Burkina Faso : L’autorisation préalable pour étudier à l’étranger « ne vise pas la France », clarifie le ministère

Pub 📢

Face à la presse ce 1er juillet 2026 à Ouagadougou, le ministère chargé de l’Enseignement supérieur a apporté des éclaircissements sur le décret portant régime des bourses d’études et de la recherche. Selon le secrétaire général du département, le Gouvernement, à travers ce texte, « n’a aucune intention de fermer la porte à des études à l’extérieur ».

Le décret ne vise pas, selon le Pr Samuel Paré, secrétaire général du ministère, à empêcher les études à l’extérieur. Il a pour objectif de dresser une cartographie des étudiants burkinabè à l’extérieur.

Pub 📢

Tout Burkinabè qui envisage de mener des études, une formation ou un stage dans une institution à l’étranger doit obtenir une autorisation préalable. Le Pr Samuel Paré a expliqué que cette mesure vise à contrôler la qualité des profils formés et à aligner les compétences extérieures sur les besoins stratégiques du pays.

« Des étudiants ont été victimes de réseaux peu scrupuleux qui les ont orientés vers des établissements non reconnus, dans des formations sans valeur académique et avec des contenus complètement en déphasage avec la vision actuelle du Gouvernement. Nous avons enregistré des situations dramatiques où des étudiants se sont retrouvés isolés dans des environnements non maîtrisés, sans aucun accompagnement institutionnel. Dans certains cas, ils ont été exposés à des systèmes d’endoctrinement ou à des contextes susceptibles de porter atteinte à leur sécurité, à leur intégrité morale, à leur avenir professionnel et même à leur dignité », a déclaré le Pr Samuel Paré.

Un mécanisme de prévention

​Cette mesure, a-t-il ajouté, constitue avant tout un mécanisme de prévention, de protection et d’accompagnement des étudiants burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, qu’ils soient débutants, en cours de cursus ou ayant déjà accompli leurs études.

​« Il s’agit de renforcer la protection consulaire en permettant à nos représentations diplomatiques d’assurer d’intervenir en cas de difficulté et de veiller à ce qu’aucun Burkinabè en formation à l’étranger ne soit laissé à lui-même. Cela permettra à l’État de cartographier les compétences acquises par la diaspora, de mieux préparer leur retour, de faciliter leur insertion dans le tissu socio-économique national et de mobiliser leurs expertises au service du développement du Burkina Faso », a souligné le secrétaire général.

Une plateforme numérique pour les demandes d’autorisation 

Afin de faciliter les démarches des étudiants, le ministère a annoncé la mise en place, dans les prochains jours, d’une plateforme numérique à travers laquelle toutes les demandes d’autorisation seront introduites. Les pièces exigées et la procédure détaillée pour l’acquisition de l’autorisation seront précisées dans un communiqué.

​« On va faire en sorte que tout étudiant qui dépose sa demande soit capable, normalement dans les 72 heures qui suivront, de recevoir l’autorisation d’étudier à l’extérieur. Il n’y aura pas de lourdeur administrative puisque tout sera fait en ligne », a précisé la Pr Marie Laure Sougoti/Guissou, directrice générale du Conseil à l’orientation universitaire et des bourses.

Un communiqué pour définir les conditions

​Les critères permettant d’avoir l’autorisation d’étudier à l’extérieur seront dévoilés dans un communiqué ultérieur. En somme, le Dr Roger Lanou, directeur général de l’enseignement supérieur, a fait savoir qu’ils seront liés au domaine des études, au pays d’accueil et au financement de ces études.

​« Lorsque vous soumettez la demande et qu’il n’y a pas de retour favorable de l’administration, si, malgré tout, vous continuez vos études, à votre retour, votre diplôme ne sera pas reconnu. Que ce soit le diplôme, le titre ou le grade, ils ne seront pas reconnus au retour de la personne au Burkina Faso », a déclaré le Dr Judicaël Guiguimdé, directeur des affaires juridiques du ministère.

​À écouter le Dr Roger Lanou, la cartographie des compétences concerne ceux qui ont commencé leurs études ou leurs formations avant l’entrée en vigueur du dispositif. « Le dispositif prévoit une période transitoire pour permettre à tous ceux qui ont déjà commencé des études à l’étranger de pouvoir déposer leur demande afin de régulariser leur autorisation. Le dispositif prévoit un délai de trois mois pour que tous les boursiers qui ont commencé leur formation puissent se mettre à jour », a-t-il ajouté.

« Cette mesure ne vise pas la France »

Le ministère a saisi l’occasion de ce rendez-vous avec la presse pour préciser que cette mesure d’autorisation préalable n’est en rien liée à la rupture des relations diplomatiques avec la France. Selon le directeur des affaires juridiques du département, bien que le timing de ces deux événements coïncide, ils sont totalement indépendants.

« L’autorisation de poursuivre des études à l’étranger n’est pas liée à la rupture des relations diplomatiques avec la France. C’est très facile de relier les deux car il y a une coïncidence dans les agendas. Mais cette mesure ne vise pas la France, parce qu’en réalité, les étudiants du Burkina Faso sont plus nombreux ailleurs qu’en France. C’est une vue de l’esprit que de penser que les étudiants du Burkina Faso ne partent qu’en France », a soutenu Dr Judicaël Guiguimdé.

Pour rappel, en Conseil des ministres le 25 juin 2026, le Gouvernement du Burkina Faso a adopté un décret portant régime des bourses d’études de l’enseignement supérieur et de la recherche. Selon ce texte, les étudiants burkinabè désirant se rendre à l’étranger pour des études doivent obtenir une autorisation préalable du ministère chargé de l’Enseignement supérieur. L’objectif, selon les autorités burkinabè, est de permettre à l’État d’assurer un suivi des contenus de formations conformément à la vision actuelle du Gouvernement, d’éviter les cas sociaux après les études à l’étranger et de préparer l’insertion professionnelle de ces étudiants.

Saydou Ismaël GANAME

Faso7

L’article Burkina Faso : L’autorisation préalable pour étudier à l’étranger « ne vise pas la France », clarifie le ministère est apparu en premier sur Faso7.

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

Pub 📢

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *