
La troisième édition du Forum Soil Nexus se tient du 23 au 25 juillet 2026 à Ouagadougou. Le thème retenu à l’occasion est « Territorialisation des systèmes alimentaires burkinabè par l’approche bassins-versants, pilier stratégique de la souveraineté alimentaire et du développement durable ». La rencontre réunit plusieurs acteurs autour des enjeux de la sécurité alimentaire, de la gestion durable des ressources naturelles et du développement territorial.
Pour cette troisième édition du forum Soil Nexus, les réflexions sont orientées vers la territorialisation des systèmes alimentaires par l’approche bassins-versants. Selon la présidente de l’association Sol Vert, Rasmata Koudougou, l’objectif est de valoriser des ressources endogènes afin d’en faire des leviers de souveraineté alimentaire. Elle a expliqué que l’approche bassins-versants permet de prendre en compte les spécificités de chaque territoire, afin de mieux valoriser les ressources locales et de renforcer la résilience des systèmes alimentaires.
La présidente de Sol vert a indiqué que les travaux du forum devraient déboucher sur des recommandations concrètes, accompagnées d’une feuille de route et d’un plan d’action opérationnel destinés à faciliter leur mise en œuvre et leur suivi. Elle a également annoncé qu’un projet fondé sur l’approche bassins-versants est déjà en cours d’élaboration. Après deux journées de panels de haut niveau animés par des spécialistes du domaine, les participants effectueront une visite de terrain à Nakantenga dans une ferme agroécologique.

La cérémonie d’ouverture du forum a été patronnée par le ministre de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques. Son représentant, Boukary Savadogo, a souligné que la territorialisation des systèmes alimentaires constitue une réponse adaptée à la diversité des réalités du Burkina Faso. Selon lui, les potentialités, les contraintes et les besoins diffèrent d’une région à une autre, ce qui rend nécessaire une approche fondée sur les caractéristiques propres à chaque territoire.
Il a expliqué que territorialiser les systèmes alimentaires consiste à identifier les ressources disponibles en terres et en eau, les productions adaptées, les infrastructures prioritaires, les capacités de transformation et de stockage, les débouchés commerciaux ainsi que les risques climatiques, économiques et sociaux. Pour lui, l’approche par bassins-versants offre un cadre pertinent de planification puisqu’elle dépasse les frontières administratives et prend en compte les interactions entre les différents usages des ressources naturelles.

Boukary Savadogo a également insisté sur la nécessité de rapprocher les lieux de production, de transformation, de commercialisation et de consommation. Il a regretté les pertes importantes enregistrées après les récoltes en raison des insuffisances en matière de stockage, de conservation et de transformation. Il a appelé à faire de la production, de la transformation et de la consommation locales un véritable moteur de développement économique, de création d’emplois et de prospérité.
La troisième édition de Soil Nexus a été co-parrainnée par le ministre de l’énergie Yacouba Zabré Gouba, le directeur général de IAM Gold Essakane Tidiane Barry et le directeur pays d’Oxfam Omer Kaboré. Dans son mot, le représentant du ministre de l’énergie a souligné l’importance d’une approche intégrée permettant de concilier agriculture, énergie, exploitation minière et préservation des ressources naturelles. Il a estimé que les politiques sectorielles ne peuvent plus être conduites de manière isolée alors que les différentes activités s’exercent sur les mêmes espaces.

Selon lui, l’approche bassins-versants favorise une gestion concertée des ressources en prenant simultanément en compte la circulation de l’eau, l’occupation des terres ainsi que les activités agricoles, minières, énergétiques et humaines. Elle permet également de garantir que l’utilisation des ressources aujourd’hui ne compromette pas les moyens d’existence des générations futures.

Le représentant du ministre a aussi mis en évidence le rôle stratégique de l’énergie dans l’atteinte de la souveraineté alimentaire. L’accès à une énergie fiable et abordable est, selon lui, indispensable pour l’irrigation, le pompage de l’eau, la conservation des récoltes, la transformation agroalimentaire et le développement des activités économiques en milieu rural.

Abordant la question minière, il a plaidé pour une exploitation responsable des ressources qui contribue non seulement à la création de richesses et d’emplois, mais aussi à la préservation de l’environnement, à la réhabilitation des terres et à la diversification économique des territoires concernés. Il a rappelé que les localités minières doivent pouvoir développer d’autres activités économiques durables telles que l’agriculture, l’élevage, la transformation agroalimentaire ou encore l’artisanat.
Armelle Ouédraogo/Anita Zongo
Lefaso.net
