L’Hôtel maternel d’Orodara, dans la province du Kénédougou, est un refuge pour les enfants que les crises, les traumatismes et les pesanteurs socioculturelles ont privés de famille. Grâce à l’accompagnement du ministère en charge de la Solidarité, dont il relève, cet établissement public poursuit sa mission humanitaire depuis son ouverture en 2013. Une équipe du département ministériel, accompagnée de professionnels des médias, a rendu visite aux pensionnaires du centre, ce 21 mai 2026.
Construit en 2007 à la demande des organisations féminines de la province du Kénédougou pour répondre aux difficultés de prise en charge des nourrissons après des décès maternels précoces, l’Hôtel Maternel d’Orodara a accueilli son premier pensionnaire en internat en 2013.
Depuis 2025, il est l’une des structures déconcentrées de l’Institut Denkanu, établissement public du ministère en charge de la Famille et de la Solidarité, chargé de l’accueil, de la protection et de l’insertion sociale des enfants et jeunes en situation de vulnérabilité. « Chaque enfant, quelle que soit son histoire ou la gravité des traumatismes subis, a droit à une seconde chance, à la sécurité, à l’amour et à un accompagnement vers la reconstruction », a déclaré Siapri Mireille Coulibaly, directrice de la structure.
L’Hôtel Maternel accueille une grande diversité de profils à savoir des enfants trouvés, des enfants en danger, des enfants rencontrés lors des opérations de sécurisation du territoire, des enfants rejetés par leur communauté en raison de pesanteurs socioculturelles, des enfants non accompagnés et séparés. Il y a aussi les mères de jumeaux, triplés ou plus en situation de vulnérabilité, les mineurs en situation de grossesse, les jeunes mères et survivants de violences basées sur le genre.
À ce jour, la structure compte 61 enfants, dont 7 en situation de handicap. Depuis sa mise en service, elle a accompagné 645 enfants venus de divers horizons du Burkina Faso. Parmi eux, 243 ont été réinsérés dans leur famille et 16 ont été adoptés, au niveau national ou international.

La prise en charge repose sur un modèle familial, avec des groupes éducatifs encadrés par des éducateurs référents et des nourrisses. Elle couvre le volet psychosocial et psychoéducatif, l’accompagnement spécialisé des enfants en situation de handicap, l’appui au maternage des jeunes mères et l’insertion socioprofessionnelle. Trente pensionnaires suivent actuellement un cursus scolaire, dont 25 au sein même de la structure dans une salle de classe multigrade.
Les activités socio-éducatives, sportives et culturelles occupent une place centrale dans la démarche thérapeutique du centre : arts du cirque, karaté, Vovinam Việt Võ Đạo, activités artistiques et culturelles. « Au-delà du simple divertissement, ces disciplines agissent comme des outils de reconstruction psychologique, par la canalisation des émotions, la maîtrise de soi et l’expression des traumatismes », a expliqué la directrice.
Au titre des résultats de cette structure, il y a la réduction de la mortalité infantile, la prévention de l’infanticide, la réduction de la malnutrition grâce à un suivi nutritionnel strict des enfants de 0 à 5 ans, et la prise en charge précoce du handicap.
Des défis qui appellent des réponses urgentes
Malgré ces résultats, l’Hôtel Maternel fait face à plusieurs défis. Le ratio éducateurs-enfants reste insuffisant, avec 8 enfants par éducateur et 16 par nourrice, ce qui nécessite un renforcement en ressources humaines qualifiées.
La prise en charge des enfants en situation de handicap reste aussi limitée par le manque de ressources et l’absence de services spécialisés.
Aussi, les traumatismes complexes liés à la guerre, aux pertes de proches et aux fuites brutales appellent un renforcement urgent du soutien psychosocial avec des psychologues et des thérapeutes spécialisés.
La clôture intégrale de la structure reste également inachevée, compromettant la sécurité physique du site. « L’Hôtel Maternel n’est plus un centre social classique. Il est devenu un acteur humanitaire de première ligne », a conclu Siapri Mireille Coulibaly, appelant l’État, les partenaires et la solidarité nationale à renforcer les capacités de la structure pour lui permettre d’aller encore plus loin.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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