La fixation des frais de scolarité dans les structures privées d’enseignement sera réglementée dès la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027 au Burkina Faso. La décision a été actée par un décret adopté en Conseil des ministres en mai 2026. Afin d’éclairer l’opinion publique sur ce nouveau texte, les représentants des ministères chargés de l’Enseignement de base, de l’Enseignement secondaire et de l’Enseignement supérieur étaient face à la presse, ce 14 juillet 2026.
La décision de réglementer les frais de scolarité dans les structures privées d’enseignement fait suite au constat d’augmentations jugées anarchiques et parfois excessives des frais de scolarité et d’inscription sans fondement objectif, selon les conférenciers.
La mesure vise donc, entre autres, à assainir le milieu en prévenant les situations de conflit entre les parents d’élèves et les promoteurs d’établissements privés, à protéger le pouvoir d’achat des familles, à assurer l’accessibilité et l’équité dans les établissements et à renforcer la confiance entre les acteurs grâce à la régulation de l’État, a expliqué Ibrahima Sanon, secrétaire général du ministère chargé de l’Enseignement de base.
La réglementation fixant les plafonds des frais de scolarité, applicable dès la rentrée 2026-2027, tient compte de plusieurs critères. Il s’agit de la zone d’implantation de l’établissement d’enseignement, du niveau d’investissement, de la qualité de l’offre éducative, du type d’établissement et des spécificités des différentes filières de formation.

La réglementation fixant les plafonds des frais de scolarité classe les établissements privés d’enseignement en trois catégories, selon plusieurs critères.
Pour l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire, la fixation des tarifs prend en compte la zone d’implantation de la structure, le niveau d’investissement et la qualité de l’offre éducative. C’est en fonction de ces critères que les prix seront désormais plafonnés (voir tableau ci-dessous).

Concernant le post-primaire et le secondaire, aux critères établis pour le préscolaire et le primaire s’ajoutent le niveau d’enseignement et le type d’établissement (consulter les tarifs plafonnés ci-dessous).

Les frais de scolarité ont aussi été plafonnés dans les structures privées d’enseignement et de formation techniques et professionnels. Dans ces établissments, les frais de scolarités sont fixés en fonction de la filière choisie par l’apprenant. (voir les tableaux ci-dessous).
Secteur tertiaire

Secteur industriel

Secteur agro-sylvo-pastoral

Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, les frais de scolarité seront plafonnés selon la qualité de l’offre éducative, le niveau d’études des formations et la typologie des filières (LMD, sciences médicales, sciences de l’ingénieur ou cycle BTS) (voir les frais plafonnés dans le tableau ci-dessous).

Frais annexes et internat : Ce qui change pour les parents
Ce plafonnement prend uniquement en compte les frais de scolarisation et d’inscription. Selon l’article 5 du décret, la perception de toute autre contribution financière est désormais soumise à l’autorisation préalable du ministère de tutelle. « Cette mesure vise à mettre fin aux multiples prélèvements imposés aux parents sans base réglementaire », a-t-il précisé.
Les frais d’hébergement, quant à eux, feront l’objet d’un traitement à part. « L’internat étant une contribution supplémentaire des établissements privés, ces frais liés à l’hébergement des élèves au sein ces établissements feront l’objet d’échanges entre l’administration et les structures privées d’enseignement qui ont cette forme de prestation », a laissé entendre Paré Bienzi Didier, secrétaire général du ministère chargé de l’Enseignement secondaire.

De l’avis du secrétaire général du ministère chargé de l’Enseignement supérieur, le Pr Samuel Paré, les instituts privés d’enseignement supérieur ont déjà appliqué ces réformes et les acteurs en assurent le suivi.
« On n’a pas fixé de prix. On a réglementé les frais. En fonction de votre catégorisation, vous avez une limite que vous ne pouvez pas dépasser », a précisé le Pr Samuel Paré.
Il faut noter que ce décret prend effet à partir de la rentrée scolaire et académique 2026-2027. Ces critères de catégorisation, la transparence dans la fixation des frais de scolarité, l’efficacité des contrôles et l’application rigoureuse des sanctions prévues par les textes feront l’objet d’une vigilance accrue de la part du gouvernement, ont précisé les conférenciers du jour.
Voir ici
Arrêté portant règlementation des frais de scolarité dans les structures privées d’enseignement post primaire et secondaire
Arrêté N°2026-101 du 10-07-2026 portant règlementation des frais de scolarité dans les structures privées d’éducation préscolaire et d’enseignement primaire (1)
Arrêté N°2026-254 MESRI SG DGESup du 10-07-2026 portant règlementation des frais de scolarité dans les institutions privées d’enseignement supérieur (IPES)
L’article Burkina Faso : Le gouvernement précise les critères de plafonnement des frais de scolarité dans le privé est apparu en premier sur Faso7.
