entreprises innovantes et d’un potentiel considérable. Nous devons créer les conditions permettant à ces compétences de développer des solutions adaptées à nos réalités et capables de répondre à nos priorités de développement ».
Il a aussi relevé les efforts fournis par l’État burkinabè afin de garantir une meilleure maîtrise du patrimoine numérique national à travers l’acquisition de data centers. « Notre ambition est de faire des données un levier de souveraineté, de performance publique et de création de valeur. Des données produites au Burkina Faso, protégées au Burkina Faso, hébergées au Burkina Faso et mises au service du développement économique et social de notre pays », a-t-il affirmé.

Le GSDA sera marqué par des panels de haut niveau, des tables rondes, des démonstrations technologiques ainsi que des formations spécialisées en ingénierie des données, analyse de données et data science. Les échanges porteront sur des thématiques majeures telles que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la santé numérique, les services publics numériques, les villes intelligentes, l’agriculture numérique et la finance digitale. Les promoteurs entendent au fil du temps faire du GSDA une plateforme panafricaine de partage d’expériences de coopération et d’innovation entre les pays africains.
Armelle Ouédraogo/Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
