Burkina Faso : Le Dr Lassina Simporé, l’archéologue qui fait le pari des agrumes et du « Made in Burkina »

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Le Dr Lassina Simporé est un enseignant-chercheur spécialisé en archéologie et en gestion du patrimoine culturel physique à l’Université Joseph KI-ZERBO. Outre les sciences humaines, Dr Simporé voue une grande passion à l’agriculture et à l’élevage. À quelques encablures du village de Tansobtinga, dans la commune rurale de Saaba, il a mis en place une ferme pour la production de volaille. En attendant l’effectivité de ce volet, l’enseignant-chercheur a orienté cette ferme vers la production d’agrumes. Le 22 mars 2026, nous avons effectué une visite au sein de cette ferme pour découvrir les motivations et les ambitions du promoteur.

Dimanche 22 mars 2026. Il est 07 h 15 à notre montre lorsque nous entamons notre périple pour rejoindre Tansobtinga, dans la commune rurale de Saaba, à la sortie Est de la ville de Ouagadougou. Notre parcours se déroule sans encombre, jusqu’à la Route Nationale N°4. Des bulldozers en action, des camions en mouvement : la RN4 est en pleins travaux d’élargissement.

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Un peu plus loin, la voie rouge cède la place au bitume fraîchement étalé. Visiblement, les travaux avancent. Sur la voie de contournement du grand Ouaga, nous rencontrons notre hôte pour le reste du trajet. À cette étape, nous sommes à 9 kilomètres de la ferme. Bien que cette distance soit minime, nous mettons environ 35 minutes pour arriver sur les lieux. Pour l’instant, la zone ne dispose pas de voies d’accès aménagées.

L’enseignant devenu botaniste à la ferme Wendpouloumdé

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La ferme Wendpouloumdé

La ferme Wendpouloumdé, ou « la volonté de Dieu » en langue locale mooré, s’étend sur une superficie de plusieurs hectares. Dr Lassina Simporé la détient depuis trois ans. Pour la première phase de son projet, le Dr Simporé n’a aménagé que 0,70 hectare. Tenant compte de son agenda, il envisage d’implanter trois grands poulaillers pouvant abriter 2 500 à 3 000 poulets. En attendant, l’espace est mis à profit pour la production d’agrumes.

« Nous essayons aussi des légumes comme les oignons, les concombres, un peu de persil, etc. L’objectif, c’est de connaître aussi le cycle de chaque espèce », affirme-t-il.

Sur le domaine, trois types d’agrumes sont produits, notamment la mandarine, le citron et le tangelo. La production de ces fruits requiert beaucoup de technicité, confie Dr Simporé. À cet effet, dit-il, il est sorti du confort d’enseignant-chercheur pour se mettre dans la peau d’un botaniste. Cela nécessite parfois des sacrifices, argumente-t-il.

« Le problème, c’est la passion, mais aussi la patience. Parce que le greffage, s’il est mal fait, il ne réussit pas, et vous avez perdu un mois ou deux mois. Et s’il a réussi aussi, il faut du temps pour que ça commence à produire des fruits. Le tangelo, le minimum, c’est cinq ans, si on veut un bon rendement. Mais à partir de trois ans, il y a quelques fruits qui vont être là, juste pour la consommation des desserts. Mais pour vendre à grande échelle, il faut attendre vraiment cinq ans. C’est pareil aussi pour le citron. Mais une fois que la production a commencé, on est parti pour du bon », raconte-t-il tout confiant.

À la ferme, il expérimente également l’apiculture. Pour le test, il a installé deux ruches au mois d’octobre. Le nombre de ruches sera multiplié si toutefois l’expérience s’avère concluante.

Des prévisions financières rassurantes

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À terme, c’est vraiment très rentable parce que ça peut produire des revenus avant la fin du mois, Dr Lassina Simporé.

Les prévisions sont tout aussi rassurantes. Selon les estimations du promoteur de la ferme des agrumes, un pied de tangelo produit environ 400 kilos de fruits. De plus, le tangelo a une fréquence de production de deux fois l’an. Au bord champ, Dr Lassina Simporé confie que le kilogramme se vend autour de 250 FCFA à 300 FCFA. Pour les autres types d’agrumes, tels que le citron, la capacité de production avoisine au minimum 100 à 150 kilogrammes tous les trois jours. « À terme, c’est vraiment très rentable parce que ça peut produire des revenus avant la fin du mois », dit-il.

Cette production sera le fruit de la passion et de la curiosité d’un spécialiste en archéologie et en gestion du patrimoine culturel physique. À travers la ferme Wendpouloumdé, le Dr de l’UFR des sciences humaines veut prouver que les universitaires sont capables d’être utiles au-delà de leur domaine de formation.

Promouvoir la production endogène

À la base, Dr Simporé s’est spécialisé dans la production de volaille et possède des milliers de têtes en milieu urbain. La ferme lui donne la possibilité d’étendre cette production à une grande échelle à l’instar d’un vaste champ d’expérience. Par-dessus tout, la ferme des agrumes et des volailles Wendpouloumdé s’inscrit dans la vision du gouvernement burkinabè qui encourage la production endogène.

« Quand vous êtes dans un pays et que les autorités de ce pays donnent des instructions, il faut essayer à votre petite échelle de voir comment contribuer à la réalisation de ça. Donc, à terme, je vais contribuer à faire en sorte que les Ouagalais, en tout cas, puissent consommer de la papaye produite dans la ville de Ouagadougou, ensuite du poulet produit dans la ville de Ouagadougou, du citron produit dans la ville de Ouagadougou », projette-t-il.

L’autre ambition du promoteur, c’est la mise en place d’une unité de production de jus de citron et de tangelo. Les agrumes produits à la ferme seront redirigés vers ces unités pour en faire sortir du jus local « Made in Burkina Faso ».

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Une partie de la ferme©️Faso7

L’appel au soutien

Cependant, Dr Simporé est limité dans ses ambitions. Il dit ne pas disposer de moyens conséquents pour la réalisation à grande échelle de son projet. Pour cela, il tourne son regard vers le ministère en charge de l’Agriculture et des Ressources animales pour l’appuyer dans la réalisation de son projet qui vient en appui à la politique du secteur.

« Ce qu’on fait aussi, c’est pour le public burkinabè et c’est pour montrer qu’on peut appuyer le gouvernement dans ce qu’il fait, si on a quelques ressources. Je vois le Commandant Sombié (chargé de l’Agriculture et des Ressources animales, NDLR) qui fait des merveilles au niveau des bas-fonds, au niveau des périmètres publics. Mais derrière tout ça, il faut se dire que des particuliers, surtout d’un certain niveau, peuvent aussi aider à la réalisation de cette politique. Parce que moi, je tiens vraiment à réaliser ce que je suis en train de faire », soutient-il.

Pour atteindre ses objectifs, le Dr Lassina Simporé affirme être ouvert pour discuter sur les modalités d’une éventuelle subvention. Pour lui, la ferme des agrumes et des volailles représente un moyen pour contribuer à l’atteinte d’une résilience agricole au Burkina Faso.

Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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Author: The Insider

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